(le titre fait référence à un prix, le stylish blogger award que le burp m'a très gentiment décerné et que je ferai passer à mon tour d'ici peu de temps. J'ai notamment besoin de trouver les personnes à qui le décerner et bien que j'ai de bonnes idées parmi les personnes que vous pouvez déjà voir dans mes liens, je crains d'en manquer un peu... bref, on verra bien)
"Ne lâchez rien". Il y a dix ans nous étions tous, au fond de nous-mêmes pour la plupart, à la surface pour d'autres, à nous demander non pas si nous deviendrions des grands hommes, mais plutôt si la décennie à suivre nous serait magnanime. Force est de constater que nous n'avons pas été gâtés.
Ceux qui ont réussi sont tout aussi las et blasés que ceux qui se sont plantés. Les rares nouveaux riches ou anciens qui le sont restés supplantent en ennui généralisé la grande bourgeoisie du siècle précédent. Car il ne faut pas se méprendre. L'ennui est là et bien là. Quelle tristesse de constater que tous ces gens n'ont pas encore compris qu'être un nanti n'a d'intérêt que si l'on demeure parmi les moins nantis. Pas parmi les pauvres.
Résultat sous plein d'aspects 2011 n'est pas vraiment 1789, mais peut-être un peu 1848. Le tout communication a tout du leurre. Le printemps arabe n'empêche ou ne jugule en rien les tensions raciales et religieuses exarcerbées aux quatre coins du globe. Le 11 septembre a sonné le glas de quelque chose de grand qui aurait dû se construire sur les jolies célébrations du XXème siècle finissant.
Aujourd'hui le monde dans son affolante majorité est criblé de dettes au mieux, affamé au pire, gavé d'informations et de jouets inutiles, indifférent ou pas informé du gâchis et de la spéculation sur les matières premières, meurtri par le chômage et la révolte qui gronde depuis toutes les strates de la société du grand village mondial.
Aux extrêmes la Chine ne tiendra pas longtemps tel quel, parce que le reste du monde ne tiendra pas longtemps tout court. Les vieux modèles disparaissent et c'est probablement pour le mieux, mais si les nouveaux ne sont pas viables c'est une catastrophe qui se prépare.
Les centrales nucléaires plus vieilles que nous, maintenues en vie par des compagnies privées sans scrupules, les pays du Moyen-Orient qu'on choisit de soutenir si le calendrier électoral et les scandales intérieurs sont favorables, le roman-feuilleton d'un queutard à New-York, le baccalauréat organisé et sous-traité encore une fois par des boîtes privées, tout ça n'est qu'un minuscule morceau du prisme qui me fait dire que je ne suis pas sûr, plus sûr de la validité première de l'expression "avoir réussi sa vie" aujourd'hui.
Ici, j'arrive à quelque chose de plus personnel. Le 10 septembre 2001 j'ai eu vingt ans. Je l'ai déjà dit auparavant. Tout ça est passé bien vite c'est une évidence. Et bien malgré moi je n'arrive pas à ouvrir les yeux sur ce qui s'apparente au vrai lent début du ratage de ma vie.
Pourtant je ne pleurerai pas sur mon sort. Car s'il y a quelque chose auquel je me refuse, c'est bien envier celles et ceux qui ont réussi à faire leur trou - forcément futile et injuste - dans notre monde d'après l'an 2000.
Vous vous souvenez ? Ce même monde qui à l'origine, dans les pubs, sur les écrans, dans les livres, était censé nous appartenir.
La grande arnaque n'en est peut-être qu'à son
développement.

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