Qui es-tu, toi qui involontairement soi-disant vient pertuber mes idéaux de beauté et d'intelligence ? Qui es-tu pour me dicter ma conduite et mes sentiments ? Qui es-tu pour juger ces mêmes sentiments, pour cracher sur cette conduite ? Que faudra-t-il pour te faire comprendre que tu n'as rien compris ? Oui, je suis seul, oui, terriblement seul, sans l'aléatoire d'usage, seul et triste et pathétique et misérable mais tant que moi, je comprendrai dix doigts sur un clavier j'aurai le dessus sur toi et tes semblables, comme tous les membres de mon espèce qui savent et comprennent le son pour le son, les ondes face aux ondes sur les murs et la rage qui naît au creux des siècles pour les siècles des siècles en tout endroit de la planète, je resterai vivant bien vivant et je saurai appréhender le préhensible comme l'incompréhensible à tes jolis yeux à tes jolies oreilles de petite salope imbue de sa personne à un point vomitif et jusqu'à des heures indues je m'appliquerai à te maudire sans fin, tu finiras par t'en rendre compte voilà ma seule prière, et s'il me sera impossible de connaître la paix, pour toi quitte à vendre mon âme au diable j'appuierai où il faudra, et les marteaux te remonteront là où tu ne comprendras encore moins du moins que rien ce qui t'arrive. Je suis rancune, haine et vengeance là où tu restes vacuité, prétention et superficielle arrogance, là où tu es incapable, incapable d'entendre le vrai, l'absolu l'absurde génie sonore, de le déceler de le déchiffrer j'aurais pu t'apprendre mais je me montrerai alors aussi vaniteux que toi, j'aurais pu t'apprendre mais les fins heureuses n'existent qu'au cinéma, la grande musique, elle, elle s'ancre dans le réel, dans la solitude, la fureur, la honte la frustration, dans l'amertume, la tristesse clinique et le désespoir agressif, violent, ces valeurs mêmes qui te sont inconnues, qui te rendent délicieusement inférieure pendant ces trop courtes minutes, ces mesures qui sauvent l'esprit et la vie comme on se jette dans une mer déchaînée pour récupérer son chien. Tu ne comprendras jamais rien à rien, et les ongles rongés jusqu'au sang ne te vont pas, non, parce qu' ils sonnent faux et neufs, alors que tu n'as jamais rien compris à rien, et qu'il n'est plus question pour moi de te sortir la tête de tes erreurs ou de songer à te faire du bien.
(Bon, ces derniers temps je suis particulièrement à cran, et j'imagine que ça peut se lire. Le pire, c'est que mon bras et mon épaule sont guéris, a priori. Promis, je vais faire des efforts pour "apaiser" mes prochains articles.)
edit 31/08/10 : c'est
marrant, il y a un mois mon père m'a dit que ce final de la 7ème sonate de Prokofiev - que j'ai entendu grâce à lui - était depuis devenu une "scie" sur France Musique. J'ai bien ri. C'est aussi
et surtout un bon morceau de retour sur scène pour un récital de piano.
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