une zik une humeur

Dimanche 28 novembre 2010 7 28 /11 /Nov /2010 23:55

Il me faisait un peu peur quand j'étais petit parce que je l'entendais bien avant de le voir. Le principe aurait pu paraître simpliste, il devenait surtout imparable. Je m'approchais et le dragon se laissait entendre depuis la salle d'à côté. Vu et revu aujourd'hui le principe peut paraître surfait, il reste surtout imparable. Des décennies après, il y a un drôle de bruit sourd, non identifiable et pourtant tellement identifiable, un bruit du genre on vous tapera dessus la nostalgie la nostalgie mais la nostalgie ou l'enfance n'ont finalement pas grand chose à voir avec le fait que ce qui vous semblait grand devra rester grand pour que vous restiez debout sur vos deux jambes.

Dans la pièce d'à côté vous pouviez entendre le dragon, et des fois, parfois, aujourd'hui, entre deux oublis vous aimeriez pouvoir faire en sorte que la vie vous le laisse entendre à nouveau, métaphoriquement ou littéralement. Vous mettez un chiffre sur le temps que vous avez perdu à vous demander où vous pourriez le retrouver, au lieu de partir à sa recherche sans vous retourner.

Mais il est vrai que la bête ne se montre plus si facilement. Il faut fouiller les mondes sans relâche, depuis le jour où vous quittez ce que vous connaissiez le mieux jusqu'à celui où un type que vous ne connaissez pas et que vous ne pourrez jamais connaître viendra confirmer qu'on peut maintenant fermer votre cercueil.

Ne vous méprenez pas, ce dragon que vous avez rayé un jour de votre esprit et de vos souvenirs, il n'a en vérité jamais cessé de faire du bruit. Il a juste su se planquer dans le meilleur endroit possible parce qu'il sentait que d'autres priorités bien plus prioritaires s'étaient pointées depuis l'horizon et allaient le bouffer tout cru. Et cet endroit inaccessible l'est parce qu'il est bloqué non pas dans l'espace ou dans la géographie mais dans des temps pas si anciens qui ne laisseront de vous interroger sur ce que vous êtes devenu, vous et vos rêves de grandeur.

Ce foutu reptile chimérique de la salle à côté n'a pas idée de ce que vous avez enduré entre le moment de l'abandonner et celui où vous le rattrapez presque par hasard, de temps en temps sur le coin de la toile. Il est un peu ingrat, fugace et ridicule, vous le trouverez sûrement très enroué mais quoi que vous fassiez si vous le cherchez bien vous finirez par le trouver.  Et vous admettrez que vous en avez besoin. A la longue il ne vous fera probablement plus très peur, mais saura initier en vous ces résonances uniques à chaque être, inexpliquables, peut-être fugaces peut-être ridicules, mais réelles, absolues, inéluctables.

Parmi toutes ces choses qui vous oppressent vous vous rendrez compte que  finalement ce putain de dragon a toujours été votre allié, qu'il ne vous a jamais fait de mal et qu'à chaque carrefour de votre vie vous vous poserez la question de savoir si oui ou non vous voulez vraiment vous créer quelque chose de semblable ou d'apparenté à ce bruit étrange, apprécié par vous, identifiable par vous, utile voire nécessaire à ces promesses par trop volatiles que vous vous faites à vous-même de rester fidèle à ce que vous étiez alors et qu'il vous faudra tenir si vous ne voulez pas que le type que vous ne connaissez pas et que vous ne connaîtrez jamais fasse fermer votre cercueil trop tôt .

 

 

 


Par injektileur - Publié dans : une zik une humeur
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Vendredi 26 novembre 2010 5 26 /11 /Nov /2010 20:58

 

 

 

 

Beaucoup de médiocrité dans le rythme dans le développement dans l'idée même. Des impasses scéniques, dans le textuel comme dans le conceptuel. A l'image de ce qui nous arrive sur la gueule. De la médiocrité en barres larges qui nous ressemblent, indécentes. La médiocrité, l'infériorité artistique par tous les pores, l'incapacité d'effectivement ne rien dire lorsque nous n'avons effectivement rien à dire. La médiocrité en opposition à la masse, les justifications vaines, l'abus de périphrases face au fait que nous n'avons effectivement, assurément plus rien à dire.

Pour ce que ça vaut, pour ce que ça vaut, mais ça ne vaut rien, rien du tout mon cher ami. Ca ne vaut rien et ça rapporte gros. Ajoutes-y en parallèle les bons sentiments à la japonaise que tu t'infliges. Et marre-toi.

Marre-toi parce que oui oui oui, triple fois quadruple fois oui, c'est tellement mieux que de se laisser aller à ses larmes pathétiques de rage rentrée.

Et encore et encore, larmes est un bien grand mot. Ne plus arriver à dormir quand tu es trop fatigué, ne plus arriver à pleurer quand tu es trop désespéré.

Faire bien semblant de faire ce qu'il faut.

Pour ce que ça vaut, pour ce que ça vaut mais non, mon gros, non, ça ne vaut rien, ça ne vaut rien du tout, tu ne vaux rien du tout non plus, plus rien du tout et de fait, pas mieux que moi. Je te connais je te ressemble nous sommes de la même race et tu ne vaux plus rien, pas mieux que moi, non, vraiment pas mieux que moi qui pourtant de mon côté n'inflige rien à personne.

Parce que oui, pour tout ce que ça vaut l'énergie qu'il te manque est celle que je dépense à m'efforcer de ne nuire à personne.

Et que la médiocrité n'est intolérable qu'à partir du moment où elle s'étale.

Par injektileur - Publié dans : une zik une humeur
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Lundi 22 novembre 2010 1 22 /11 /Nov /2010 17:07

 

 

 

 

À quoi tient un homme ? Sur quoi s'appuie-t-il pour perpétuer ces choses qui le dépassent ? Et quand bien même il donnerait l'impression de se fondre en ce qu'on lui fait subir, comment ferait-il pour défocaliser tout ou partie des ressentiments qu'il n'a jamais cessé de plagier ? A partir de quand faut-il se demander si c'est lui qui parle à travers vous, ou l'inverse ? Et qui somme-nous pour croire ces sempiternelles salades intérieures qui nous abrutissent d'unicité des êtres et des émotions ?

Ce qui claque ce sont des portes invisibles des oeillères malhabiles.

Ce qui grésille ce sont les milliards de bruits parasites qui se nourrissent de nos atermoiements.

Et tout ce que nous faisons c'est repousser l'échéance. Simplement repousser le moment où il faudra admettre que chacuns de nos gestes, chacunes de nos pensées, de nos douleurs, de nos joies de nos morts ont déjà traversé la vie de quelqu'un d'autre de plus entier et bénéfique. Ou sordide. Rien n'est plus triste et pourtant. Une de vos vieilles connaissances vous répètera que si tout a déjà été dit, fait, écrit, inventé, programmé, planifié, relativisé comment se peut-il que tous les problèmes qui font que l'humain est humain n'aient pas été résolus ? Certes, certes, certes et vous ne ferez que repousser l'échéance. Vous aurez tort et vous ne ferez que repousser l'échéance.

Il ne s'agit même plus de vie ou de mort. Encore moins d'amour ou de haine. Juste de maigres éclats de voix ou de fantasmes face aux choeurs des temps anciens, et aux sirènes de cette fin qui approche.

Par injektileur - Publié dans : une zik une humeur
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Jeudi 18 novembre 2010 4 18 /11 /Nov /2010 02:08

 

 

 

 

 

Les insipides les vertueux les licencieux ne se retourneront plus. Les damnés de la Terre ne sauront plus à quel exactions se vouer. Et la vengeance perdra sa valeur. Les jours passeront et ne restera que le sang bouillant, cuit et recuit. L'humiliation, la peine, les pertes de sang-froid, l'inutile peine humiliante insupportable d'avoir baissé sa garde. L'inutile humiliante insupportable honte d'avoir baissé sa garde prendra de l'ampleur. Mais il faudra marcher. Puis dormir. Puis marcher puis dormir sans discontinuer, les envies de meurtre en guise d'oreiller sale. Ruminations abstraites. Haine rentrée.

Pitié galvaudée.

Haine exprimée. Tout en rancoeur.

Frustration à la barre des accusés.

Se venger quoi qu'il en coûte.

Mais la vie n'est qu'une charognarde hors-de-prix, alors que mes mots n'ont jamais aussi peu eu de valeur.

Par injektileur - Publié dans : une zik une humeur
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Jeudi 23 septembre 2010 4 23 /09 /Sep /2010 01:22
Il aurait fallu apprendre à se taire. Au moins quelques jours de suite. Et pourtant. Puisque tout ce que nous disons et entreprenons n'a pas de sens sinon emplir remplir enfler sans fin programmée. Puisque nous finissons tous par nous pardonner mutuellement, et que celles et ceux qui ne pardonnent pas passent avant et devant chaque chose. Et le lyrisme surrané sera pardonné en premier parce qu'il ne nuit à aucun d'entre nous.
Le but n'est pas de finir seul dans son coin à se demander quand et comment on en sortira. Le but n'est pas de se bloquer comme un animal pris dans les phares d'une voiture parce qu'on a peur d'un peu sortir de soi-même.
Le but n'est pas de hurler sur l'injustice péroxydée des rapports humains ou des années qui se réduisent.
Le but n'est pas non plus de se répandre, s'étendre sur le superflu alors que l'expression elle-même se tarit.
Le but est encore moins de tenter tant bien que mal de se persuader que jusqu'à la mort rester corps et âme fidèle à ce que nous sommes n'apportera pas tant de mal que de bien à notre existence.
Après avoir été certains qu'accabler les brasseurs d'air apporterait un peu de grandeur à notre cynisme communautaire, il faut lentement se résoudre à se rendre magnanime face au lyrisme, aux bons sentiments du peu, à l'amour d'étal qu'on nous a tous promis penché sur notre landau ou accoudé à un bar poisseux.
Et il ne sera pas de bon aloi alors de se prendre la tête dans les mains. Et de se perdre à nouveau. De se sentir dériver dans le lyrisme fatigant puis vital, sanguin. Puis bileux et amer, la tête dans les mains. Puis triste et amoureux, la tête dans les mains. Ou désespéré, fragilisé, la tête dans les mains.
C'est pourquoi  pour survivre la décision enfin devra se prendre. Lyrique. De lâcher prise. De respirer. Et de se pardonner. Banale.
(musique: extrait du premier album de Serj Tankian, chanteur du groupe System of a Down. Pour rester dans le doute - cf le texte précédent - j'ai mis du temps à régler la phrase du milieu, que j'aime assez, mais je suis pas sûr que vous serez de cet avis. Tant pis.)
Par injektileur - Publié dans : une zik une humeur
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