"Il se retourna dans son lit tout défait, retapa son oreiller informe jusqu'à ce que sa tête pût s'y nicher exactement. Pour la centième fois, il ferma les yeux et resta couché immobile, essayant de purger son esprit de toute anxiété, suppliant le sommeil de venir. Il sentit ses membres insensibles lentement se débarrasser de leur tension et pendant un moment il flotta vers un monde de rêves, faisant doucement la navette entre le sommeil et la veille. Puis, tout son corps fut secoué raide dans un effort convulsif pour résister à une atroce sensation de chute dans le vide. Ses nerfs rebelles vibraient d'une terreur que son esprit essayait désespérement de nier. Il secoua la tête, son corps bouillant de haine contre lui-même et contre le monde."
Richard Wright, "Le transfuge" - 1953
trad. Guy de Montlaur
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