Vendredi 5 août 2011 5 05 /08 /Août /2011 02:04

Si je me lave c'est pour sortir. Si je sors c'est pour marcher. Si je marche c'est pour m'asseoir.

Après des années de lutte ce sont des règles simples qui se sont imposées à moi.

 

Si je me lave c'est pour sortir. Si je sors c'est pour marcher. Si je marche c'est pour m'asseoir.

Avant, et quand je dis avant je veux dire il y a longtemps, les règles étaient moins bien définies. Je ne me rendais pas compte. Je me lavais sans but, sortais sans but, marchais sans but pour parfois, souvent, m'asseoir sans vision. Mais aujourd'hui presque récemment, tout s'est éclairci d'un seul tenant. Les plombes ont passé.

 

Si je me lave c'est pour sortir. Si je sors c'est pour marcher. Si je marche c'est pour m'asseoir.

 

A vous tous cela vous paraîtra forcément risible ou dérisoire. A vous tous qui perplexes penchez la tête avec retenue j'aurai l'air d'un énième perdu à la mauvaise cause. Mais les vérités les plus basiques sont celles qui nous meuvent.

 

Si je me lave c'est pour sortir. Si je sors c'est pour marcher. Si je marche c'est pour m'asseoir.

 

Les constats les plus clairs sont ceux qui nous forgent. Il n'y a pas à brasser autour de soi, le vent est bel et bien là quoi qu'on en dise. Je ne cracherai ni dans la soupe ni sur l'ordure je ne partirai jamais sans me retourner. Je censurerai ce qu'il y a à censurer, avec empressement ou inadéquation, sans démesure ou autre auto-flagellation.

Il n'y a absolument aucune raison de brasser autour de soi, le vent est bel et bien là quoi qu'on puisse en dire.

 

Si je me lave c'est pour sortir. Si je sors c'est pour marcher. Si je marche c'est pour m'asseoir, puis me relever, partir très loin et rentrer chez moi.

Par injektileur - Publié dans : poyézie ou presque
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Jeudi 4 août 2011 4 04 /08 /Août /2011 03:22

Aucune envie une fois de plus de citer les références et des explications qui n'intéressent que moi.

Je partage et après on verra.

 

 

 

 

 

 

 

 

Quoi qu'il en soit, merci à celles et ceux qui prennent le temps de mettre ce genre de choses en ligne sur youtube. Soit ce sont des souvenirs poignants, soit ce sont des demi-découvertes. Parfois des découvertes complètes. Dans tous les cas ça n'a pas de prix.

Par injektileur - Publié dans : remplissage
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Mercredi 3 août 2011 3 03 /08 /Août /2011 02:04

JL: "Dis-moi, ma belle"

A:  "Oui ?"

JL: "Ca craint pas un peu, là, seules toutes les deux ? En plus j'ai vraiment un sale tête, j'ai pas envie de te filer le relais et partir comme ça, c'est la honte !"

A: "Que veux-tu, c'est pas de ma faute si t'as assuré comme une truie pendant ta période"

JL: "Mais j'y pouvais rien, je suis pas complètement responsable non plus!"

A: "Probablement pas, non... Bon, elles sont où les autres ?"

JL: "Je sais pas. Elles se sont probablement barrées le plus loin possible. Je crois qu'elles t'aiment pas..."

A: "Les garces..."

JL: (l'imitant) "Que veux-tu, c'est pas de ma faute si tout le monde n'est pas obligé de t'aimer et d'apprécier ta perfection formelle, comme euh... fonduelle..."

A: (riant) "Arrête ça, laisse le vocabulaire à Avril ou Mai... Et je me fiche bien de savoir ce que les autres pensent de moi. Je connais ma valeur et si tout le monde m'aime bien, c'est tant mieux. Et je crois que si tout le monde m'aime bien c'est qu'il y a peut-être une raison..."

JL: "Comme tu te la joues, maintenant... M'enfin, c'est pas très surprenant de ta part... Sinon, c'est quoi tes plans, pour ta période, donc ?"

A: (perplexe) "Aucune idée... Tu sais, j'ai mis 2011 ans à l'admettre, mais je crois que je m'ennuie. Ma perfection m'ennuie. Parce que la perfection est ennuyeuse. C'est la vérité. Je suis pas comme toutes ces filles unilatérales. Je m'adapte vite aux situations, je corrige les tirs. Je sais me reposer comme travailler à la chaîne en plein désert. Et par désert, je veux dire désert, concret ou abstrait... (elle s'arrête pour réfléchir) Oui, je crois bien que je m'ennuie de mon omniscience et de mon omnipotence..."

JL: "Ma pauvre chatte... C'est vrai que c'est un drame quotidien que tu vis chaque année... Mais plus sérieusement, concrètement, comme tu dis : qu'est-ce que t'as prévu ? Point de vue politique, économique, social, culturel, et tout le tremblement ?"

A: "Pffff, tu m'emmerdes avec tes questions ? Pourquoi c'est toujours sur moi que ça tombe ? C'était pas mon rôle, à la base, d'accord ? Y'avait Avril et Mai, pour toutes ces histoires !"

JL: "Tu sais qu'elles ont pas inventé la poudre... et je reste polie..."

A: "Et alors, toi, t'as fait quoi ?"

JL: "Bah moi, justement, cette année encore j'ai géré les deux cruches et ça m'a mise de très mauvaise humeur... Juin, cette année, elle a vraiment rien glandé, je sais pas ce qui s'est passé..."

A: "C'est vrai qu'elle a un peu changé, ces derniers temps. Je trouve ça dommage. Je l'aimais bien, et je pense qu'elle ferait une bien meilleure voisine que toi..."

JL: (plutôt vexée) "Merci, t'es gentille..."

A: "..."

JL: "Bon, c'est pas ça qui fait avancer le débat. Je t'ai filé les clés cette semaine, alors c'est toi qui est responsable. Ta vie et tes atermoiements de princesse, il faut que tu saches que je m'en fous pas mal. C'est juste qu'on est une équipe, et qu'il faut que les affaires tournent. Alors maintenant, même succinct (regard interrogateur pour vérifier que le mot existe bien) je veux que tu me fasses un petit résumé de tes plans."

A: "Maintenant ?"

JL: (autoritaire) "Maintenant."

A: (agacée et gênée à la fois) "Je t'ai dit que j'en ai aucun..."

JL: "... et donc ?"

A: "Je crois que comme d'habitude, je vais tout laisser tel quel et refiler les dossiers à Septembre quand elle se pointera. Tu sais qu'elle adore ça." (elle sourit)

JL: (gros soupir) "..." 

 

 

 

 

 



Par injektileur - Publié dans : calendes drillées
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Lundi 25 juillet 2011 1 25 /07 /Juil /2011 00:00

 

 

 

Dans l'autre coin il y a ceux qui assument aimer la tristesse cynique. A leur gauche un arynorvégien d'extrême droite qui massacre des gamins innocents sinon un peu militants. A leur gauche une gamine laide comme une boule de poils dans le siphon du lavabo et dont la voix de pierre ponce usée restera très probablement dans les mémoires.

Elle finit sa vie sans la moindre surprise générale mais avec les quelques pleureuses adéquates.

L'été est là et le monde s'ennuie. Il faut du sang et des larmes pas forcément promises à la base.

Les médias tournent en boucle parce qu'ils connaissent le topo. Juillet, à part le sport c'est toujours difficile de trouver quelque chose à dire. La crise nouvelle permet de nouveaux sujets de discussions impromptus. L'ivresse naît vite, ponctuelle. La météo et les embouteillages et le taux de remplissage des hôtels sont fidèles à l'appel.

Mais l'été et les humains ont plus besoin de sang et de larmes que d'une victoire australienne sur le Tour de France.

Les cyniques prennent la corde. Ils mettent la gamine morte dans un sac plastique et un club ridicule qui n'existe que pour faire vendre des livres des films, des émissions retrospectives et des compilations.

Les files de voitures descendent pour mieux remonter 10 jours de congés payés plus tard.

L'arynorvégien a été tout à fait méthodique. Il a fait une peur tout à fait légitime. Personne n'est plus à l'abri puisqu'il est vivant.

Tous les gamins sont dans des sacs plastiques. Les parents, les proches pleurent. Les cyniques admirent.

La plus vieille avant l'heure d'entre eux a un peu chanté, quand elle était en état de le faire. Insuffisant pour l'esthète en sarcasmes, il faut du pathétique, il faut absolument entendre vingt mille personnes huer leur ancienne idole qui l'est probablement redevenue depuis.

Les gamins se réunissent sur une petite île et se font piéger, traquer comme du gibier par un seul chasseur fou. Tout un quartier se voit soufflé à la bombe comme par une tempête. Mais ce n'est pas assez pour le spectateur exigeant, il faut des images chocs, des interviews sous le choc, en boucle. Il faut rassurer la plèbe, il faut se féliciter que ce soit un bon chrétien blanc aux yeux bleus qui ait fait le coup. Il faut faire s'héberluer le monde entier devant une catastrophe d'ampleur nationale. Il ne faut pas se taire complètement face aux personnes qui ont perdu leur enfant, leur ami. Il faut leur demander à tous ce qu'il s'est passé. A chaud, c'est important, c'est vital, tout de suite. La police ne fait pas assez bien son travail. Les journalistes si.

Les journalistes en vacances sont d'ailleurs tristes de ne pas être disponibles pour de telles mines d'or. Ils s'ennuient.

 

En Chine, les trains n'ont pas la cote. Dans un pays où tout va trop vite on ne leur a pas appris à s'arrêter. Et encore toujours des morts et des catastrophes à filmer. Du spectacle faux, tragique et magnifique.

En Afrique cette année la famine se porte très bas sur les hanches. Les chiffres dépassent l'entendement donc on ne les cite plus ou à peine. C'est là que le cynique montre tristement ses limites.

 

Parce que, oui, le cynique sait se montrer un minimum humain lorsqu'il voit des tout petits enfants rachitiques couverts de mouches. Même noirs. Il se tait. Enfin.

On en montre un, voire deux - après les chips prennent vraiment un trop sale goût - mais ces enfants en train de mourir de faim, même noirs, même loin, ils sont évidemment des milliers, des centaines de milliers. Des millions à venir qui sait.

 

Joie.

 

Notre monde est beau, juste, équilibré, sain.

 

 

 


De toute façon nous sommes sauvés. Il reste le Tour de France. Les gens sourient, s'aiment, s'interpellent, se respectent, sont heureux. Ils dégueulassent tout sur leur passage puis rentrent chez eux et attendent les nouvelles de Norvège, de Bruxelles, de Londres. Parfois même d'Afrique de l'Est, après le café.

 

Petit à petit la musique prend alors une autre tournure. De plus en plus grotesque. Dans le sens noble du terme, s'il existe.

 

 

 

 

 

 

Condoléances aux familles des victimes et au peuple norvégien.

 

Compassion contrite pour les Somaliens qui ont malheureusement l'habitude de ce qui est en train de leur arriver.

 

R.I.P Amy - sans rancune, je t'aimais bien, tu sais. Garde-moi une place si possible.

 


 

Et félicitations à Cadel. Félicitations à tous les coureurs.

Par injektileur - Publié dans : regrets
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Samedi 23 juillet 2011 6 23 /07 /Juil /2011 05:55

 

 

 

 

 

Il y a ce que l'on ne saura ni faire ni construire. Encore moins maîtriser.

Arrêter de chercher à expliquer que la fatalité existe bel et bien, en parallèle de la malchance et de l'ignorance naïve.

Par exemple.

Immanquablement vous avez l'ingrat dans le coin, et le pusillanime à côté de lui, ceux-là qui se gaussent sur les essais foirés de l'autre à la vie tellement plus difficile.

Faire simple. Faire concret.

 

Sujet verbe complément thèse antithèse synthèse.

Par exemple.

 

"Hier, Paul, Emeline, Zinedine, Mamadou et Ling sont allés se promener dans les bois.

Sur le chemin Emeline a ramassé une pierre et l'a lancée sur Mamadou.

Le racisme, ce n'est pas bien.

Le racisme n'explique pas tout.

Le racisme vit en chacun de nous.

 

Combattons le racisme."

 

Ou quelque chose d'approchant...

Avec les erreurs utiles par exemple.

 

 

Faire simple et concret sans relâche et sans ambition. Rater sa vie avec panache. Dire je sans que ça intéresse le premier atteint ou la première concernée.

Par exemple. Il y a longtemps que "je" n'ai pas rêvé. Sens banal du terme. Et les rêves que "je" fais malgré tout sont sans commune mesure avec les idées de grandeurs qui "me" nourissaient à une époque.

 

Abandonner ces putains d'infinitifs.

 

"Je" ne pleure plus depuis des années. Et c'est tant mieux.

 

"Je" décrirais bien la pluie sur "ma" ville ou les rayons de soleil à travers les branches mouillées des arbres de "ma" forêt.

"Je" m'étalerais bien sur le temps qui n'en finit pas de "me" durer le long du dos.

"Je" disserterais avec plaisir sur la tuante incapacité au bonheur.


Mais vous le savez, le besoin manque, l'énergie fait défaut. La complainte explose.

 

"Je" ne mérite pas plus tout ça que le voisin d'en face. Pusillanime, ingrat, incompétent ou ignare.

 

Nos erreurs nous construisent, paraît-il. Reste à savoir si cela justifie de payer l'hypothèque toute une vie.

 

"Je" saurais de toute façon transmettre le peu de positif et d'humour qu'il "me" reste.

 

 

Ralentir un rythme déjà bien bien lent, quitte à se demander si on ne commencerait pas par hasard à reculer.

Détourner les yeux de l'horizon.

 

Abandonner ces putains d'infinitifs.

 

 

"Je" colmaterais mes regrets avec quelques détritus de beaux projets.

"Je" retraverserais les doutes de part en part pour qui sait finir ce que "j'ai" commencé.

Mais tout porte à croire que le trop tard a métastasé.

 

 

 

Descendre les échelons quatre à quatre. S'asseoir vieux avant l'âge en tailleur, mollement raide comme une pique, avec peine et fracas, et s'allonger enfin, les mains sous la nuque. Scruter l'au-dessus. Se complaire dans la monotonie, l'émerveillement et l'ordure.

 

 

 

 

 

Abandonner demain ces putains d'infinitifs.

 

 

 

 

 

(musique : "the unexclusive virus" de Kashiwa Daisuke. Mis en ligne sur youtube par modernary)

 

edit 26/8/11 : Personne ne m'a fait remarquer que j'avais confondu "indicatifs" et "infinitifs", J'ai corrigé moi-même, et je vous boude un peu. D'abord.

Par injektileur - Publié dans : une zik une humeur
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