Vendredi 11 novembre 2011 5 11 /11 /Nov /2011 11:11

Il est temps que tout ceci se termine. Beaucoup de 1 d'affilée.

Dans le Gard, une petite fille martyre portait le prénom que j'avais choisi pour une de mes héroïnes il y a des années maintenant. Elle avait presque son âge et ça m'a presque secoué. Elle n'est plus de ce monde.

Il est temps que tout ceci se termine. Je veux dire ceci, ce blog.

 

Qui est le connard, où est le connard qui a expliqué que ce qui ne tue pas rend plus fort ? Où sont mes proches, la pincée d'amis qu'il me reste pour me garder la tête hors de l'eau ?

Je me débats seul dans une flaque de merde haineuse qui m'empoisonne.

Je reçois des leçons de vie de tout le monde alors que personne ne m'écoute. Et plus grave - façon de parler, hein - ne me lit.

 

Alors voilà, il est temps que tout ceci se termine. Je veux dire, ceci, ce blog.

 

J'avais promis de ne pas revenir là-dessus. Mais s'épuiser à tenir parole reste la chose la plus pathétiquement vaine qui soit. Surtout quand tout l'entourage s'en contrebranle.

Fini les faux semblants, l'autocensure.

Faire bonne figure ? Mais je suis laid comme un pou ma bonne dame ! Ne saviez-vous pas ?

 

Qu'est-ce qu'on se marre !

 

Alors voilà, bientôt il va falloir payer le nom de domaine, à nouveau. Et je n'en ai aucune envie. Je m'en contrebranle.

J'avoue, je confesse, je jette l'éponge. Mon seul besoin prégnant, jeter l'éponge.

Je vais voir. A la place je vais boire et me droguer. Je vais voir des drôles d'images animées qui me diront que weeeeeeeh je suis génial et qu'il ne faut surtout pas abandonner. Je vais rencontrer des moitié-filles qui me trouveront beau. Je vais me battre contre des platanes avec ma bite et l'urine qui en sort.

 

Il est temps que tout ceci se termine. Je veux dire, ceci, ce blog.

 

Beaucoup de 1 d'affilée. Une petite fille assassinée.

 

Je vais voir. Je vais me cloitrer. Je vais dire merde au tout venant. Je vais faire ce que j'ai à faire. Je vais mordre celles et ceux qui me demanderont "au fait, tes petites conneries, ton blog là, tu continues ?"

 

Je vais voir. Je vais consulter les anciens combattants. Tous les poilus et les autres héros qui se marrent depuis là-haut. Ils me diront que je fais n'importe quoi. Que je fais tout à l'envers. Je leur répondrai que je les encule. Que contre toute attente, je suis bien vivant. Moi. Et que le respect nécessaire à leur encontre ne m'oblige en rien à prendre des pincettes avec eux.

 

Je vais voir. Je vais tacher de ne pas trop haïr, mépriser, juger, tutoyer, cracher. Très mal barré déjà. Je vais m'enfermer. Je vais faire le jeun. Je vais rompre avec des habitudes, puis avec des humains inutiles. Je vais expliquer aux ordures que ce sont des ordures. Je n'ignorerai rien de ce qu'ils m'ont fait. Je vais voir.

Je m'injecterai la rancoeur pure en intraveineuse.

Je chierai de l'eau pendant des semaines.

Je vomirai tout ce que je n'arriverai pas à chier.


Je n'ai envie de rien. Je vais voir.

 

Il est temps que tout ceci se termine. Je veux dire, ceci, ce blog.

 

Pauvre Océane.

Je m'en contrebranle. Elle n'existe pas.

 

Mais pauvre Océane, vraiment. Je crois que je l'ai abandonnée en toute connaissance de cause.

 

Je n'ai plus rien à dire, mais tellement de choses à répéter.

 

Foutez-moi la paix. Foutez-moi la paix. J'ai 30 ans. Foutez-moi la paix. Foutez-moi la paix, bordel de bon sang de foutre de chameau.

 

30 ans. Foutez-moi la paix. L'ordre des choses, vous leurrez pas, vous comprenez pas mieux que moi. Alors de l'air, du vent. Ouste. Disparaissez. Vous avez jamais été là pour moi de toute façon.

 

Il est temps que tout ceci se termine. Ce blog. 14-18 et les suivantes. Océane. Putain. 30 ans.

Par injektileur - Publié dans : insanités
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Jeudi 10 novembre 2011 4 10 /11 /Nov /2011 04:44

"Ce qu’était une partie de campagne d’étudiants et de grisettes, il y a quarante-cinq ans, on se le représente malaisément aujourd’hui. Paris n’a plus les mêmes environs ; la figure ce qu’on pourrait appeler la vie circum-parisienne a complètement changé depuis un demi-siècle ; où il y avait le coucou, il y a le wagon ; où il y avait la patache, il y a le bateau à vapeur ; on dit aujourd’hui Fécamp comme on disait Saint-Cloud. Le Paris de 1862 est une ville qui a la France pour banlieue.  "

 

 

Sans tricher avec un quelconque moteur de recherche - parce que c'est déjà bien facile - qui est capable, comme ça d'un coup, de me donner la référence de cette citation que je trouve géniale ?

 

Le gagnant ou la gagnante aura droit à... euh... on verra ? On improvisera. Yay, c'est la fête.

 


 

 

 

Bref, donc, musique, avant tout : Kashiwa Daisuke, dont j'ai déjà parlé ici. J'adore. C'est très long très bon comme il faut. Et oui, il y a connotation sexuelle dans la phrase précédente. Mwaha.

 

 

 

 

Par injektileur - Publié dans : remplissage
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Mardi 8 novembre 2011 2 08 /11 /Nov /2011 05:55

Juste derrière nous la grande histoire éructe. Elle commençait alors à finir de se réinventer en vain. Et la petite a bon dos. Et la personnelle ne sait s'éclipser. Les études, relectures, discours, thèses, articles détaillés, coupures de journaux, bouts de chiffons et gommes tailladées sont formels. 1996 ne se tient pas.
Elle semble coupée de 1990-1995 dans le sens de la longeur.

1996 ne se tient pas et il n'y a aucune logique à cela. Aucune logique sinon une barre sur un front moite apparue le long de la première moitié de la décennie.
Rechercher aujourd'hui des significations cachées à ce qui en avait si peu à l'époque n'a plus ou moins aucun intérêt. Parce que 1996 ne se tient pas. Personnellement, régionalement, nationalement et internationalement. Artistiquement - quoique - et politiquement. Scientifiquement et socialement. Humainement.
Vérifions rapidement.
Année internationale pour l'élimination de la pauvreté. Rien que ça. L'Amérique riche. L'Europe dans l'illusion pleine. Le Japon d'un coup au fond du gouffre, déjà. La Chine tiers-mondiste seulement.
En France au début un vieux voleur menteur cancéreux finit ses jours tel qu'il l'avait rêvé. Sans succession. Genre après moi le déluge. Et à la fin nous avons un attentat. Genre blasé après les exactions de l'année précédente.

C'est aussi en littérature l'année de la mort d'une vielle peau - groupie du précédent - sur la tombe de laquelle on nous demande de nous incliner.

Un bon cru cinématographique peut-être, avec - chez nous - "Casino", "Seven", "Mission Impossible", "Trainspotting", "Toy Story"...

et "Independence Day"

1996 ne se tient pas.

Je me souviens avoir aimé "Disjoncté". Le film a-t-il bien vieilli ?

 

1996 ne se tient pas, parce que l'ensemble de ce qui a suivi n'a fait qu'appuyer les élans désespérés d'une nouvelle génération gâchée qui ne pouvait alors qu'à peine utiliser internet pour les messageries instantanées, avec ce son caractéristique de la porteuse qu'on entendait dans un modem 28,8 au moment de la connexion.
1996 ne se tient pas, parce qu'à l'époque ce son homonymait le futur.

Le jeu vidéo quant à lui, ou du moins une certaine idée du jeu vidéo, parvenait lentement mais sûrement à son apogée.
1996 est à l'image de la Sega Saturn et de ses deux processeurs centraux. Bancale, complexe et perdante d'avance. Bien que culte. En y réfléchissant bien. Au final. A posteriori. Peut-être. En en appelant à la nostalgie la plus basse de plafond. On peut supposer. Culte, oui, admettons. Au moins pour la génération citée au dessus.

Certes, la contradiction est très facile à apporter : 1896 1976 1986 ou 1997 et les autres auraient-elles un sens, elles ? Non, peu probable. Voire pas envisageable. Pourtant, avec l'apparition des premières rides sur les visages déjà fatigués, les questionnements changent, évoluent. Puis laissent place à des affirmations désagréablement lancinantes.

1996 ne se tient pas. Et elle ne tient pas à se tenir. Elle tient seulement à son goût âcre. Elle irradie des vies poussives comme on balise des fonds marins. Elle obture à l'envi des pans entiers d'âmes mêlées pour s'ouvrir d'un coup et aveugler sans ambages ce qui nous restait de souvenirs paisibles et sereins. Devenue sableuse, elle glisse entre les doigts de la mémoire sélective et se répand sur le sol en un commandement limpide impressionnant un négatif dépassé par la technique. Un simple mot phosphorescent.

Oublie.

Oublie le mauvais comme le bon, parce que l'amalgame empoisonne.

 

 

 

1996 ne se tient pas.

Par injektileur - Publié dans : divagations
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Samedi 5 novembre 2011 6 05 /11 /Nov /2011 04:44

(la suite de ça)

 

 

Novembre entre dans la place. Plus qu'aucune autre, elle est blasée plutôt qu'en colère. Le bordel apparaît innommable.

D'une voix forte et suffisamment assurée, elle appelle.

 

N : Octobre ! Octobre ! T'es où ? Qu'est-ce que tu fous ?

O : (entre dans la pièce à 2 à l'heure. Yeux cul de poule, cheveux Waterloo, habillée d'un simple bas de pyjama, assez sexy mais un peu sale) Ouais, ouais, j'arrive, j'arrive, crie pas, steuplaît.

N : Tu te moques de moi ? T'as vu l'heure ?

O : (se gratte le sein droit) euh, non... mais tu vas me le dire (baille)

N : Il est exactement 15h43 !

O : Ah weh, quand même...

N : T'as fait quoi exactement, depuis ta prise de poste ?

O : (elle essaye de réfléchir) Bah, pas grand-chose, j'imagine ?

N : Tu peux préciser? J'ai pas très envie de crier, mais ça m'intéresse quand même ! (en fait, si, elle commence déjà à hausser la voix...)

O : S'il te plaît, pas trop fort. On a vachement arrosé le passage à l'heure d'hiver, depuis la semaine dernière, j'ai un mal de crâne à se couper le bras pour penser à autre chose.

N : (soupire) Arrosé ? Avec qui ?

O : Bah, avec Juillet et Août, au début. Elles s'étaient engueulées, toutes les deux, beaucoup, et s'en voulaient d'avoir laissé au final tout le rangement et le boulot à faire à Septembre, qui avait aucune envie de travailler non plus... Alors elles sont repassées à l'appart, parce qu'elles voulaient se faire pardonner.

N : Septembre était là aussi ?

O : Non, pas au début. Mais on l'a pas attendue et les apéritifs sont tombés très vite.

N : Je veux pas savoir, c'était la semaine dernière, t'avais eu tout le temps avant, pour faire le ménage !

O : Bah, je sais, je sais, j'étais pleine de bonne volonté, je te jure. Je me suis dit que ça pouvait bien être à mon tour de faire un effort. Mais qu'est-ce que tu veux, j'ai perdu le fil. J'ai commencé à jouer à l'ordinateur, à mater la télé. Et pis, tu sais qu'on se sent seule, ici, alors j'ai cherché un peu de compagnie. Et je suis tombée sur un mec du calendrier lunaire...

N : (stupéfaite) Là, je suis sans voix

O : (explique) faut pas, faut pas. On a fait ça dans les règles de l'art. On a appris à se connaître, et on a vite enchaîné avec les cochonneries.

N : (moue dégoûtée) je veux pas savoir...

O : (sourire épanouie) en tout cas c'est vraiment un bon coup, et il est adorable. Le seul problème est qu'on a dû mal à accorder nos emplois du temps...

N : (sarcastique) Je suis bien désolée pour toi

O : (explique toujours) faut pas faut pas, je suis sûre qu'on trouvera un moyen.

N : Laisse tomber. Le prends pas mal, mais là, tes histoires de cul, je m'en fous royal. On a surtout une coloc à faire tourner. Septembre, elle a fait quoi, alors ?

O : (se gratte le ventre, le temps de remettre ses idées en place ) Bah, Septembre, elle est arrivée après la dégustation des vins... Le mal était déjà fait, je te le dis, moi. Mais elle a une descente d'enfer donc on a bien bien rigolé jusqu'à hier soir où je crois qu'Août a manqué de peu le coma éthylique. Juillet l'a ramenée, genre transportée à la gare, et elles sont finalement parties toutes les deux. Je t'avoue que je sais pas trop vers où ; j'étais bien torchée aussi (elle gémit et porte les mains à ses tempes)

N : (ton réprobateur) Franchement, vous avez quel âge ?

O : (arrangeante) Bah, une année de temps en temps ça fait de mal à personne...

N : Si, à moi, déjà, maintenant, et à nous toutes. Ce bordel va pas pouvoir s'accumuler très longtemps. Il va vraiment falloir agir...

O : (montre la caméra) Bah, l'autre con, derrière l'écran, là, il dit qu'il manque d'idées, qu'il est fatigué...

N : (décisive) On s'en fout, il fera ce qu'on lui dit de faire, c'est lui qui nous obéit, pas l'inverse !

O : D'accord, d'accord, tant mieux, mais par pitié, arrête de crier, s'il te plaît !

N : Et va pas croire que je ne vais pas te punir après avoir entendu et constaté ta conduite, vos conduites inqualifiables, à toutes les trois !

O : (inquiète) ah ? Et ce sera... quel genre de punition ?

N : Les Guns'n Roses, mon heure de gloire, avec plein de solos de guitare ! (sadique)

O : NAAAONNNN, PITIÉÉÉÉ !

 

 

 

 

 

(T : yep, et en plus il pleut vraiment au moment où je mets en ligne. Si ça c'est pas la classe, alors dites-moi ce qu'est la classe...)

Par injektileur - Publié dans : calendes drillées
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Samedi 29 octobre 2011 6 29 /10 /Oct /2011 01:21

Les peurs tangibles. Ou encore la paranoïa justifiée. Vous connaissez ? Vous voyez vers où nous nous dirigeons ? Peut-être pas.

Et peut-être avez-vous raison. Peut-être que les signes trompent, que les affichettes trompent, les unes avant les autres, et les autres après d'autres autres.

Mais la défiance malsaine ne s'émeut pas du passif de chacun, et elle n'a aucun besoin particulier de s'exprimer sur la chose.

Elle juge et elle sait. Elle appauvrit et humilie. Elle camisole et enferme.

Voyez les affichettes. Comptez-les. Et imaginez, multipliez au hasard par les histoires réelles de début de la fin.

 

Celles et ceux qui doivent boire boiront quoi qu'il arrive.

Et celles et ceux qui ont les moyens de manger n'y entendront jamais rien.

 

 

 

 

 

 

(music unrelated, comme on dit)

Par injektileur - Publié dans : poyézie ou presque
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