Mercredi 3 février 2010
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20:13
A s'enrouler avec elle comme un chien chaud on en perd toujours un minimum le sens des réalités.
Salvateur.
Il ne faut jamais dormir déshabillé.
Il ne faut encore moins dormir sous sa couette.
Imaginez la fin du monde.
Ou pire, imaginez les flics qui vous réveillent.
Ou pire, encore, imaginez votre mère dont vous connaissez la voix par coeur (vous êtes un fils digne) et vous savez précisement à cette voix quand elle vous appelle au téléphone que quelque chose
de grave chez vous ou votre entourage vient de se passer.
Vous dormez à n'importe quelle heure du jour ou de la journée.
Donc vous faites en sorte d'être prêt à bondir, même s'il vous faut une bonne heure pour vous remettre de votre somnolence. Les flics ou votre mère ne doivent pas s'en apercevoir.
Vous ne savez pas d'où vient cette "peur" iraisonnée de vous poser sous la couette et de vous mettre en "tenue de nuit", nu ou non.
Vous avez toujours toujours eu ces tendances, à bien y réfléchir.
Ca a commencé à se diagnostiquer lorsque votre dernier emploi a définitivement ruiné vos espoirs de vie épanouie, ou au moins meilleure.
Ca a empiré lors de votre dernier déménagement lorsque votre propriétaire en qui vous aviez confiance (membre de votre famille incidemment) vous a mis dehors pour des raison qui seront toujours
excellentes.
Ca a atteint son dernier stade avec le chômage et la désillusion permanente. La peur qui ne dit pas son nom de quelque chose qui ne dit pas son nom non plus.
Vous savez d'ores et déjà que c'est mauvais pour votre équilibre.
Mais en contrepartie, ça vous rassure de ne pas vous laisser enfermer.
Il y a une faiblesse dans le sommeil, mais il y a la mort sous la couette.
Alors quand il fait froid vous vous contentez de dormir avec votre conscience malade comme seule compagne, et vous rabattez la couette sur vous.
Vous vous dites qu'il y a aussi une vérité là-dedans, sans bien avoir envie de la connaître.
Envie de rien, non, c'est sûr.
Mais pas assez original pour être précisé.
Personne ne dormira sous cette couette. Sinon éventuellement des amis pour une nuit, qui ont trop bu, qui ont pas la thune pour le taxi.
Mais personne d'autre. Dessous c'est la mort.
Pour la vidange vous aviez les hôtels. Pour les vidanges vous aviez les dessous de couettes de vos adversaires qui iront parfaitement. Vous avez votre couette impénétrable, vos adversaires ont
les leurs, auxquelles vous vous habituiez tant bien que mal. Mais petit à petit, les impossibilités s'accumulent, sans même que cela vous dérange.
Vous ne voulez plus personne, où que ce soit.
Vous dormez juste comme si votre survie en dépendait, et c'est le cas d'ailleurs, on vous l'a dit on vous le dit encore et on vous le répètera.
Personne ne vous comprend et c'est tellement mieux comme ça.
Avec votre conscience en chien chaud vous débranchez le téléphone et l'ordinateur pour éviter que quelque chose n'arrive et rien n'arrivera, par essence. Dessous c'est la mort.
Et vous vous sentez presque apaisé pendant quelques secondes.
Par injektileur
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Publié dans : poyézie ou presque
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mici mici!
^^
c'est gentil, merci beaucoup à toi
j'ai fait encore cette nuit de tels cauchemars à répétition que j'en ai oublié la notion de rêve