Mercredi 27 octobre 2010 3 27 /10 /Oct /2010 22:53

Amour de ma vie amour de mes sens je m'adresse enfin à toi, bien au-delà de la répulsion généralisée pour l'amour en général, l'amour las et les fleurs bleues lyriques rachitiques poétiques spasmiques. Amour de ma vie amour de mes sens tu n'existes pas, mais l'idée y est, l'âme y est, les déliquescences y sont, en toi comme après toi. Amour de ma vie amour de mes sens tu n'as jamais rien su, jamais rien vu ni senti malgré cela. Tu n'as jamais pris la peine de te pencher sur ceux-là mêmes qui comme moi prennent depuis si longtemps un plaisir malsain à dénigrer ce que tu es pour moins mépriser ton indifférence.

Amour de ma vie amour de sens tu n'es rien, vide de tout sinon de pleins fantasmes corroborés par des énergumènes proches de moi en rien, non, en rien sinon les litanies grasses de fins de soirées banales ou pleutres. Amour de ma vie amour de mes sens, tu n'as pas la moindre once de vérité dans les veines mais je n'ai malheureusement jamais détourné le regard pour m'en assurer de façon pérenne et entière. La cristallisation avant ou après les vomissures sèches, magique retour de plusieurs décennies en arrière avec les désillusions de rigueur en ribambelle ou les larmes contenues et rachitiques spasmiques.

Amour de ma vie amour de mes sens il fut un temps où j'espérais encore un peu te voir descendre par ici, drapée d'un orgueil légitime bien que surfait. J'espérais encore te voir blanche comme soufre dans la traîtrise de ce que je nous croyais être tous deux, depuis notre naissance jusqu'à notre mort. Mais blanche tu n'es pas, amour de ma vie amour de mes sens, rose ou bleue encore moins. Tu n'as pas de chance tu es rouge sang écarlate, loin de la passion ou du désespoir mais prégnante dans les maux infinis que tu voudrais ourdir dans le coeur de mes frères ignares que l'arrogance de chercher un jour à t'approcher a rendu chancelants.

Amour de ma vie amour de mes sens, nombreuses très nombreuses sont celles croisées au milieu de toutes ces années d'errance sur qui j'ai pensé poser ton visage d'ingrate. Pourtant il me faudrait encore tellement d'années salaces pour congédier de mes rangs les barbares pensées de grabataire précoce que l'abandon devint soudain clairière dans la forêt du vieillissement.

Mais puisque l'idée y est, l'âme y est, les déliquescences y sont, en toi comme après toi je te  le demande, amour de ma vie amour de mes sens, je te demande solennellement de cesser de m'importuner comme tu le fais si constamment, si vainement, le matin si tôt, alors que tu n'existeras jamais que dans mon imagination entravée par l'odeur-camisole de ta peau sur mes os.

Par injektileur - Publié dans : poyézie ou presque
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