Jeudi 17 février 2011 4 17 /02 /Fév /2011 05:24

Voici venu une nouvelle fois encore et toujours l'insatisfait chronique alors qu'il atteint son état critique. Peu de chose à récupérer dans le tas. Quelques animaux, quelques jeux, quelques femmes, à remettre dans l'ordre. Aimer la musique, qui ne trahit jamais, puis les animaux, qui ne trahissent pas tant qu'on est pour pour eux, puis les femmes, aimants innés à trahisons en chaîne.

Des amis ? Aucun, ils se sont fait la malle depuis longtemps.

L'insatisfait chronique sait rire, s'amuser de tout surtout de lui. Parfois. Souvent, voire. Mais la solitude aidant, il devient méfiant et cynique. Et comme il n'y a rien que l'insatisfait chronique abhorre plus que le cynisme il se méfie de son propre cynisme masqué maladroitement.

Par pudeur, il appelle ça de l'ironie, sans bien comprendre la définition de ces mots ni leur différence. Ca lui fait un peu le même effet que quand les partis d'extrême-droite se défendent de tout racisme. Alors il rit, tout seul, l'insatisfait chronique, de son stupide entêtement dans ses valeurs abjectes, alors que son insatisfaction elle-même l'insupporte.

L'insatisfait chronique n'a pas de valeurs particulières. Le plaisir, l'amour, la vie à vivre au présent lui donnent envie de vomir. Il vit hier et vieux, fatigué de ses limites qu'il connaît par coeur. Il vit avant-hier et mort. Enterré. Ou plutôt incinéré parce que l'insatisfait chronique n'a évidemment pas pu se réfugier dans le giron de Dieu qu'il méprise.

Dans ses espoirs d'avant-avant-hier, il y avait pourtant un petit nombre de choses, assez belles, presque positives, qui lui tenaient à coeur. Mais les femmes, notamment, lui ont brisé ses courtes jambes.

L'insatisfait chronique est horriblement misogyne, de fait. Il n'a d'abord confiance en personne, et encore moins au sexe faible. Il s'est toujours senti inférieur aux femmes, parce qu'elles ont selon lui toujours fait en sorte de s'afficher supérieures à lui.

De fait donc, répétons-le, l'insatisfait chronique est un homme sans âge et misogyne. Les femmes il les aime parce qu'il est hétérosexuel et ennuyeux, parce qu'il a besoin d'elles. Pour tout le reste il les hait.

Avant-avant-hier il avait eu quelques jolis moments avec ses "conquêtes". Celles qui avaient réussi à le faire rire. L'insatisfait chronique, paradoxalement, aime beaucoup rire répétons-le, mais n'y arrive que très rarement.

Au lit, c'est autre chose. Il lui arrive de devenir violent. Alors parce que sa conscience le tuerait à petit feu, il a arrêté les actes gratuits. A côté de sa gare vivent des professionnelles sans âge, comme lui. Elles, elles ne le dérangent pas. Elles sont drôles et parfois cultivées. Elles n'ont pas la prétention des gamines qui vendent leur corps sur internet.

Avec elles il garde des relations d'ordre hygiénique et ça lui convient parfaitement. Les autres il les hait, et à de plus en plus de mal à le cacher.

Au travail, la semaine dernière, est arrivée une jeune petite truie de 22 ans. Comme les flics. Elle a commencé à "s'intéresser" à lui. Probablement par malice, par jeu. Autrement c'est impossible. Depuis elle minaude beaucoup, assurément. Cela ne fait aucun doute.


Et là tout de suite, elle demande qu'il aille lui chercher un café. Il s'exécute, parce que l'insatisfait chronique ne veut pas de scandale sur son lieu de travail, et que refuser de ramener un café supplémentaire pourrait passer pour une déclaration de guerre.

Devant la machine il se raidit. Un gobelet dans chaque main il a une furieuse envie de cracher dans celui de gauche. Mais il ne peut pas, il a des restes d'avant-avant-hier qui l'en empêchent. Des relents d'éducation. Celle-là même qui l'empêche de frapper. Sans parler des collègues derrière lui. Sans parler de la loi.

L'insatisfait chronique aime la loi, pour dire vrai. Il pense que les textes ne trahissent jamais.


Revenu à son bureau il pose le café à côté de la jeune truie, en bougonnant. Elle répond par un grand sourire puant de reconnaissance.

Il retourne s'asseoir, tremblant.

Il ne sait pas s'il doit d'abord haïr avant-avant-hier, ou cette petite salope qui se joue de lui.

 

L'insatisfait chronique souffre de façon chronique, sur tous les plans. Il ne le mérite peut-être pas. Bach, Mozart ou les Beatles ne soignent pas ce genre de maladies. Pourtant, dans le tragique qui ne le concerne que lui et sa médiocrité, certains trouveront une certaine justice dans l'immuabilité de l'équilibre entre douleur et connerie.

 

Et de toute façon ce soir, cette jeune truie ira se trouver quelqu'un sur internet. Un homme, un vrai.

 

 

 

 

 

(le plus amusant, c'est que je suis évidemment très mécontent de ce texte, et du précédent)

Par injektileur - Publié dans : traits au port et porc-traits
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Mercredi 16 février 2011 3 16 /02 /Fév /2011 07:49

 

 

Les visions ont disparu pour laisser place à un lac blanc impeccable. Gauche, droite, gauche, droite, un homme vidé de sa substance marche à un rythme si faible qu'il est à la limite du surplace.
Ses rêves se sont transformés en poudre soluble dans l'air plein, immaculé.
Au fond, s'il en était capable il se réjouirait. Il jubilerait. Parce qu'à une époque lointaine parmi ceux-ci il y avait celui d'un jour ne plus rien ressentir.

Solitude : nom féminin, du latin solitudinem. Etat d'une personne qui est seule, retirée du monde, mais aussi concept devenu obsolète au moment précis où il a traversé la paroi entre les réalités. Il n'a même pas eu le temps de se rendre compte que de ce côté elle était l'état par défaut. De ce côté la solitude ne se cache pas. Omnipotente, omniprésente, sans comparaison possible avec un quelconque autre état donc sans concept défendable. Donc obsolète par définition.

Au fond, s'il en était capable il se réjouirait. Il jubilerait. Parce qu'à une époque pas si lointaine il se croyait incapable d'avoir une quelconque volonté d'en finir avec sa volonté.

Ce fou y est parvenu. Il a tout effacé. Les douleurs nombreuses, pénibles ou atroces, puis les quelques miettes de bien-être ramassées au hasard parfois, qui n'avaient fait que lui apporter une frustration abominable.
Libéré, les épaules voûtées mais légères il marche maintenant sans fatigue vers un point invisible, inexistant. Imaginaire n'est plus un épithète valable car l'imagination a implosé, comme le reste.

Des souvenirs il lui en reste quelques uns, les plus basiques. Son nom, son âge. Son âge qui lui, n'avancera plus. S'il pouvait il jubilerait.

Il a probablement dû avoir des parents, des frères et soeurs. Peut-être même des amis. Des amours, voire. De celles-là il ne se souvient plus, et s'il pouvait il en éprouverait un grand soulagement. Toute une ribambelle bien régressive de choses inutiles mais sensées. Toutes ces valeurs amères qui donnent le la à la pulsion inaliénable d'amnésie volontaire. De lobotomie ciblée.

S'il pouvait il jubilerait, mais l'infini n'a rien d'une idée jubilatoire. L'infini on y pénètre ou on s'y crame. En y pénétrant il a fait son choix. Même s'il n'est plus en mesure de l'assumer maintenant. Il est devenu immortel et sans douleur, sans pleurs ni frustration. Le reste n'a plus aucune espèce d'importance. Il marche, extrêmement lentement. Gauche, droite, gauche, droite. Derrière lui, le silence et le néant absolu grondent d'un grondement que les humains sont incapables d'apprécier.
S'il avait choisi de se brûler à l'entrée, il aurait perçu quelques sons familiers qui par définition l'aurait retenu. Mais ses dernières forces mentales il les a épuisées pour ne pas s'y laisser prendre.

Car la vie n'est qu'un orchestre de sirènes malfaisantes. Il a lutté comme peu savent lutter. En récompense de sa victoire le vide s'est ouvert à lui. L'infini salvateur où il s'avance infiniment lentement, avec la gauche, puis la droite, puis la gauche, puis la droite.
Cet infini salvateur et libre, où il ne sait plus admettre qu'au fond il serait heureux, si on lui en avait laissé la possibilité.

 

 

 

 

(musique: extrait de la BO de Final Fantasy VII, composé par Uematsu. Mis en ligne sur youtube par Tsai57)

Par injektileur - Publié dans : une zik une humeur
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Samedi 12 février 2011 6 12 /02 /Fév /2011 01:34

Peu importe si ce n'est toujours pas l'endroit pour ça. Voici les drapeaux qui ont récemment pris une nouvelle valeur. Avant que d'autres les suivent...

 

 

pg020 1 00

egypte

 


Par injektileur - Publié dans : remplissage
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Vendredi 11 février 2011 5 11 /02 /Fév /2011 01:03

 

 

 

 

Le fantasme au sens premier du terme. S'inscrire en faux, écrire par défaut puis s'évanouir en paix. Les combats à venir ne sont plus de votre ressort. Les déluges à l'horizon, les pertes totales de contrôle que subiront vos proches non plus.

Il fut un temps où vous vous étiez promis de cesser l'ensemble. Il fut un temps pas si lointain où vous aviez fait serment de ne plus vous laisser aller au lyrisme surrané. Malgré cela, à l'heure de disparaître vous vous retournez mécaniquement sur ce que votre destin a été.

Il ne faudra pas voir ici un semblant de retour de flamme dans l'instinct de survie prégnant chez tous les êtres vivants, ni un fatalisme flamboyant et ridicule face à l'absurdité chaque siècle grandissante de notre monde vide de trop-pleins.

N'être rien, de la naissance jusqu'au dernier souffle puis, en paix, s'évaporer pour tout comprendre.

Naître pour n'être rien ni personne, depuis le premier cri jusqu'à l'expiration, puis disparaître pour tout savoir, enfin.

 

 

 

 

(musique : extrait de la BO de Final Fantasy X (2001) composé par Hamauzu Masashi, mis en ligne sur youtube par GeNeRaLAdilo.)

Par injektileur - Publié dans : une zik une humeur
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Jeudi 10 février 2011 4 10 /02 /Fév /2011 04:45

Ecartez-vous, écartez-vous, vous dis-je, elle est malheureuse, elle a rompu. Laissez-la respirer, ils ont rompu. Ils ont rompu, mon Dieu, elle va étouffer. Mon Dieu peut-être faudrait-il plutôt parler avec les mots exacts : Il l'a quittée et elle est malheureuse très malheureuse au moins comme les pierres et tout le monde qu'elle croit tourner autour d'elle finit de s'écrouler en même temps que se finit cette phrase.

Ecartez-vous, écartez-vous, s'il vous plaît, laissez-la respirer, elle est tellement malheureuse, la petite. Elle voudrait qu'on pleure avec elle. Elle a envie qu'on lui dise qu'on l'aime, qu'elle n'a jamais été seule.

Mais ce n'est pas vrai, chérie. A son âge, la solitude, la vraie, on ne comprend pas bien ce que c'est, on n'appréhende pas. On veut juste être plainte, consolée. On croit qu'on veut être félicitée "Ouh, c'est zoli comment tu dessines" mais ce n'est pas vrai. Chérie, le besoin crétin de reconnaissance il est plus du côté couillu de l'humanité. La compassion quémandée, elle, elle se retrouve du côté de ces millions de vulves amorphes, jeunes, minables et décérébrées.

La pauvre petite paye sa prétention, son égocentrisme. On lui a trop dit qu'elle était douée et jolie, on lui a trop dit il n'y a aucune manière d'en douter. Du coup du coup la pauvre petite pleure et pleure encore sur sa pauvre condition de jolie fille douée, elle pleure et elle pleure encore, parce qu'elle a envie qu'on la plaigne, qu'on lui dire reviens on t'aime. Trop prétentieuse pour répondre à l'affection qu'on lui porte, trop prétentieuse pour s'éteindre en silence, la pauvre petite attend quelque chose qui ne viendra jamais.

 

Regardez-moi comme je suis malheureuse, écartez-vous et taisez-vous. Admirez-moi comme je suis malheureuse j'en vaux tellement la peine.

Laissez-moi pleurer devant vous et consolez-moi dans le vide. Taisez-vous et contemplez-moi dans le vide.

J'ai un retour de flamme dans mon égo surdimensionné. Je croyais pourtant tout savoir sur tout. Je suis une pauvre petite fille douée, jolie et malheureuse. Oh oui, j'ai vingt ans et je suis une pauvre petite fille douée, jolie et malheureuse qui aime qu'on l'admire qu'on la console et surtout qu'on la plaigne, une pauvre petite fille douée, jolie et malheureuse qui n'admet pourtant pas adorer qu'on l'admire qu'on la console et surtout qu'on la plaigne.

 

Alors laissez-moi pleurer devant vous. Consolez-moi dans le vide. Puis taisez-vous et contemplez-moi dans le vide. S'il vous plaît.

Par injektileur - Publié dans : traits au port et porc-traits
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