Oui, la joie, parce que ça arrive à tout le monde et que la musique aide. Surtout quand elle sautille et qu'on se met bien malgré soi à sautiller soi-même. Surtout quand on a passé un grand nombre d'années à clamer le ska très peu pour moi. Il faut savoir s'adapter, y compris se préparer psychologiquement à voter à droite, un jour, lointain, le plus lointain possible quand enfin il y aura du beurre bio dans les épinards et qu'on refusera que l'État nous contraigne à la margarine.
Et le bonheur fugace et stupide de comprendre qu'on restera pauvre et qu'ainsi jamais la question ne se posera.
Le ska, donc, le ska sautillant d'un groupe aussie. Avec des paroles que je ne comprends pas vraiment mais qui - attention transition
travaillée - parlent assurément d'argent. Surtout celui qu'on a pas.
Le ska, donc, le ska par exemple d'une petite soeur de 18 ans aujourd'hui qui a pris soin de s'inscrire en avance sur les listes électorales.
Le ska des années de lycée qui traversaient le coeur et les oreilles plus que le cerveau. Le ska inepte d'une énième fille indispensable qui en redemandait. Le ska des soirées auxquelles vous n'êtes pas allé. Le ska des soirées où vous n'étiez pas convié. Le ska des soirées auxquelles vous vous êtes invité. Le ska indécent des jupes trop volantes à défaut d'être trop courtes. Le ska de ceux qui en parlaient beaucoup mais en mangeaient le moins. Le ska permanent de ces temps bénis où l'hypophyse faisait son travail de sécrétion comme un fonctionnaire courageux et dépassé.
Tout le monde sait se sentir débordé par des éléments sans fil conducteur. Des fois même c'est sympa. Si si.
"Vous sautilliez ? J'en suis fort aise :
Eh bien ! Pogotez maintenant"
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