Jeudi 7 janvier 2010
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Avant ces dernières années je n'avais vraiment réfléchi à ce qui se passerait si je venais à perdre absolument tout mes espoirs de
devenir un jour écrivain professionnel. Par professionnel, je veux dire publié autrement qu'à compte d'auteur. Je ne parle évidemment pas d'en vivre. Ca n'a même jamais été un rêve pour moi.
Plutôt une évidence, à l'époque où j'ai arrêté le piano, vers la fin du lycée. L'évidence pure et dure qu'il n'y aurait que là-dedans que j'arriverais à m'épanouir. Néanmoins, contrairement à
beaucoup de personnes, je ne me suis depuis lors jamais (ça fait déjà beaucoup de "jamais" en quelques lignes. tant pis) donné les moyens de mes (trop grandes) ambitions. J'ai juste considéré que
je "savais" écrire et basta. Prétentieux.
Ayant déjà parlé de ma méfiance face aux nouvelles, je n'y reviendrai pas, mais c'est ainsi que malgré moi naissaient dans ma tête des projets réellement faramineux et hors de portée que je ne
laissai pourtant jamais complètement tomber. Comme si ma vie en dépendait.
"Ishijima" est un de ces projets. Mais il se trouve dans ces pages sous une forme largement "simplifiée" ou "poncée", dirais-je. S'il y a une chose sur laquelle je ne me suis pas encore beaucoup
étendu ici, c'est mon extrême attirance pour le cinéma, et quand je dis cinéma, je parle du vrai cinéma, dans les salles obscures, avec un public avec vous, pas ses simili homecinemachin et
bluraytruc qui sont, pour des prix exhorbitants, sensés vous donner l'illusion que vous suivez le film de la même façon. Or c'est un mensonge éhonté.
Mais je m'égare.
Mes influences, lorsque j'écris, sont beaucoup, beaucoup plus musicales et cinématographiques que littéraires. Bien sûr, je ne m'étendrai pas sur le petit nombre d'écrivains que je vénère, mais
dans mon inconscient scénaristique, ce sont bien des plans que je vois, pas des paragraphes, et des couplets des refrains des boucles que j'entends. Pas des syllabes, des mots ou des phrases.
Le principal inconvénient de tout ça étant la frustration. La principale frustration étant je l'ai dit en tout premier de ne pas savoir dessiner. Les autres frustrations seraient de manquer de
réelle culture littéraire pour faire le poids face aux grands. Alors que j'étais un enfant qui lisait beaucoup, depuis le lycée je lis peu, voire très peu, car très lentement, et c'est devenu un
gros complexe chez moi. Mais j'ai espoir de ne pas trop m'éloigner de ce monde-là quand même.
Le principal avantage de l'écrit par rapport au filmé, c'est la liberté de ton, et d'image, justement. Certains passages de "nous sommes des monstres" ne seraient pas filmables, et je ne les
filmerais jamais, même si on m'en donnait les moyens. Cependant, j'ose prétendre qu'à l'écrit, ça passe plutôt bien.
En fait, il ne s'agissait pas à l'origine un projet essentiel pour moi. Ce texte est juste devenu prioritaire lorsque je me suis rendu compte que les mots venaient de façon un peu plus naturelle.
Probablement parce que j'en attendais moins que le reste.
Et là, je me répéterai une nouvelle fois en disant qu'attendre trop des gens ou de quoi que ce soit d'autre est un suicide à petit feu.
J'attends énormément d'Ishijima. Trop. Et depuis l'ouverture de ce blog "nsdm" prend, presque contre ma volonté, de plus en plus de valeur pour moi, et c'est très mauvais aussi. Mais je
n'abandonnerai pas. Pas tout de suite, du moins. C'est un peu trop tôt pour se laisser aller au doute et à la mélancolie. Je l'ai déjà dit et je le répèterai autant de fois que ce sera nécessaire
pour m'en persuader.
Voilà, je finirai en ajoutant que ce genre de note, qui est un peu la suite de la précédente, se reproduira le moins souvent possible je l'espère de toute mes forces, parce que mon but originel
était d'écrire des fictions, ou des billets d'humeur/humour, et non de me plaindre de quoi que ce soit, ou pire, de raconter ma vie et mes
atermoiements de romancier du dimanche.
Je le dédie néanmoins à celles et ceux qui m'ont laissé des commentaires tellement encourageants, notamment à AngeLe (invariablement là depuis le début, et c'est pour ça que je l'aime), et DoddZ,
et Hime, et Nyuka. Sans ces filles, ce serait la mort.
(je force un peu le ton négatif de l'ensemble sinon ça ressemblerait à un ridicule discours de réception de prix que je ne recevrai jamais. Il faut bien rigoler, de temps en temps.)
dernières gentillesses, ou non