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Jeudi 6 janvier 2011 4 06 /01 /Jan /2011 04:53

 

 

 

Avant la guerre le décor se plante. Juste avant la guerre c'est la guerre qui imprègne les esprits comme les corps. Elle est indistincte comme est indistincte l'idée de justice dans les actes à commettre. On peut l'entendre gémir au loin, au-delà des plaines brumeuses pour l'aube lasse.

Des appels à la révolte, des appels au sang des vertueux patriotes entrent en écho dans tout le pays. Dans une petite ville, sur la place de l'église un gradé a été décidé quant à lui de se faire l'écho de son armée en chemin vers la victoire. Il harangue les quelques passants qui finissent par devoir s'arrêter. Il convoque de son regard les jeunes hommes. Il les met face à leurs responsabilités. Il leur ment, il parade il pérore, il les empoisonne avec le même entrain qu'il enjolive la situation.

Dans une rue adjacente c'est une jeune fille qui regarde la scène, pas vraiment amusée. Son amoureux discret est en train de lui expliquer toutes mains dehors le bien fondé de son enrôlement, mais au-delà du plaisir qu'elle éprouve à le sentir sur elle elle est extrêmement inquiète. Elle sait que sa mère et sa grand-mère ont attendu leurs hommes, elles aussi, longtemps très longtemps, elle sait que quand elle est née elle fût la joie de la famille mutilée, on disait on répétait qu'elle au moins, elle au moins elle n'irait pas mourir au combat.

Mais son amoureux, lui, voit les choses autrement, il est issu d'une famille pauvre et n'a pour lui pas d'autre choix que de partir. Il sait que ce n'est pas la gloire qui l'attend, mais la boue, le froid et la douleur des plaies simples ou condamnées. Pourtant il espère s'en tirer sans dommages et revenir en un seul morceau auprès de son aimée. Avec l'argent il l'épousera et lui fera de beaux enfants dans un monde en paix. Il use de stratagèmes sentimentaux presque identiques à celui de l'officier pour l'amener à rêver à un futur meilleur pour eux deux et ces enfants dont elle lui donne envie.

Elle tente comme elle peut de le ramener à la raison, elle a l'anxiété fragile de ses veuves nées. Mais il sait se boucher les oreilles sans utiliser ses mains qu'ils posent sur son corps à elle, son corps fondant.

Alors il se décide et signe comme on signe un acte de mariage avec sa maîtresse.

Il part au front dans la semaine. La tristesse a son emprise sur le couple mais les adieux sont consommés sans emphase parce que cette emphase-là n'a jamais été aussi inutile.

Puis une fois sur le terrain c'est les atermoiements qui sont superflus, impossibles et abscons. La chienne de vie comme lien entre les hommes en passe de devenir frères de la façon la plus incalculable.

Les nuits sont très vite très courtes. Quelques formations, des images de gloires déçues, la violence des ordres absurdes, une pensée fugace pour celle qu'on aime, une fervente prière en guise de talisman, puis soudain, un matin horrible, expiatoire, un de ces matins marécageux dont l'esprit humain ne sait se débarrasser tant que la vie coule dans ses sillages. Le matin horrible où le front apparaît. L'envoi en première ligne. Le bruit ahurissant, les cris de toutes parts, le tonnerre artificier artificiel, la terre grasse transformée en pluie pour mieux vous accueillir, alors que vous luttez au milieu de votre instinct de survie pour ne pas vous laisser enliser.

L'impossibilité de distinction entre les alliés et les ennemis. Le sang. La mort mécanique qu'on inflige sans comprendre. Le vacarme absolu, la déconnection brutale de tout ce qui fait de vous un être pensant. Les camarades qui s'écroulent un à un presque en rythme. Puis d'un coup, une chaude douleur sourde, non-identifiée, dont l'atrocité se libère en une poignée de secondes. D'une façon inexpliquée c'est le bras droit en entier qui a disparu.

Horreur inaudible au milieu de l'enfer généralisé.

Puis l'évanouissement, enfin.

 

Longtemps après, le réveil. La souffrance indicible dissoute par les infirmières et leur douceur. La compassion tant attendue, inespérée.

Pour lui la guerre est finie soi-disant.

Puis pour le monde entier la guerre est finie, assurément.

Le retour, la gare, sans mitigeur entre les différentes sources de larmes.

Joie populaire et gloire d'apparat aux combattants. La liesse du siècle.

Pour le monde entier la guerre est finie. Le monde entier sauf quelques fous revenus des tranchées. Plus jamais ça, plus jamais ça.

 

Les décennies qui passent.

 

Quelques éclairs puis la vieillesse, déjà.

 

L'année d'avant elle est morte dans son sommeil. Ils n'ont pas pu avoir d'enfants, mais l'amour n'a jamais cessé une seconde d'exister entre eux. Pour son anniversaire il a le malheur de chercher des bribes de ce qui les avait maintenu en vie à l'époque. Quelques lettres jaunies qui le font pleurer. Il la revoit avec sa robe de printemps et sa taille de guêpe, ses moues que suivait le plus beau sourire du monde.

Il l'imagine penchée sur le papier, appliquée à l'extrême. Il essaye de s'imprégner de ce qui fût et n'a plus jamais pu être.

Pour elle il y eut l'attente interminable, les promesses à garder, la fidélité à mettre à l'épreuve, la solitude par cris. Le calme de la tragédie des femmes murées dans la violence des hommes.

Pour lui il y eut les douleurs du membre absent et l'âme souillée par des visions de mort si banales, si absurdes que chaque matin il se demandait comment Dieu arrivait à le faire se réveiller.

 

Pendant des heures Il erre longuement dans ses souvenirs d'avant la perte d'une vie fantasmée. Il ne peut s'empêcher d'ausculter le vieux moignon qu'elle n'a jamais jugé. Il n'a jamais été amoureux d'une autre femme et serait tout à fait incapable de le regretter, parce que le remords est ailleurs.

La vérité d'entre les vérités est qu'elle fut une épouse, une amie et une amante modèle, belle, drôle, intelligente cultivée et honnête. Elle sut le rappeler à l'ordre, lui pardonner les très rares fois qu'il s'égara dans quelque tromperie lamentable. Elle sut l'aimer, l'amuser, le consoler, le réprimander, le féliciter, l'encourager, le soutenir, l'écouter, le laisser tranquille. Il n'a jamais eu la certitude de la mériter. Et c'est à cette pensée précise que les larmes arrivent presque à faire leur première apparition depuis des mois.

 

Il ne méritait rien. Ni elle, ni la guerre, ni la mutilation, la souffrance et les honneurs de façade qui en découlent.

Il ne méritait rien de tout ça et il pleure maintenant à raison.

L'absurdité des sentiments allant dans le sens de l'absurde vision d'un jeune homme de 18 ans étendu comme un bienheureux dans la boue créée par son propre sang, sa tête séparée de son corps.

 

Il n'a rien mérité de tout cela, non.

Il a eu pourtant une vie riche et paisible, il a été bien entouré. Sa vie sociale et intime certains l'ont enviée. Mais aujourd'hui il est seul avec sa guerre, ses souvenirs, son moignon.

La guerre lui survivra, elle se survivra à elle-même par sa négation stricte de l'espoir dans sa plus simple et pure expression.

Et tandis que ses larmes se tarissent pour de bon il sait bien qu'au moment prochain où son coeur enfin s'arrêtera de battre, ce ne sera pas la voix chérie de sa femme qu'il entendra mais le bruit des canons et la mort inepte du lendemain.

Par injektileur - Publié dans : nouvelles
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Jeudi 19 août 2010 4 19 /08 /Août /2010 22:50

(dialogue-fiction)
 
 
(dans les limbes)
 
I: Ah, te voilà, toi.
K: Mmm ?
I: Ca fait longtemps que je te cherche, en fait.
K:  Désolé.
I: T'as pas à être désolé. Je t'imaginais un peu plus grand et moins maigre, c'est tout.
K: Désolé.
I: T'as pas à être désolé, je te dis. En plus ça n'a aucun rapport. Je croyais que tu serais enfin plus en forme, par ici. Mais apparemment, j'avais un peu tort.
K: Bof, non, ça va pas trop mal.
I: Ca fait un bail que t'es parti, maintenant, quand même.
K: Je sais, je me rends pas trop compte.
I: Tu vas me dire qu'on perd la notion du temps ?
K: En gros, oui. On a juste le droit de jeter un coup d'oeil en bas, tous les 5 ans selon votre calendrier, à peu près.
I: Et tu regardes quoi ?
K: J'ai regardé ma fille grandir,  et c'est à peu près tout. Le reste est déprimant, et j'ai pas besoin de ne pas regretter ce que j'ai fait.
I: Désolé.
K: Bah toi non plus t'as pas à être désolé. T'y es pour rien je pense.
I: J'imagine.
K: Et tu voulais me demander quelque chose en particulier ?
I: Ben finalement, je me dis que je dois pas être le seul, alors non, c'est ridicule, t'apparais comme ça, tu sors de nulle part, ça veut rien dire.
K: Je suppose. Mais c'est pas comme si c'était vraiment important.
I: Pour moi, ça l'est. Mais je suis un peu démotivé et t'es pas le genre de mec qui saurait m'aider.
K: Si tu le dis...
I: Je veux pas te vexer, non plus, mais bon, t'admettras que ta vie et ta fin ne sont pas des plus gaies.
K: Je crois que j'ai pas mal eu de joies, aussi, mais c'est vrai que j'ai tendance à les oublier, c'est mon tempérament. Désolé.
I: Arrête un peu d'être désolé, ça sert à rien là où on en est. Et ça te ressemble pas.
K: Comment ça ça me ressemble pas ? Tu me connais ?
I: J'ai lu ta biographie attentivement, 2 fois, et ton journal intime aussi.
K: Mon journal ? Me dis pas qu'elle a fait publier ces trucs ?
I: Si.
K: C'est pas comme si ça m'étonnait. Mais c'est pas du tout ce que je souhaitais à la base.
I: Et t'espérais quoi ?
K: J'en sais rien, mais pas ça.
I: T'as toujours été un menteur, ça, c'est clair.
K: (soudain irrité) Merci pour le compliment.
I: Je dis pas ça pour te vexer, mais faut appeler un chat un chat. T'étais égoïste, souvent hypocrite avec tes proches, boudeur et menteur avec tout le monde, à des niveaux différents.
K: (toujours irrité) Vas-y enfonce-moi et enfonce-toi pareil.
I: Arrête un peu, j'essaye simplement d'être franc. Et pis c'est pas parce que tu m'as sauvé la vie que je peux pas voir tes défauts.
K: Sauvé la vie ? T'es bien prétentieux. J'ai dit ce que j'ai dit à l'époque uniquement pour pas passer pour un monstre auprès de ma fille. C'est tout.
I: Donc t'es bien un gros égoïste. Y'a des gamins et des gamines qui t'ont suivi quand t'es parti.
K: Je sais. Je les ai croisés.
I: (le réprimandant) Et tu vas leur dire quoi, à leur famille, que t'es désolé aussi ?
K: (s'énervant peu à peu) Arrête de me faire chier avec ça, j'avais rien demandé, c'est ça, la vérité.
I: La vérité, ou ta vérité ? Hein ? Tu dis que t'avais rien demandé, mais tout le monde sait que tu t'y étais préparé toute ta vie, et t'en parlais souvent, et tu mentais, et t'écrivais même des fausses interviews de toi et de ton groupe. Alors assume, un minimum, OK ?
K: (sarcastique et toujours énervé) Tu connais vraiment rien à rien, et tu oses me faire la leçon ? T'es pas la moitié d'un petit con non plus, tu sais, ça ? Et si tu savais pas, crois-moi, je te le confirme.

I: (déjà lassé) Je crois qu'on est déjà dans une impasse, tous les deux.

K: (toujours ironique) C'est évident, tu t'attendais à quoi ?

I: A rien, rien du tout. Surtout pour ce que j'étais venu te demander, vaudrait mieux pas que j'insiste.

K: (plus compréhensif) Arrête de tourner autour du pot, et accouche, un peu.

I: ...

K: Allez...

I: Bon, ben... Tu vois, je vais bientôt avoir 29 ans...

K: Félicitations. Mais qu'est-ce que tu veux que ça me fasse ? Et je reste poli...

I: Toujours poli, c'est important. Au fait, depuis quand tu parles français ?

K: Cherche pas... Allez, pose-moi ta question et laisse moi tranquille.

I: Ben justement, c'est ça mon problème.

K: ... C'est à dire ?

I: Ici, c'est chez moi. Tu es chez moi, dans ma tête. Et j'aimerais que tu t'en ailles.

K: Hein ? C'est une blague ?

I: Je suis on ne peut plus sérieux. Tu es mort depuis longtemps et tu me pollues l'esprit. Le prends pas mal.

K: (un peu perplexe, après quelques secondes d'hésitation) Non, je comprends, en fait.

I: Certains vivront avec toi toute leur vie, mais moi j'en ai aucune envie. Quand t'es mort, t'étais un peu comme un oncle. Puis t'es devenu un grand frère, puis un frère, un frère jumeau. Et là tu passes au stade de petit frère. Et je veux surtout pas que tu sois mon fils et mon petit-fils, avec les années qui filent.

K: (un peu triste, et surpris) Je vois. C'est stupide, comme façon de voir les choses, mais on est chez toi. J'y peux rien J'irai ailleurs, alors...

I: T'es pas fâché ?

K: Non, si ce que tu racontes est vrai, si je suis là c'est uniquement parce que tu as l'impression de me connaître depuis longtemps. Mais c'est faux, et prétentieux, et tu le sais.

I: Je sais bien. Mais la vérité, même si tu faisais partie intégrante de moi, c'est que t'es mort,  bien mort, et que ton corps a depuis longtemps fini de nourrir les vers...

K: (l'interrompt sèchement) J'ai été incinéré.

I: Ah oui, c'est vrai, tant mieux pour toi, autant pour moi.

K: Et je fais quoi maintenant ?

I: Je te l'ai dit, y'a des millions de gens qui seront ravis de t'accueillir. Et ils te permettront de garder un oeil sur ta fille, j'imagine.

K: J'espère. Je l'aime tellement.

I: Pourvu que ça dure.

K: Et maintenant, je fais quoi ? Tu vas créer genre un portail ou une porte que je vais devoir passer ?

I: Non, non, dans mon esprit je préfèrerais que tu t'évanouisses, que tu disparaisses petit à petit.

K: (cherchant ses mots) Comme dans Retour vers le Futur ?

I: (riant) Comme dans Retour vers le Futur.

K: (toujours triste, voire gêné) J'ai toujours eu du mal avec les adieux, les mots de la fin, et tout.

I: Je suis pareil, t'en fais pas.

K: Notre dialogue, là, c'est pas du Kurosawa.

I: (éclate de rire à nouveau) Non, c'est clair.

K: C'est comme ça que tu l'avais prévu.

I: (soudain plus sérieux, et triste) Non, du tout.

K: Tu me regretteras pas ?

I: Si, sûrement, mais je sais que je fais le bon choix.

K: Désolé.

I: Arrête. C'est moi qui suis désolé.

 

(I. regarde ses pieds deux secondes, et alors qu'il relève les yeux, K. n'est déjà quasiment plus visible. Leurs regards ont à peine le temps de se croiser mais K. semble finir aveugle. I. se retrouve enfin seul et se met à trembler fort de façon incontrôlée)

 

 

 

 

Par injektileur - Publié dans : nouvelles
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Samedi 20 mars 2010 6 20 /03 /Mars /2010 08:07

 

 



Un jour très proche des hommes viendront me tuer. M'assassiner si vous voulez. Ils viendront me réveiller à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit quand je dormirai mal et me feront un peu peur comme j'ai toujours eu un peu peur des cauchemars. Ils ne prononceront ni chef d'accusation ni sentence mais je m'en moquerai pas mal. Je ne lutterai pas plus. Je saurai ce qu'ils veulent.
Ils m'emmèneront dans un endroit indéterminé, une petite pièce
de quatre mètres sur quatre sans fenêtre  avec pour unique meuble un matelas dégueulasse posé à même le sol.
Comme ils seront humains et que c'est la loi, j'aurai droit à une dernière volonté qu'ils auront déjà sélectionnée. D'un geste simple ces hommes m'indiqueront la pièce avoisinante où m'attendra la plus jolie, la plus fine, la plus envoûtante des rousses aux yeux très verts.
Au début elle ne dira pas un mot. Elle est très sinon trop jeune. Je m'approcherai d'elle sans en avoir trop envie. Envie de rien depuis trop longtemps. Je la déshabillerai et me rendrai compte qu'elle est réelle. Et me rendrai compte qu'elle est parfaite. Elle ne fera rien mais semblera complètement à l'aise. Elle sourira même de temps à autre, se laissera faire sans ciller.
Et je serai étonnament à l'aise moi aussi. Je l'allongerai sur l'épais tapis prévu à cette occasion et me mettrai nu à mon tour.
Il y aura au final plus de violence que prévu.
Malgré sa relative petite taille même par rapport à moi et ses 50 kilos mouillée à l'eau lourde, jamais je ne devrais être capable de la porter à bout de bras comme je le ferai là et pourtant.
Il y aura au final plus de violence et de plaisir que prévu.
Je me sentirai fort, elle sera forte et me fera mal au dos aux épaules et aux reins.
Puis plus rien.
J'aurai besoin de souffler un minimum mais elle se relevera de suite. La semence en trop aura à peine fini de couler entre ses cuisses qu'elle enfilera une autre culotte dont le tissu attirera mon attention. Elle attendra que toujours allongé j'ai remis mon pantalon pour appeler les hommes à côté qui entreront extrêmement vite mais sans précipitation aucun, m'agripperont me tireront me balanceront avec brutalité sur le matelas sale. Sous ses yeux à elle je ne résisterai pas car je saurai bien combien je n'en aurai plus la force. Elle semblera me l'avoir drainée.
Quasiment nue, donc, elle prendra directement sur le dos du plus petit des hommes une veste deux fois trop grande pour elle. Allongé comme je serai ils me feront tous l'impression de grattes-ciel
Puis dialogue que j'entamerai il y aura :
"Je peux savoir comment tu t'appelles, au moins?"
"Emilie..."
"... Mais j'ai horreur de ce nom!"
"Pas vraiment, non. Et j'aurais pu choisir Aurélie, Lucie ou Nathalie..."
"Et tout ce cirque pour ma mise à mort, ça veut dire quoi exactement ? "
"En gros, tout ce que tu vois ici représente ton monde intérieur. "
"Hein ? Mais mon monde intérieur peut pas être aussi pauvre que ça ! "
"Tu es très prétentieux... Tu t'attendais à quoi ? T'as jamais voulu croire en quoi que ce soit d'irrationnel. Tu t'es toujours borné à cette fausse humilité qui te caractérise. Voilà le résultat."
"Et toi, tu représentes quoi, là-dedans, alors ? "
"Ton idéal féminin, j'imagine, au moins depuis que tu as l'âge de comprendre pourquoi tu bandes."
"Ces dernières années je bande plus trop mais bon..."
"Ca c'est la Mort qui te donne un coup de pouce."
"Elle est sympa la Mort."
"Très. Mais sinon, t'as bon goût, c'est vrai." dira-t-elle en rouvrant la veste et se regardant un peu partout dans un miroir que je n'aurai pas encore vu derrière un colosse.
"Je suis pas sûr que ton caractère soit exactement celui qui me convient..."
"Tu semblais pas vraiment y penser il y a quelques minutes."
"Et tu as quel âge ? "
"En équivalent humain, tu veux dire ? J'ai 16 ans." fera-t-elle avec un gigantesque sourire.
"Merde, mais c'est un piège, ça ! Ris pas comme ça, j'ai des principes!"
"Des principes, tu dis ? Ca marche pour les vivants, ça, tu sais. Et effectivement, si mon âge te dérange, tu pourras te dire que ce sont tes principes qui t'auront tué. Certes, celui-là est très important chez toi et pour ta société, mais c'est l'arbre qui cache la forêt. Tu t'es suicidé à petit feu, c'est ça que tu dois voir à travers moi, ton idéal féminin contre lequel tu peux tellement peu de choses. Mais trève de bavardages, le temps presse, et tu m'as l'air assez calme. Il faut que tu meures maintenant. "
"Attends, et ma dernière vraie volonté, j'y ai pas droit ? "
"Celle-là ne t'a pas plu ? "
"Si, mais ce n'est pas exactement ce que j'aurais demandé. Donc je réclame quelque chose de simple, précis, que tu ne pourras pas refuser."
"On verra. Je t'écoute."
"Tu allais partir, pas vrai ? "
"C'est vrai."
"Je te demande de rester près de moi."
"Et qu'est-ce qui te fait croire que je vais accepter ? "
"Tu vas accepter parce que je viens de comprendre que tu n'étais pas mon idéal, comme tu dis, mais ma propre mort elle-même. Je ne vois pas ce que le rapport sexuel vient faire là-dedans mais j'en suis persuadé, tu dois rester près de moi, même si c'est contre mes principes. Je t'ai fuie si longtemps que c'est bêtement que je vois qu'il faut que je t'embrasse maintenant pour partir en paix. Je sais pas qui tu es, si tu es si irréelle que ça, si tu n'existes vraiment pas ou si tu n'as jamais existé, mais je veux que tu sois là jusqu'à la fin. Ca n'aura pas de sens sinon."
Elle s'approchera de moi lentement et après un moment de silence me dira :
"Petit con..."
"Ca veut dire que tu acceptes ? "
Elle enlèvera à nouveau sa veste et s'assiera à califourchon sur moi, avant de s'alonger et de me prendre dans ses bras. Les hommes prépareront alors l'injection autour de nous
"Et tu pourrais aussi me dire le sens profond de cette culotte brodée si finement ? Ca m'intrigue."
"Ce qui est brodé, c'est les noms de toutes celles qui t'ont fait du mal..."
"Tu parles d'un symbole..."
"C'est pas moi qui l'ait choisi..."
"Je savais même pas qu'il y en avait autant que ça... Et celle qui m'ont fait du bien ? "
"Elles n'auraient rien à faire ici, mais si tu veux savoir, je suppose qu'elles sont en moi, au moins une partie..."
Les hommes attendront maintenant ses ordres et elle enfouira sa tête dans mon cou.
"Me dis pas genre il faudrait que je tombe amoureux de toi, ou que tu tombes amoureuse de moi pour me sauver ? Pour te sauver, toi ? C'est n'importe quoi ?!Ou alors j'aurais dû te reconnaître et t'aimer avant ? On s'est déjà rencontrés ? Croisés ? Réponds-moi, dis. Oh, tu pleures ? "
"Ta gueule, andouille..."
Sur ces belles paroles elle se taira et gardera sa tête au creux de ma nuque. D'un geste du bras elle signalera au colosse responsable de me lancer je ne sais quel poison dans les veines. Et c'en sera fini de moi.


La semaine dernière j'ai vu ma mort. Et j'ai su qu'au moment d'en finir, je ne verrai ni lumière ni flash quelconque, mais sentirai son coeur battre bien après l'arrêt du mien, ses petits seins chauds contre mes risibles pectoraux froids et son odeur matérielle si pure me couvrir entièrement comme un linceul.

Par injektileur - Publié dans : nouvelles
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Mercredi 27 janvier 2010 3 27 /01 /Jan /2010 06:35

(dialogue-fiction)

- Eh bien, Monsieur X, comment vous sentez-vous aujourd'hui?
- Et comment vous voulez que je me sente? Ca va faire 5 semaines que je suis ici et je vois aucune amélioration notable.
- Les infirmières disent qu'elles vous trouvent mieux qu'à votre arrivée...
- Elles pensent ce qu'elles veulent, les infirmières, moi, je sais ce que j'ai, et je vous dis que ça s'arrange pas!
- L'autre jour, vous avez expliqué que la perfusion d'Anafranil vous avait fait beaucoup de bien. Vous vous êtes réveillé tôt et de bonne humeur. Les infirmières l'ont confirmé.
- Faut croire que c'était très passager...
- Ecoutez, Monsieur X, je comprends bien votre impatience, mais votre cas est atypique, et nous allons avoir besoin de beaucoup de temps pour définir un diagnostic qui ne vous satisfera pas, puisqu'il sera imprécis.
- Alors pourquoi me retenir ici?
- Parce que vous avez besoin de repos, aussi. Et je vous rappelle que vous n'êtes pas complètement "retenu" comme vous dites. Lorsque j'ai voulu vous placer dans le secteur fermé, vous avez fermement refusé, et j'ai accepté de vous laisser ici, en chambre individuelle, et le chef de service a donné son accord. Vous vous souvenez?
- Vous êtes bien mignonne, docteur, mais avant le repos, avant la guérison, dont vous et vos consoeurs m'ont largement expliqué qu'elle n'existait pas, je veux des réponses, et puisque vous parlez du chef de service, j'aimerais savoir pourquoi, après des semaines de vide, il ne daigne même pas venir me voir!
- Il est très occupé.
- J'en doute pas, mais moi je vais rester ici encore je sais pas combien de temps, alors je veux le voir.
- Vous voulez le voir?
- Je veux le voir.
- Bien, je lui demanderai. Mais dans tous les cas, vous devrez faire preuve de patience...
- Ne vous en faites pas pour moi, la patience, je la trouverai; je demande juste des réponses à mes questions... et des solutions pour que j'aille VRAIMENT mieux, (il s'emporte tout seul) j'ai que 25 ans, merde! Ca devrait être interdit de se sentir si vieux et impotent à 25 ans! (il se dirige vers la fenêtre de la chambre qui donne sur la cour où traînent une flopée de personnes salement amochées qui ont parfois le triple de son âge)
- (court silence) Et vos idées noires? Elles ont repris?
- (il ricane) Elles ont jamais cessé et vous devriez le savoir. Et puis c'est quoi cette expression politiquement correcte à la con, "idées noires", "tristesse", j'appelle ça l'envie de crever, moi, tout simplement, sans tourner autour du pot. Vous autres médecins vous êtes un peu pathétiques.
- Et moi je crois que c'est quand votre ironie constante ne suffit plus que vous vous retrouvez au plus mal, comme maintenant, vous avez bien joué avec nous tous, et maintenant vous vous rendez compte qu'il va falloir entrer pour de bon dans le sujet
- Ecoutez-moi bien une bonne fois pour toutes: JE NE CROIS PAS EN LA PAROLE! Du moins, pas dans mon cas. Elle m'a jamais libéré. Non, ce que je veux, c'est un remède concret, comme cette sismothérapie que vous refusez de me donner. Vous m'en avez parlé, vous m'avez fait croire à des choses, et vous vous êtes rétractée. Typiquement féminin, ou humain, je sais même plus je m'en fous.
- Abstenez-vous de vos réflexions machistes. La sismothérapie a failli commencer, mais au dernier moment l'une des deux hématologues qui a étudié votre dossier a considéré qu'il y avait chez vous un très léger problème de coagulation du sang au niveau du facteur 8. Et personne ne prendra ce risque dans notre équipe.
- Vous cherchez juste à vous défausser de je sais quoi... vous êtes lâche, c'est tout...
- (garde son calme tant bien que mal) Mon rôle est de minimiser au maximum les risques, quels qu'ils soient. Vous connaissant, je sais que mourir sur une table d'opération pendant un sommeil contrôlé ne vous fait rien de particulier, mais sachez évidemment que c'est là la meilleure des options, si je puis m'exprimer ainsi: Imaginez qu'au cours de la douzaine de séances que vous subirez vous fassiez une hémorragie cérébrale qui vous cloue dans un fauteuil jusqu'à la fin de vos jours? Vous avez beau être suicidaire, vous n'en êtes pas stupide pour autant. Je me trompe?
- Oui, vous vous trompez. Je ne suis pas suicidaire. J'ai jamais essayé. J'ai trop peur de me louper, oui. J'ai trop peur d'avoir mal, et vous le savez. Mais je veux en finir, ça oui.
- Si le mot ne vous plaît pas, j'en suis désolée, mais les faits sont là. Vous nous aviez dit que vous ne pourriez supporter un été de plus. Nous sommes bientôt en juillet, et vous êtes toujours là, je considère qu'il y a du progrès, donc.
- Si vous le dites, j'en suis pas joyeux tout plein pour autant.
- (silence un peu plus long) j'ai aussi entendu que vous avez disons... noué une relation (l'expression la fait sourire) avec Mademoiselle Y avant qu'elle nous quitte? Elle vient vous voir tous les jours alors qu'elle n'a pas le droit de rentrer à l'intérieur. Ca non plus ça ne compte pas, pour vous? Ca non plus ça ne vous remonte pas le moral?
- (jetant un oeil à Lydie qui l'attend dans la cour) Ce n'est pas pareil. Elle est adorable. Je sais qu'elle est sincère, et je le suis devenu, par défaut. Mais ça ne durera pas. Elle est venue me chercher, mais elle me lâchera au final comme une merde, comme les autres, comme toutes les autres, tous les autres. J'aurais beau faire d'elle le nouveau centre de ma vie, avoir plein de projets concrets malgré son jeune âge et le mien que ça ne l'empêchera jamais de me jeter comme une merde, oui, comme une merde.
- On a déjà dû vous expliquer que le plus difficile dans les cas comme vous, instables, c'est de parer au plus pressé tout en sachant qu'il y a tout un pan de votre personnalité, indubitablement négative et pessimiste, qui n'a pas forcément de lien direct avec votre maladie. Et c'est encore plus difficile à juger sachant que les médicaments comme le lithium prennent beaucoup de temps, des années parfois avant de faire effet.
- Le lithium? Encore une belle arnaque, je le sens. Je ne vois pas pourquoi on devrait m'obliger à avaler un médicament qu'on prescrit normalement à des vieux. Et c'est la seule chanson de Nirvana que j'aime pas.
- Ce n'est pas vrai, Monsieur X, le lithium peut fonctionner avec des patients comme vous, il est notamment très efficace contre le suicide, couplé avec l'Anafranil.
- Vous m'en direz tant.
(le silence se fait à nouveau dans la chambre pendant une bonne dizaine de secondes)
- (se dirige vers le petit bureau où sont posées pêle-même des feuilles de dessin) C'est vous qui dessinez tout ça?
- Non, c'est Franquin. Ah, zut il est mort il y a 10 ans. Déjà? Merde...
- (faisant semblant de n'avoir rien entendu) Vous n'en aviez jamais parlé. C'est très beau, vraiment.
- Nan, c'est de la merde, mais c'est ce que je fais. Merci pour le compliment spontané.
- (calme et conciliante) Je le pense vraiment (elle prend une feuille et la montre à son patient, on y voit une femme blonde, jeune, et à côté d'elle probablement sa petite fille, en train d'admirer la mer grise déchaînée assises sur un falaise très grise, avec derrière elles des bâtiments type HLM très gris. le dessin ne laisse transparaitre clairement que la chevelure blonde de la maman, celle plus rousse de sa fille et un arbre rouge plus loin sur leur gauche) Celui-là veut dire quelque chose de particulier?
- (surpris et un peu gêné) Non, c'est plus ou moins une commande. Dites, vous n'avez pas des visites à faire?
- Je peux bien passer un peu de temps avec vous, vous vous plaigniez de ne voir personne de l'équipe. Alors ce dessin, pour qui est-il?
- Pour un type qui m'a demandé d'illustrer son histoire. Une histoire bizarre de femmes livrées à elles-mêmes sur une île où il n'y aurait que des femmes. J'ai pas tout lu mais il m'a donné quelques consignes, que j'ai suivies. Les deux que vous voyez là sont les héroïnes, une mère et sa fille.
- Et qui est ce type? Un ami?
- Non, pas vraiment, c'est juste quelqu'un qui tient un blog qui marche pas et je me suis dit que s'il avait besoin de mon aide je serai là.
- Un blogueur? Vous n'avez pas de blog, vous-même?
- Si, mais il est moins contraignant, et je cours moins après la reconnaissance que lui.
- Et donc?
- Disons qu'il se crée des vies, qu'il raconte des histoires que je me suis mis à mettre en images.
- Donc il a besoin de vous?
- Je pense que oui.
- Et ça vous plaît, à en juger par le nombre de dessins que je vois sur ce bureau.
- Je préfère travailler sur ordinateur, mais on m'a bien fait comprendre que c'était pas très sûr d'amener du matériel ici.
- Non, c'est vrai.
- Donc je dessine et colorise avec ce que j'ai...
- Et ça vous plaît...
- Si vous le dites
- Et vous ne mourrez pas tout de suite.
- (après beaucoup d'hésitation) il faut croire, oui.

Par injektileur - Publié dans : nouvelles
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Jeudi 21 janvier 2010 4 21 /01 /Jan /2010 14:57

Un soir tard que je me rentrais à mon asile
je croisai une jeune fille, gracile mais peu docile
qui se mit à me déverser toute sa bile
sur mes petits pieds bancals

"Mademoiselle, mais que faites-vous?"
"Je me purge, Monsieur, je me purge, voyez-vous."
"Et de quoi vous purgez vous?"
"Mais des hommes, Monsieur, des mâles"

Elle n'avait pas fini sa phrase,
que la revoilà partie avec emphase
à vomir et provoquer en moi une nécessaire stase
"Je vous ordonne de cesser immédiatement!"

réussis-je à articuler tant bien
que mal à me libérer des liens
qui me tenaient au grand rien
de cette jeune fille sciemment

tellement proche de moi que ses cheveux propres se confondaient parfois avec les miens, sales.
sans me regarder elle chercha une petite bouteille d'eau pour se rincer la bouche et recracher le tout au loin, un peu pâle
"Que vous-ont donc fait les hommes, pour que me punissiez d'une telle façon?" refis-je, passablement chagrin.
"Ne vous-a-t'on jamais expliqué qu'un jour vous paieriez pour tout ce mal?"

"Non, Mademoiselle, j'avoue, et je n'y suis pas préparé le moins du monde"
"J'imagine que non, et c'est ce qui rend le sacrifice d'autant plus jouissif"
"Le sacrifice? Où êtes-vous allée pécher des visions si immondes?"
"Mais chez vous, faible et clopinant monsieur, raté parmi les ratés parmi les passifs"

C'était à n'y rien comprendre
"As-tu envie de moi?'
"J'ai surtout envie de rendre"
"Est-ce que, je répète, tu as envie de moi?"

"Non, aucune, sincèrement, aucune..."
"Bien, mon grand, grand bien te fasse"
"Mais je ne vous autorise pas à railler ainsi ma rancune!"
"Rancune il y a, donc, tu vois, petite rascasse!"

Elle continue et m'insulte
"Tu es petit, oui, et laid, et insignifiant et tu devrais rester reconnaissant que je t'aborde qu'elle qu'en soit la façon"
Elle sentait bon et ne semblait pas ivre.
"Tu es petit, et laid, oui, et je te fais l'honneur de devenir la proie de ma haine des hommes. Tu es petit, et laid, et je te fais l'honneur, oui, de comprendre à quel point je leur en veux."
"Et je n'ai pas mon mot à dire"
"Apparemment, non... En veux-tu aux femelles, toi?"
"Non."
"Menteur, tu n'es qu'un menteur, ce sont les cibles les plus faciles parmi les plus faciles!"
"Probablement, mais elles me sont aujourd'hui devenues par trop fragiles..."
"As-tu envie de moi, oui ou non?"
"Je l'ai dit, non, pas la moindre érection"
"Comment oses-tu, je te colle et te recolle et t'astique depuis plus de cinq minutes!"
"Je suis au-délà de ça, et ose m'élever au-dessus de l'animal en rut"

En colère soudain, elle attrapa ma main et la dirigea dans sa culotte, son sexe était impeccablement rasé, froid, sec et propre à l'excès.
"Moi non plus je n'ai aucune envie de rien, te dis-je! Et c'est pour ça que tu es en train de payer!"
"Outre le fait qu'elles sont très bon marché, mes chaussures sont vieilles et trouées,  je comptais les jeter d'ici la fin de l'année. Alors ne vous privez pas"
"Je te hais!"
"Je ne ressens rien, de mon côté!"
Alors que je prononçai ces mots, elle s'agrippa à moi franchement pour s'accroupir. Elle relèva sa robe et tira ses collants et sa culotte coton étonnament enfantine sur ses genoux, et se met à uriner sur mes pieds et les chaussures qui les protègent plus ou moins. Ne pouvant m'empêcher de regarder ce qu'elle me montrait, je remarquai grâce à bonne vision nocturne sa relative maigreur et de fines traces de lacérations au niveau du ventre et de l'intérieur des cuisses, ainsi que sur son pubis.
Elle se releva très vite, se servit de mon manteau pour s'essuyer, m'embrassa à pleine bouche pendant une petite dizaine de secondes et lança avant de s'enfuir à moitié
"Je vous hais tous autant que vous êtes, et je te hais toi aussi, espèce de larve!"

Je ne la revis évidemment plus jamais, et eus toute les peine du monde à nettoyer mes chaussures et tout le reste avant de me décider à les jeter.



(Bon, vraiment pas terrible, non, mais encore une fois, complètement de chez totalement improvisé, je sais pas ce que ça donnera quand je relirai ça dans quelques temps...)

Par injektileur - Publié dans : nouvelles
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