Lundi 4 janvier 2010 1 04 /01 /Jan /2010 05:19

Il y a des maladies où des états qui peuvent difficilement avoir la "cote". Souvent antithétiques d'ailleurs. Prenez l'anorexie mentale et la boulimie. Elles sont les deux côtés d'une même pièce, mais la première, dans toute sa gravité, dénote d'emblée pour le tout venant, avant même l'idée de drogue, plutôt celle d'une ascèse extrême et d'une rigueur dangereuse pour la personne (très souvent des jeunes filles) qui en souffre, sans parler de l'image atrocement déformée qu'elle garde d'elle-même, image qui est dans l'énorme majorité des cas le centre du problème.
Il y a drame ET compassion, avec parfois du dégoût.
La boulimie, elle, se voit beaucoup plus "mécanique" dans ses pratiques, et les crises, pour des personnes n'y ayant jamais été confrontées, paraissent tellement surréalistes, que si drame et dégoût il y a, la compassion, elle, passe à la trappe. On se baffre, on grossit, on chie, et/ou on vomit.
La boulimie passe pour une maladie sale et bas-de-plafond, là où l'anorexie mentale reste malgré tout une maladie "propre", plus rare voire "mystérieuse", encore aujourd'hui. Tellement dans le vent que les autorités ont un mal fou à bloquer vantant les pratiques permettant d'atteindre des IMC mortellement bas. Mais lorsque la société toute entière est pointée du doigt par rapport, à ce problème, et que les victimes sont traitées avec plus ou moins de respect, les boulimiques et obèses, alors qu'ils deviennent immensément nombreux, sont eux dénoncés et mal vus par l'ensemble cette même société (y compris par moi, je ne m'en cache pas) comme toujours responsables de ce qu'ils sont devenus.
Il n'y a donc aucune commune mesure entre les différences d'appréciation de ces deux maladies qui sont comme le yin et le yang.
Je continue en essayant au mieux de ne pas abuser des guillemets.
Plus tragique encore, car il est par définition synonyme de mort, le cancer. On en soigne une bonne partie certes. Mais entre nous, qui préférerait mourir d'une tumeur au cerveau plutôt que d'un cancer des testicules? Ou dans le même ordre d'idée, qui préfére expliquer que son grand-père est mort d'un cancer des poumons alors que c'est en vérité après à son opération du côlon qu'il a succombé?
Contre le cancer les femmes commencent à montrer leurs seins et c'est tant mieux. Combien de temps faudra-t-il pour que les hommes arrivent à admettre qu'il est très important de se faire examiner la prostate (soit un bon doigt dans le cul) régulièrement après 55 ans? Combien? Je ne déroge pas à la règle, encore une fois, et suis soulagé d'avoir à peine un peu plus de la moitié de l'âge requis pour ce dépistage.
Je continue.
Plus prosaïquement, qui est capable, en toute honnêteté, de me dire qu'il ou elle a autant de facilité à "expliquer" qu'il ou elle a une angine, la migraine plutôt que des diarrhées monstrueuses? Posez vous la question, pour voir.

A l'origine je voulais juste parler de l'insomnie et de l'hypersomnie, mais je crois que ça va être encore très long. L'insomnie fait des ravages chez nombre de personnes, notamment moi. C'est plus le symptôme d'autres maladies qu'une maladie en soi. L'hypersomnie, plus rare, peut être les deux également. Mais encore une fois, vous pourrez faire le parrallèle entre quelqu'un qui dort toute la journée, pour une raison x ou y, et qui a toutes les peines du monde à expliquer qu'il est très fatigué et qu'il n'y peut rien, face à un autre quelqu'un qui lui, passe facilement pour un "actif", vu qu'il ne dort pas. On le plaint plus facilement, ne pas dormir est la première source de fatigue. La tolérance est bien moindre lorsque vous dépassez 10 ou 12 heures de sommeil par jour. La cote est beaucoup, beaucoup plus basse. Imaginez un cheval sur qui personne, mais vraiment personne ne veut miser. Son nom serait par exemple "Démoulé trop chaud de la Chiure de Brise".

Plus sérieusement, il y a façon et façon d'échapper à ses malheurs. Le sommeil en est une. Beaucoup d'adolescents, ou de jeunes adultes le comprennent sans le vouloir, ni le savoir d'ailleurs. Les rêves sont nombreux, mais jamais très agréables. Les réveils, désastreux.

Je ne sais pas si j'ai été anorexique ou boulimique, même aujourd'hui. En revanche, je sais pertinemment que je suis très insomniaque et très hypersomniaque à mes heures. Je ne le souhaite à personne, mais très malheureusement, je sais bien que c'est peine perdue. Nous sommes très nombreux dans cet état.

Par injektileur - Publié dans : divagations
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Commentaires

Pour ce premier Dimanche 2010....
Même si je vais travailler cette aprés midi...
Je passe voir mes blogs préférés..
Il était donc évident que je passe par chez toi...
Je te souhaite une année 2010 pleines de surprises.....


LORENT
Commentaire n°1 posté par ICI... Reportage sur un "FAN à TIC "...!!! le 04/01/2010 à 08h41
merci beaucoup à toi toujours!
Bonne année et bonne santé! ^^
Réponse de injektileur le 04/01/2010 à 13h50
Concernant le sommeil, je pense que savoir qu'il nous permet d'échapper à la réalité et se vautrer dedans pour cette raison (et en avoir des troubles par la suite, comme ce yoyo entre hypersomnie et insomnie que tu décris très bien) est encore pire que de le faire inconsciemment... ça mine énormément...
Commentaire n°2 posté par AnGeLe le 04/01/2010 à 16h35
alors c'est pour ça?


merci de m'apporter cet élément supplémentaire. ^^
Réponse de injektileur le 04/01/2010 à 18h20
Comme si je t'apprenais quelque chose en disant ça... ^^
Commentaire n°3 posté par AnGeLe le 04/01/2010 à 18h23
en fait oui, ça s'appelle un regard tiers neuf, à ne pas confondre avec neuf tiers, qui font trois yeux et là bah, c'est pas normal et ça s'envoie plutôt à Mururoa. XD
Réponse de injektileur le 04/01/2010 à 18h45
Pour ma part, je ne pense pas avoir ce genre de problèmes d'insomnie ou d'hypersomnie. À moins que je sois quelque chose et que je ne le sache pas. Mais, ces temps-ci à cause de mes rhumes enchainés coup sur coup, il faut dire que je jongle un peu entre les deux.

Dans certains cas, je crois que l'hypersomnie est en effet pour, en quelque sorte, fuire des problèmes qui peuvent nous affecter. Dans ce cas-ci, c'est clairement un problème mental. Pourtant, moi, j'ai toujours eu des problèmes à comprendre ce genre de choses. Dans ma tête, fuire ces problèmes, c'est lâche. Pourtant, quand je le dis à voix haute, on m'envoie promener en disant que ce n'est pas la faute des gens s'ils dorment trop, ou s'ils pensent au suicide.

Je crois que dans certains cas, oui c'est leur faute, car ils n'essayent même pas de régler les problèmes qui les rendent malheureux et décident de prendre la solution facile en décidant de ne plus se lever ou en pensant à se tuer.

Bon là je sens que je déraille complètement xD
Alors je vais terminer en disant que, étant une personne qui comprend très mal les problèmes qui affectent le physique, je n'en suis pas moins désolée de voir que certaines personnes en souffrent et pas nécessairement parce qu'ils veulent fuir leur problèmes...
Commentaire n°4 posté par Doddz le 05/01/2010 à 01h34
je suis content avant que tu te sentes suffisament bien dans ta tête pour ne pas comprendre ceux qui vont mal. ^^ c'est tant mieux pour toi.
je n'évoque pas directement le suicide, même si il est présent dans énormément de désordres psychiques. Il y aurait forcément toujours une certaine "lâcheté" dans le fait de se tuer, mais selon le point de vue où tu te places, certains penseront qu'il y a au contraire, une forme de courage dans ce geste vers l'inconnu qui fait peur à tous.
je pourrais te parler indéfiniment de ces sujets-là parce que malgré moi j'en connais un rayon. Ce qu'il faut que tu saches, c'est que ces idées qui germent dans la tête des gens sont la plupart du temps, je le répète, mécanique. Elles n'y peuvent rien. Cela n'excuse pas tout, certes, mais alors qu'on ne demandera jamais à un homme qui a perdu ses jambes de se lever, on ne comprendra par exemple jamais les états mélancoliques, qui, dans leur définition psychiatrique, sont quasiment synonyme de mort imminente si ils ne sont pas traités en extrême urgence. L'état mélancolique est le "dernier" stade de la dépression. La personne ne bouge plus, ne se nourrit plus, et fait sous elle. Point. Non pas parce qu'elle ne veut plus mais bien parce qu'elle ne peut plus. C'est une réalité scientique et mécanique. Mais je m'égare. Désolé.
^^
merci pour ta contribution et à très bientôt. J'espère maintenant que mon blog ne te paraîtra pas trop sombre, parce qu'il arrive qu'on se marre bien quand même! :p
Réponse de injektileur le 05/01/2010 à 04h09

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