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poyézie ou presque

Mardi 22 juin 2010 2 22 /06 /Juin /2010 04:15

Alors alors alors, alors comme ça tu t'es dit que tu y échapperais ? Tu t'es dit que tu pourrais t'enfuir sans revenir une seconde sur tes lendemains ? Mais sois sérieux un peu, regarde autour de toi, ça rétrécit tellement que ta myopie tellement grave n'arrive même plus à te déranger. Tu te drogues de mondes identiques en diable et tu le sais, et tu ne fais rien pour changer quoi que ce soit, et autour de toi le monde s'agite en vain bien vain, et ça hurle dans les coins et tu n'écris plus rien plus une ligne plus un mot mais de ces minutes ces heures tu ne perds rien, tu t'étouffes ça alors, oui ça alors tu croyais cela impossible de se noyer soi-même et pourtant, alors, alors quoi ? Il n'y a plus rien à faire rien à sauver, en ce qui te concerne du moins, pour le moins tu dérives et tu t'y plais, non, j'en fais pas un foin mais avoue, avoue alors que si les pertes de temps qui s'accumulent grand angle, et les sereins ne me contredisent plus ils sont ... loin bah oui, loin, et il t'attendent avec l'espoir que ta fuite sache faire reluire leur ego de pragmatiques sans hygiène sans soins alors, alors dis-moi un peu ce que tu comptes faire maintenant que ta vue se brouille et que les mondes s'agglutinent tu les différencie même plus tu t'allonges sous la douleur sourde d'un muscle inconnu mais pas muet, grave chafouin, peu discret pas vraiment enclin à l'autoévaluation des limites, dis-moi un peu, les sereins t'attendent et ils n'ont rien d'oiseaux de mauvais augure, à peine réels tellement bornés à te faire avaler que c'est toi qui l'a, le grain, c'est toi qui le cultive, le grain, et non l'augure est pas bon mais l'augure est vrai et toi tu te vautres dans tes paradis universels bien malsains jamais loin où tu perds jamais pied où tu te réclames des pierres séculaires intransigeantes qui ne bougeront pas, non, ne bougeront pas d'un pouce ne cèderont pas la moindre parcelle de terrain sans fin la fin que seul toi connais puisque c'est la tienne que tu vois au... ah non, tout près.

L'herbe sous le pied coupée fraîche ou viciée qu'importe tu ne sens plus rien les sereins  hilares t'expliquent que les mondes dans lesquels tu voyages à perte et leurs fins absentes respectives respectueuses de ton indécision cathartique ne sont que des mirages concrets de ton mutisme coupable.

Alors alors alors, alors comme ça tu m'as pris pour un moins-que-rien ? Tu as raillé mes épithètes blasés ? Mes rimes délavées ? Et tu t'es dit que tu m'échapperais ?

Laisse-moi rire un brin.

Par injektileur - Publié dans : poyézie ou presque
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Mardi 8 juin 2010 2 08 /06 /Juin /2010 01:40

Ils se tiennent par la main donc ils s'aiment et ma foi c'est tant mieux. Ils ne sont ni très beaux, ni très élégants, ni efféminés mais ils se tiennent par la main donc ils s'aiment et ma foi c'est tant mieux. Tant mieux surtout le fait qu'ils se tiennent par la main. L'amour n'existe pas et c'est tant mieux, mais tant mieux surtout le fait qu'ils se tiennent par la main. Je suis de ceux qui se battraient pour ce droit tout simple qui ne me concerne à la base que si peu. Tant mieux pour moi j'en doute, mais tant mieux surtout le simple fait qu'il se tiennent par la main. Et encore il est tard. Et encore nous sommes loin du Marais. Et encore je prie pour qu'ils ne soient pas pris pour cibles avant demain. Et encore je vois qu'ils ont de la bouteille, de l'expérience, voire. Du terrain.

Et tant mieux pour eux. Et encore mieux surtout le simple fait qu'ils se tiennent par la main.

Par injektileur - Publié dans : poyézie ou presque
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Mardi 1 juin 2010 2 01 /06 /Juin /2010 06:12

Grave, terne, triste, inquiétant peut-être mais licencieux ou lubrique certainement pas, non, il était probablement triste inquiétant voire terne et grave, mais licencieux ou lubrique, jamais. Juste rentré frustré de quelque chose d'inexplicable.
Elle, pareille, ni plus ni moins. Mais bel et bien frustrée de quelque chose de passable.
Alors le vieux couple parfois se perd à vue dans les troubles visions de petite apocalypse sentimentale. Dix, vingt, trente ou quarante ans passent, identiques à tendre vers l’apoplexie. Mais si quelque chose s’est passé ce fut seulement pendant leur tiers de vie qu’ils passent à dormir. La fin du monde à hauteur de minimum retraite et de sécheresse vaginales. Pas de viol conjugal non plus, non, non, mais le sexe au troisième âge quart les déprime assurément. Les déprime autrement. Alors parfois ils se souviennent un peu du temps où.
Les fleurs toutes les semaines, avec un jour de la semaine toujours différent pour des fleurs toujours différentes. Les menus préparés avec soin. Amour, presque, et des nuits très réveillées. Mais combien cela aura-t-il duré ils ne savent plus. Il est terne et grave et triste et inquiétant tout autant qu’elle est inquiétante, grave, triste et terne mais le problème est-il bien là ils ne savent plus. Et ils ne comprennent rien. Et ils ne savent encore pas pourquoi il faudrait qu’ils comprennent quelque chose à quoi que ce soit.
Ces gens-là ne sont pas des gens arriérés. Ils pourraient avoir, si, ils pourraient, vingt trente quarante soixante ou quatre-vingts ans derrière eux. Ils pourraient être vos grands-parents ou les miens. Mes enfants ou les vôtres cela n’est en rien une fatalité, même si nous y courons tous, ou nous en venons et vivons tous, en belle et pour de bon, en bel ou en bien, Brel n’est pas loin.
Licencieux ou lubrique jamais. Qui a osé proférer de telles âneries ? Cela serait-il apparu de son côté à elle ? Laissez-moi rire. Je n’ai rien à me reprocher de plus que la société dans laquelle je vis.
Frustrée, moi ? Mais pour qui se prennent-ils ? Je n’ai rien à espérer de plus que des regrets amoindris par ma soi-disante superficialité.
Des pendules qui ne se remontent plus, par manque de besoin.
Le digital qui prend le pas sur l’analogique, le budget sur l'humain.
Au milieu des milliards de couples les cliquetis absents et notre vieillesse inhérente à réinventer.

Par injektileur - Publié dans : poyézie ou presque
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Mardi 27 avril 2010 2 27 /04 /Avr /2010 06:06

Myope comme dix taupes je suis, myope comme dix taupes je resterai

et pourtant mes amis, une fois lentilles et lunettes ôtées

une fois que l'obscurité se fait dans ma chambre

ou dans n'importe quelle autre ailleurs, le hasard fait l'antre

ce sont des galaxies qui naissent sur mes rétines, mes joyeuses rétines

excitées par les veilleuses variées gravitant sans sourdine

vous mes amis, vous les bons voyants, vous ne saurez jamais

malgré la technique, les logiciels, les ersatz en progrès

saisir ce que c'est que voir vivre de simples loupiottes devant vos yeux

d'y déceler des étoiles, des galaxies en mouvement, des voies lactées ou mieux,

le big bang, l'avant et l'après, le pendant et le parrallèle simultané

vous mes amis bons voyants n'avez pas idée de ce que vous ratez,

alors je ne dors plus la nuit, non, cela se sait depuis longtemps

mais je ne dors plus la nuit parce qu'à travers mes pupilles je me crée du vivant.

Par injektileur - Publié dans : poyézie ou presque
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Mercredi 14 avril 2010 3 14 /04 /Avr /2010 18:39

Avant tout, éviter de se demander quand les regrets viendront, parce qu'ils viendront, soyez en assurés mais la pseudo-liberté spirituelle a son prix, comme toute chose, et vous le comprenez déjà fort bien, vous avez fait le pari ridicule de l'honnêteté intellectuelle jusqu'au bout, vous avez des buts rassis complètement antithétiques que vous assumez mal, que vous digérez mal et qu'il vous faudra recracher rapidement parce que le reptilien vous prévient du danger, lui à qui vous avez toujours fait confiance, qui ne vous a jamais trahi, lâché ou même menti, lui qui est intègre et sincère dans ses erreurs instinctives comme dans les vérités absolues, vous lui avez toujours fait confiance et c'est l'une des rares choses dont vous vous félicitez, dont vous vous féliciterez jusqu'au bout de la fin de ces souffles que vous comptez un à un pour éviter de penser et ainsi ne surtout pas vous retourner parce que cela ne sert jamais, jamais à rien c'est un fait indiscutable personne ne viendra le contredire il faut suivre le reptilien quand il bouge et l'écouter à chaque fois qu'il vous parle dans sa langue incontestable qui vous fait bien mal à vous guider vers ces endroits d'où il se peut parfois que vous ne reveniez pas.

Par injektileur - Publié dans : poyézie ou presque
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