Dimanche 13 décembre 2009
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Bien que le groupe se soit reformé de façon ridiculement éphémère récemment, les plus jeunes d'entre vous pourront parfois,
j'imagine, tout arrive et c'est triste, ne pas connaître de nom le groupe de britpop "The Verve", devenu culte de façon progressive tout au long des années 90. Je n'en dirai pas du mal, non.
C'est juste la nostalgie qui prend à chaque fois que j'entend "Bitter Sweet Symphony" (que tout le monde a, par contre, déjà entendu une fois) qui rappelons-le, a plus ou moins été "piqué" aux
Rolling Stones et ont fait gagner encore un peu plus de sous aux papis Jagger et Richards. "The drugs don't work" et "Lucky man" sont dans leur genre des chansons assez parfaites aussi, et même
si je n'ai jamais complètement accroché, elles m'ont assez vite parlé. Les titres, aussi, jouent pas mal leur effet, c'est le cas de le dire.
Si j'en parle aujourd'hui, c'est justement pour dire qu'il y a des titres (d'album, je m'entends) dont on se souvient. Et lorsqu'après une nouvelle séparation du groupe, le chanteur Richard
Ashcroft a sorti son premier album solo "Alone with Everybody" ("Seul avec tout le Monde" pour les nuls en anglais), en 2000, je me suis senti immédiatement concerné.
Avant d'écrire cet article, je n'avais jamais vraiment écouté cet album, j'avoue. Le personnage me débectait un peu, aussi, j'avoue. Mais le titre, lui, résonne chaque jour un peu plus dans mon
petit esprit rétréci par les épreuves.
La solitude est partout. Je l'évoque à peu près constamment dans ce blog. Elle est pénible et puante, mais jamais pire que lorsqu'elle vous assaille au milieu vos semblables. Au Japon j'ai vécu
dans des villes gigantesques et bondées, et il n'y a je pense jamais eu aucun meilleur moyen de se rendre compte à quel point on est seul que de se confronter à la foule. Cliché, vous avez dit
cliché? Porte ouverte enfoncée? Ma foi oui. J'assume. La solitude dans la foule est une abomination. La petite voix qui vous dit que chacune des personnes qui vous entoure est seule elle aussi ne
vaut rien. Vous êtes seul, depuis la conception, où on nous bassine avec les liens indéfectibles qui unissent une mère au foetus, mais où l'on sait que dans son liquide amniotique la cellule,
puis embryon, puis foetus créé sera seul pendant 9 mois, avec la vie de sa génitrice comme seule assurance de la sienne, jusqu'à la mort, dans le sommeil la surprise ou la souffrance. Vous
pourrez avoir fait des milliers de concerts devant des dizaines de milliers de personnes, vous pouvez avoir accumulé plus de richesses que la décence l'autorise, vous pouvez avoir fait 20 fois le
tour du monde ou être resté dans un périmètre de 10 kilomètres autour de votre village, vous pourrez avoir introduit votre pénis dans des centaines et des centaines de vagins et d'anus, vous être
laissée pénétrer par autant de choses qu'il est possible de les calculer, la solitude est la même. Et je ne suis pas certain que mes semblables réfléchissent assez sur eux-même par rapport à leur
solitude.
Les humains se voilent ainsi la face à un point risible. Surtout quand ils agissent en groupes. Peu importe la taille du groupe. Les sociétés modernes se sont formées autour de l'idée du
libéralisme, donc de l'égoïste "chacun pour sa gueule". C'est le prix à payer pour la liberté que nous avons (et qu'il faut chérir) de pouvoir dire merde, de temps en temps. Après cela, des
familles sont créées, les enfants sont moins nombreux. On leur inculque sans en avoir conscience cette idée égoïsme. Je me souviens d'une discussion avec un ami qui m'a appris (ou confirmé, je
sais plus) que nous ne savons plus être heureux. Depuis les années 50 nous n'avons que su nous procurer du plaisir. Il est vrai que c'est pratique, l'idée de plaisir, et encore plus abouti que la
religion "opium du peuple" comme disait Marx. Mais Marx a bon dos, en fait. La religion et les sectes ont récupéré l'idée de bonheur à leur compte depuis si longtemps... Tout le reste est centré
sur le plaisir. Donc, argent, dépenses, richesse, sexe ivresse et blabla. Pour oublier la solitude. La grande arnaque de la religion c'est d'avoir fait croire au gens, jusqu'à aujourd'hui,
qu'elle arriverait à leur tenir compagnie. Mais le monde tel que nous le connaissons est trop pourri et trop triste pour que nous nous interdisions les plaisirs. Attention, je suis loin de faire
exception. Je préfère le préciser parce que dès que je pars en couille comme ça, j'ai toujours peur qu'on crois que je donne des leçons. Ce n'est pas du tout le cas. Je constate, c'est tout, et
ce, avec mes moyens de type très moyen.
En première, mon professeur d'histoire-géographie nous avait résumé comment rédiger un devoir type. Cela tenait en deux verbes "Je décris, j'explique". Ca m'a suffisament marqué pour que j'en
reparle ici, et pour que je l'utilise presque inconsciemment dans mes fictions (enfin, j'en ai l'impression). Merci, monsieur.
A chacun et chacune ses plaisirs. Si ces plaisirs sont légaux, et qu'ils ne ruinent personne, on peut difficilement juger. En revanche, si certains refusent de voir la vérité en face, les choses
risquent de péter très gravement pour eux un jour ou l'autre. Plus ce sera tard plus ce sera grave. Personnellement, la solitude, je l'ai déjà dit, je l'a connaît très, très bien. Je suis
champion, et je me fiche de passer encore pour un prétentieux. Je l'ai analysée sous toutes les coutures, elle n'a aucun secret pour moi. Elle est horrible, elle pue de la gueule et transpire
même en plein hiver, mais je m'y suis attaché, à vie. C'est un fardeau sans lequel je me sentirais à poil, et trop léger. Vous savez, le pauvre qui gagne une somme folle au loto, la dilapide et
finit par se suicider, croulant sous les dettes. Eh bien ça ne sera pas moi. Ma solitude pue du cul, mais je la garde. Question de survie. Paradoxal? Peut-être. Mais à mon petit niveau mon devoir
reste de prévenir le plus franchement possible les naïves et les naïfs que les illusions ne dureront qu'un temps. Il n'y a pas d'exception, aucune, absolument aucune. Il faut impérativement faire
avec. Ne jamais, jamais se leurrer. L'amour, quel qu'il soit, ne dure qu'un temps. Soit on rompt, soit on divorce, soit on meurt, et comme dirait Brel "celui qui reste se retrouve en enfer".
L'amitié, la vraie, est normalement plus solide. Mais le résultat est le même. Et j'emmerde les clichés. Je n'ai jamais
cru à cette connerie de "l'enfer c'est les autres". L'enfer est en nous, vide, silencieux et beaucoup plus froid qu'on l'imagine. Et je viens de répéter son nom plein de fois dans cet
article.
Nous sommes seuls, avec tout le monde, comme tout le monde. Merci Richard. Pas pour la musique, juste pour le titre.
Et bon, pardon à Jean-Paul par la même occasion...
dernières gentillesses, ou non