une zik une humeur

Mercredi 16 février 2011 3 16 /02 /Fév /2011 07:49

 

 

Les visions ont disparu pour laisser place à un lac blanc impeccable. Gauche, droite, gauche, droite, un homme vidé de sa substance marche à un rythme si faible qu'il est à la limite du surplace.
Ses rêves se sont transformés en poudre soluble dans l'air plein, immaculé.
Au fond, s'il en était capable il se réjouirait. Il jubilerait. Parce qu'à une époque lointaine parmi ceux-ci il y avait celui d'un jour ne plus rien ressentir.

Solitude : nom féminin, du latin solitudinem. Etat d'une personne qui est seule, retirée du monde, mais aussi concept devenu obsolète au moment précis où il a traversé la paroi entre les réalités. Il n'a même pas eu le temps de se rendre compte que de ce côté elle était l'état par défaut. De ce côté la solitude ne se cache pas. Omnipotente, omniprésente, sans comparaison possible avec un quelconque autre état donc sans concept défendable. Donc obsolète par définition.

Au fond, s'il en était capable il se réjouirait. Il jubilerait. Parce qu'à une époque pas si lointaine il se croyait incapable d'avoir une quelconque volonté d'en finir avec sa volonté.

Ce fou y est parvenu. Il a tout effacé. Les douleurs nombreuses, pénibles ou atroces, puis les quelques miettes de bien-être ramassées au hasard parfois, qui n'avaient fait que lui apporter une frustration abominable.
Libéré, les épaules voûtées mais légères il marche maintenant sans fatigue vers un point invisible, inexistant. Imaginaire n'est plus un épithète valable car l'imagination a implosé, comme le reste.

Des souvenirs il lui en reste quelques uns, les plus basiques. Son nom, son âge. Son âge qui lui, n'avancera plus. S'il pouvait il jubilerait.

Il a probablement dû avoir des parents, des frères et soeurs. Peut-être même des amis. Des amours, voire. De celles-là il ne se souvient plus, et s'il pouvait il en éprouverait un grand soulagement. Toute une ribambelle bien régressive de choses inutiles mais sensées. Toutes ces valeurs amères qui donnent le la à la pulsion inaliénable d'amnésie volontaire. De lobotomie ciblée.

S'il pouvait il jubilerait, mais l'infini n'a rien d'une idée jubilatoire. L'infini on y pénètre ou on s'y crame. En y pénétrant il a fait son choix. Même s'il n'est plus en mesure de l'assumer maintenant. Il est devenu immortel et sans douleur, sans pleurs ni frustration. Le reste n'a plus aucune espèce d'importance. Il marche, extrêmement lentement. Gauche, droite, gauche, droite. Derrière lui, le silence et le néant absolu grondent d'un grondement que les humains sont incapables d'apprécier.
S'il avait choisi de se brûler à l'entrée, il aurait perçu quelques sons familiers qui par définition l'aurait retenu. Mais ses dernières forces mentales il les a épuisées pour ne pas s'y laisser prendre.

Car la vie n'est qu'un orchestre de sirènes malfaisantes. Il a lutté comme peu savent lutter. En récompense de sa victoire le vide s'est ouvert à lui. L'infini salvateur où il s'avance infiniment lentement, avec la gauche, puis la droite, puis la gauche, puis la droite.
Cet infini salvateur et libre, où il ne sait plus admettre qu'au fond il serait heureux, si on lui en avait laissé la possibilité.

 

 

 

 

(musique: extrait de la BO de Final Fantasy VII, composé par Uematsu. Mis en ligne sur youtube par Tsai57)

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Vendredi 11 février 2011 5 11 /02 /Fév /2011 01:03

 

 

 

 

Le fantasme au sens premier du terme. S'inscrire en faux, écrire par défaut puis s'évanouir en paix. Les combats à venir ne sont plus de votre ressort. Les déluges à l'horizon, les pertes totales de contrôle que subiront vos proches non plus.

Il fut un temps où vous vous étiez promis de cesser l'ensemble. Il fut un temps pas si lointain où vous aviez fait serment de ne plus vous laisser aller au lyrisme surrané. Malgré cela, à l'heure de disparaître vous vous retournez mécaniquement sur ce que votre destin a été.

Il ne faudra pas voir ici un semblant de retour de flamme dans l'instinct de survie prégnant chez tous les êtres vivants, ni un fatalisme flamboyant et ridicule face à l'absurdité chaque siècle grandissante de notre monde vide de trop-pleins.

N'être rien, de la naissance jusqu'au dernier souffle puis, en paix, s'évaporer pour tout comprendre.

Naître pour n'être rien ni personne, depuis le premier cri jusqu'à l'expiration, puis disparaître pour tout savoir, enfin.

 

 

 

 

(musique : extrait de la BO de Final Fantasy X (2001) composé par Hamauzu Masashi, mis en ligne sur youtube par GeNeRaLAdilo.)

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Vendredi 4 février 2011 5 04 /02 /Fév /2011 05:51
La lancinance dans les veines elle se tenait statique à l'excès. Puis elle se mettait en mouvement lent et calculé. Elle l'enlaçait d'une traite et reproduisait les défenses, les parades du plus simple appareil. Lui ne savait que faire et se laissait malmener. Elle, comprenait les faiblesses et en jouait sans surplus.
Ils attendaient le royaume mais c'est l'acte charnel qui est venu.
Sans âge particulier ils se perdaient régulièrement dans les affres de la concussion des sentiments et du sexe que suivait celle-ci. Et ils revenaient sans cesse, sans restriction élémentaire. Lui, sans pouvoir savoir qu'il ne retrouverait jamais de semblable elle, la catharsis ancrée dans ses actions, comprenant sans appréhension que les lendemains puissent ne jamais devenir meilleurs.
Les amants de bien des soirs se laissent porter par les méandres du courant dérisoire des pensées convenues qui les lient l'un à l'autre.
Instables dans la suspension inlassable, et inlassablement à la recherche d'une quelconque âme soeur.
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Jeudi 27 janvier 2011 4 27 /01 /Jan /2011 02:56

 

 

 

 

 

Tu en as mis, du temps, pour ramener tes guêtres. Tu en as mis, des siècles, pour brûler de l'intérieur, pour te résigner à te taire, pour faire fi de l'expression par les mots. Et aussi loin que ton regard puisse porter quand tu te retournes, tu ne cesses de te demander si tout cela en valait ne serait-ce que la moitié de la peine.

Des idées mises en paroles tellement banales - "Je ne t'oublierai jamais" - fausses en diable, au moins de par leur discontinuité.

Parce qu'on oublie tout et qu'on ne s'habitue à rien. Seuls persistent ces éclairs pénibles de nostalgie trainarde.

A l'instar de bien d'autres espèces le phénix n'a pas su s'adapter. C'est au beau milieu de la route qu'on l'a retrouvé, les entrailles saillantes.

Pourtant - et là se trouvera peut-être une forme de salut - dans la chaleur de certaines demeures plantées au milieu des saisons mornes, il avait gardé suffisament d'énergie pour insufler à tout un chacun la nécessaire envie de lutte contre les cordes de chanvre.

Au-delà des soubresauts, de la bassesse généralisée c'est à cette dernière qu'il faudra s'agripper sans céder, sans songer à l'ensemble des choses qui sont désormais du passé, avec pour unique et stupide but de survivre toujours plus loin.

 

 

 

 

(vidéo: extrait de la BO de FFVI, dans une version symphonique. Composé par Uematsu Nobuo, arrangé et mis en ligne sur youtube par sschafi1)

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Lundi 27 décembre 2010 1 27 /12 /Déc /2010 00:55
La preuve par le son, dans la répétition extrême de certaines choses qui peuvent nous dépasser au moment de les entendre. Les différents penchants que nous savons produire de temps à temps savent quant à eux s'effacer parfois, quitte à nous laisser perplexe.
Le clavecin claque et finalement c'est tout ce qui compte. Il se boucle sur lui-même et fatalement c'est tout ce qui compte. Les influences personnelles et les considérations innées - ou presque - liées à ce que nous connaissons le mieux passent bien après. Et ce, malgré le fait qu'il faut souvent se résigner à faire partager ce que nous évoque cet ensemble de notes.
Donc, vous avez là un vrai combat, en deux temps, tout à fait épique, quasi cinématographique. Vous avez là l'expression d'une fatigue spontanée qui se réveille et hurle.
Vous avez là tout le XXème siècle  qui d'un bloc maudit et florissant s'effondre sur votre dos.

(Górecki (1933-2010) : concerto pour clavecin et orchestre à cordes (1980), interprété par Elisabeth Chojnacka et l'orchestre symphonique national de la radio polonaise, direction Antoni Wit. Enregistré en 1999 et mis en ligne sur youtube par Shartan X)

edit 25/7/11 : j'ai dû zapper la vidéo parce que des connards d'ayant-droits ont apparemment repris leurs droits. J'ai mis à la place ce que j'ai trouvé sur deezer. L'orchestre est bien moins bon - moins "violent" dirais-je - même si la claveciniste est la même. Tant pis.
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