Je ne sais pas ce qui m’a pris. Même avec le recul et l’expérience je ne saurais dire ce qui m’a pris. Une heure avant nous étions en
train de discuter à la sortie du lycée. Nous nous connaissions par cette fille dont j’ai oublié le prénom. Son nom à elle, c’était Agathe. J’avais tout juste 15 ans et elle 17. Elle n’était pas
particulièrement jolie mais possédait ce genre de corps qu’on oublie pas. Celui que vous fantasmez habillé, et que nu vous gardez jalousement comme une perle brute au fond de vos souvenirs les
moins catholiques. Cela faisait deux ou trois semaines que je voyais que nous nous rapprochions. Par rapprocher je veux dire que nous riions ensemble et avions les mêmes références, malgré notre
différence d’âge. J’étais en seconde et elle en terminale.
Malgré cela je ne saurais exactement dire ce qui m’a pris. Une heure avant nous étions donc en train de discuter devant le portail du
lycée. Et nous aurions dû nous y séparer jusqu’au lendemain. Mais au moment de se dire au revoir Agathe m’a demandé si par hasard j’avais beaucoup de devoirs pour ce même lendemain. Je lui ai
répondu sans malice que non. Nous étions mardi en plein automne et le mercredi n’avait rien d’une journée chargée chez moi. Sans compter que jamais je n’arrivais à prendre de l’avance sur ce que
j’avais à faire.
Je parlais plus haut de références communes et l’une d’entre elles est que nous étions tous deux de grands fans des Simpson. Elle
enregistrait religieusement les épisodes et me proposa de venir regarder chez elle ceux que j’aurais manqué. Nous étions - faut-il préciser - encore aux débuts du téléphone portable et d’internet
à grande échelle. Je ne me fis pas prier, et n’eus même pas la présence d’esprit de me créer des arrière-pensées. Et je n’en eus pas vraiment le loisir ou le temps non plus d’ailleurs. Ce n’est
pas comme si elle m’avait sauté dessus, non. Ce n’est pas tout à fait comme si c’était ma toute première expérience avec une fille non plus, d’ailleurs.
Ma première n’avait rien de fondamental et je ne tiens pas à en parler ici. Pour l’instant je suis sur Agathe. Pas encore littéralement
mais ça ne saurait tarder.
Je ne sais pas comment ça a commencé. Une heure avant nous étions en train de discuter à la sortie du lycée et elle me proposait de
venir regarder les Simpson chez elle.
Nous n’avons pas lancé un seul épisode. Je ne sais pas comment ça a commencé mais nous nous sommes retrouvés dans sa chambre. Je me
souviens que j’étais assis à son bureau et elle sur son lit. Nous nous sommes mis à parler de cette fille dont j’ai oublié le nom pour je ne sais quelle raison. Puis de PJ Harvey et Radiohead
sans transition, sinon peut-être que cette même fille lui ressemblait un peu. À PJ Harvey.
Soudain elle s’est levée et elle m’a embrassé, l’air plutôt sûre de ce qu’elle faisait. Moi beaucoup moins évidemment, et c’est pour ça
que je me suis laissé faire. Je n’étais pas mal-à-l’aise non plus je pense, juste un peu surpris.
Ici je dois préciser quelque chose d’important. A cette même époque j’étais complètement obsédé par une autre fille, Pauline. Elle
était dans ma classe et à grand mal j’étais petit à petit arrivé à lui adresser la parole de façon naturelle. Je déprimais passablement parce que malgré sa gentillesse elle restait plutôt
indifférente à mes sentiments.
Je ne sais pas vraiment comment ça a commencé. Agathe m’a embrassé et c’était extrêmement agréable. L’érection me vint très vite et
elle chercha aussitôt à m’en soulager mais je la repoussai sans violence. Je craignais qu’elle puisse me mordre. Chacun ses phobies.
Elle avait plus d’expérience que moi - ce qui n’était pas très difficile, de fait - mais malgré cela, je pouvais voir qu’elle faisait
un minimum semblant d’être à l’aise. Ce qui était presque touchant, parce qu’avec ses 2 ans de plus que moi elle cherchait à faire sa grande, un peu comme une petite fille expliquerait un jeu à
plus petit qu’elle. Je me rendais compte à quel point elle était adorable et qu’elle n’avait rien d’une chaudasse comme mes intelligents camarades de classe se plaisaient à définir les jeunes
filles entreprenantes.
Entreprenante, elle l’était ce qu’il fallait. C’est moi qui l’ai déshabillée entièrement, fasciné. La nature l’avait dotée d’un corps
parfait. Un corps qui sentait merveilleusement bon de partout et que j’auscultais avec excitation et intérêt grandissants.
Une heure avant à peine nous sortions du lycée et j’étais maintenant la tête entre ses cuisses.
Elle me souriait beaucoup et l’humidité entre ses jambes amplifiait. Tellement d’excitation donc qu’au moment de la pénétrer je pensai
surtout à me calmer et en oubliai le préservatif qu’elle aurait pu avoir sur elle. Cet objet qui n’avait rien d’évident pour moi à l’époque, surtout en «urgence». Elle ne devait pas avoir envie
de traîner non plus j’imagine.
Ses parents et sa soeur étaient absents et elle en avait profité, sans savoir vraiment vers quelle heure ils rentreraient. Quoi qu’il
en soit il n’y avait pas de temps à perdre et nous n’en perdions pas. Pourtant alors que je prenais le rythme je ne pus m’empêcher de voir Pauline à la place. Je ne connaissais pas encore le sens
de l’expression « pensées intrusives » mais j’étais en plein dedans.
Bien que mes moyens de comparaison manquaient, je trouvais qu’Agathe était serrée comme il fallait. Elle avait en outre l’attitude ni
trop exubérante ni trop coincée qu’il est parfois utile d’attendre d’une jeune fille. J’étais rivé les yeux sur ses seins magnifiques. Petits et pleins. Et sur son ventre gracile et soyeux. Et
c’était une chance pour moi qu’elle soit si bien faite parce je n’arrivais pas à la regarder dans les yeux, par peur d’y retrouver Pauline. Nous avons changé deux fois de position. Je ne saurais
dire si j’ai réussi à la faire jouir, mais je reste aujourd’hui assez fier de moi d’avoir tenu une petite dizaine de minutes. C’est bien peu de chose comparé à ce qui suit.
Je ne sais pas ce qui m’a pris. Une heure avant on m’aurait dit que j’allais avoir une relation sexuelle en bonne et due forme avec une
aussi belle fille qu’Agathe je n’y aurais jamais cru.
Alors que j’arrivais tout au bout de ce que j’avais à faire, mes mouvements prirent de l’amplitude. Un peu trop. Et pile au moment
fatidique mon sexe sortit du sien et lâcha tout ce qu’il avait à lâcher de la façon la plus ostentatoire possible dans un peu toutes les directions.
Je ne savais toujours pas comment ça avait commencé. Nous devions regarder des épisodes des Simpson, j’étais amoureux de Pauline, mais
je me retrouvais avec sous moi le ventre d’Agathe arrosé de mon sperme gras.
« Hé bé... » fit-elle en riant à moitié, sa pudeur relative l’empêchant de finir sa phrase.
Il y en avait partout. Sur les draps, sur ses poils pubiens, même dans son nombril. Ca avait giclé jusqu’entre ses seins et moi j’étais
tétanisé d’un coup. J’étais amoureux de Pauline. Je savais qu’il n’y avait aucun espoir pour moi de conclure avec elle mais j’étais amoureux de Pauline, pas d’Agathe. Il paraît qu’un homme ne
regrette jamais après l’acte. Un homme regrette simplement les actes qui n’ont pas eu lieu.
Je ne dérogeais pas à la règle. Je me confortai dans l’illusion que je ne dérogeais pas à la règle. Agathe avait été mienne quelques
grandioses minutes et j’en étais heureux mais maintenant c’était fini. J’avais fini. J’étais muet. Et j’étais de toute façon amoureux de Pauline. C’est avec elle qu’il m’aurait fallu faire ce
genre de choses.
Agathe n’attendait rien de particulier de moi. Je suppose que nous nous sommes utilisés l’un l’autre, dans une banalité affligeante.
Moi pour me créer une expérience, elle pour la mettre en pratique.
Mais j’étais amoureux de Pauline, et sous moi le ventre couvert de mon sperme m’apparut comme une insulte à ce que je croyais être.
Quelqu’un de bien. Un mec de 15 ans qui voulait juste voir un épisode des Simpson chez une copine. Un mec avec un tant soit peu de conscience et d'estime de soi ou de ses propres sentiments. Un
mec honnête. Un amoureux transi comme tellement d’autres qui n'a pas besoin de bouche-trou, aussi ravissant soit-il.
Je n’ai pas réussi à prononcer le moindre mot. A peine désolé et au revoir.
Je m’habillai en hâte et laissai Agathe telle quelle, souillée par moi.
Elle ne me retint pas mais plus jamais je ne réussis à lui adresser la parole.
Je ne sais pas ce qui m’a pris. Du début à la fin je ne sais pas ce qui m’a pris. Ca commence avec l’automne, une jolie fille à la
sortie du lycée, les Simpson. Puis l’autre fille qui ne quitte jamais vos pensées. L’instant d’avant vous êtes puceau puis celui d’après vous ne l’êtes plus. Et rien n’a changé. Les lèvres de la
jolie fille. Ses seins et son vagin. L’indifférence de l’aimée. Son ventre couvert de votre sperme. Son sourire complice. Et puis le silence. Votre silence. Plus rien.
Je ne sais pas ce qui m’a pris.

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