divagations

Mardi 17 janvier 2012 2 17 /01 /Jan /2012 18:18

Parce qu'on dira ce qu'on veut c'est nettement plus élégant qu'hésiter, ou traîner. On se figure des choses qui n'existent pas, des projets avortés qu'on ressort des utérus sans trop savoir comment. Et tout ça au beau milieu d'un calme olympien. A se demander combien de fois a été lâché l'épithète dans ces pages. Oui, olympien. On se voit genre tout de suite vêtu d'une toge, avec le service-trois-pièces en goguette, et les mikonosseries d'usage que les plus basiques d'entre nous n'hésiteront pas à relancer.


Ici on tourne en rond mais le manque d'évolution a du bon assurément. Moitié plein. Il garde certains aspect positifs. Moitié moitié. Ca permet de garder le schmilblick en vie. Moitié vide.

 

Il y a une sérénité latente dans le coin, ça sent bon les chaussettes propres de pas sortie. Il y a un grand amas de confiseries remboursées, et au loin aussi la coupe au gros, comme quand il y en trop mais que je vous le mets quand même.

 

Tout est bon dans le manque d'évolution.

Par injektileur - Publié dans : divagations
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 8 novembre 2011 2 08 /11 /Nov /2011 05:55

Juste derrière nous la grande histoire éructe. Elle commençait alors à finir de se réinventer en vain. Et la petite a bon dos. Et la personnelle ne sait s'éclipser. Les études, relectures, discours, thèses, articles détaillés, coupures de journaux, bouts de chiffons et gommes tailladées sont formels. 1996 ne se tient pas.
Elle semble coupée de 1990-1995 dans le sens de la longeur.

1996 ne se tient pas et il n'y a aucune logique à cela. Aucune logique sinon une barre sur un front moite apparue le long de la première moitié de la décennie.
Rechercher aujourd'hui des significations cachées à ce qui en avait si peu à l'époque n'a plus ou moins aucun intérêt. Parce que 1996 ne se tient pas. Personnellement, régionalement, nationalement et internationalement. Artistiquement - quoique - et politiquement. Scientifiquement et socialement. Humainement.
Vérifions rapidement.
Année internationale pour l'élimination de la pauvreté. Rien que ça. L'Amérique riche. L'Europe dans l'illusion pleine. Le Japon d'un coup au fond du gouffre, déjà. La Chine tiers-mondiste seulement.
En France au début un vieux voleur menteur cancéreux finit ses jours tel qu'il l'avait rêvé. Sans succession. Genre après moi le déluge. Et à la fin nous avons un attentat. Genre blasé après les exactions de l'année précédente.

C'est aussi en littérature l'année de la mort d'une vielle peau - groupie du précédent - sur la tombe de laquelle on nous demande de nous incliner.

Un bon cru cinématographique peut-être, avec - chez nous - "Casino", "Seven", "Mission Impossible", "Trainspotting", "Toy Story"...

et "Independence Day"

1996 ne se tient pas.

Je me souviens avoir aimé "Disjoncté". Le film a-t-il bien vieilli ?

 

1996 ne se tient pas, parce que l'ensemble de ce qui a suivi n'a fait qu'appuyer les élans désespérés d'une nouvelle génération gâchée qui ne pouvait alors qu'à peine utiliser internet pour les messageries instantanées, avec ce son caractéristique de la porteuse qu'on entendait dans un modem 28,8 au moment de la connexion.
1996 ne se tient pas, parce qu'à l'époque ce son homonymait le futur.

Le jeu vidéo quant à lui, ou du moins une certaine idée du jeu vidéo, parvenait lentement mais sûrement à son apogée.
1996 est à l'image de la Sega Saturn et de ses deux processeurs centraux. Bancale, complexe et perdante d'avance. Bien que culte. En y réfléchissant bien. Au final. A posteriori. Peut-être. En en appelant à la nostalgie la plus basse de plafond. On peut supposer. Culte, oui, admettons. Au moins pour la génération citée au dessus.

Certes, la contradiction est très facile à apporter : 1896 1976 1986 ou 1997 et les autres auraient-elles un sens, elles ? Non, peu probable. Voire pas envisageable. Pourtant, avec l'apparition des premières rides sur les visages déjà fatigués, les questionnements changent, évoluent. Puis laissent place à des affirmations désagréablement lancinantes.

1996 ne se tient pas. Et elle ne tient pas à se tenir. Elle tient seulement à son goût âcre. Elle irradie des vies poussives comme on balise des fonds marins. Elle obture à l'envi des pans entiers d'âmes mêlées pour s'ouvrir d'un coup et aveugler sans ambages ce qui nous restait de souvenirs paisibles et sereins. Devenue sableuse, elle glisse entre les doigts de la mémoire sélective et se répand sur le sol en un commandement limpide impressionnant un négatif dépassé par la technique. Un simple mot phosphorescent.

Oublie.

Oublie le mauvais comme le bon, parce que l'amalgame empoisonne.

 

 

 

1996 ne se tient pas.

Par injektileur - Publié dans : divagations
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Vendredi 26 août 2011 5 26 /08 /Août /2011 03:20

Mots à bannir :

- catastrophe

- petit

- cercle

- bouche

- phénomène

- télévision

- politique, à coupler avec économie

- mort, précédé de l'épithète petite - expression lamentable

- projet, au pluriel aussi

- écriture

- chômage, de facto

- plan, au pluriel pareil

- suivre

- texte

- Cologne, en rapport avec le mot précédent

- été

- critique

- anniversaire

- lecteurs

- amis, pluriel

- passion

- choix, toujours au pluriel

- trentenaire

- sommeil

- émotion

- décision

- piano

- appétit

- joie

- comédie

- Japon, par nécessité

- impatience

- regrets

- anglais, pour survie - cf les connasses de twitter et leurs "écrits"

- retour

- sagesse

- tragédie

- explosion

- plans

- plans

- projets

- rêve

- coupure

- absence

- remplir

- souhait

- plans

- projets

- projets

- plans

- décisions

- parler

- projets

- sacrifice

- plans

- chômage

- projets

- romans

- futur

- plans

- projets

- paix

 

 

(musique : Kashiwa Daisuke, "in the lake". Mis en ligne sur youtube par perry173)
Par injektileur - Publié dans : divagations
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Jeudi 2 juin 2011 4 02 /06 /Juin /2011 00:17

Ici le tic premier est de répéter sans cesse ce qu'on vient de dire en imaginant que cela puisse servir le propos. Ici le fantôme de Thomas Bernhard se marre sans cape. Il n'aime pas du tout qu'on l'invoque pour rien ou si peu, hélas.

Oui mais, oui mais sans répétition l'ici n'est effectivement rien. Les efforts et les lamentations trop peu laconiques tombent de suite sur une impasse. S'astreindre à ne jamais utiliser deux fois le même mot devient une mission inutilement fatigante infaisable.

Et impassibles les lignes se font plus courtes et plus tangibles. Moins banales, si seulement.

Ici il y a avant tout le refus de se fourvoyer là où les connasses se reconnaissent. Ce n'est malheureusement ni gratifiant ni payant ni productif ou efficace, mais même lorsque les reproches s'aversent en silences pathétiques il nous reste la seule sincérité du devoir accompli. Puis l'humilité allongée tristement sous une interminable épée de Damoclès. Et la sensation qui se lit comme suit.

L'âme est de ce côté-ci soyez-en assurés. L'âme est de ce côté-ci soyez-en assurés. L'âme est de ce côté-ci, soyez-en assurés.


Par injektileur - Publié dans : divagations
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Lundi 30 mai 2011 1 30 /05 /Mai /2011 04:44

Voilà, on y est, c'est bien joli très joli d'essayer d'écrire sur le fait d'écrire sans savoir pourquoi on écrit tout en sachant très bien qu'on n'a aucune autre possibilité que celle d'écrire.

Avant l'âge des espoirs ou des visions était venu celui des rêves basiques et linéaires. Ces époques bénies où il était encore possible de se réveiller en sueur pour de bonnes raisons. Ces époques bénies où le plafond blanc craquelé savait trouver sens.

 

Alors voilà, on y est. C'est vraiment joli d'essayer après tant d'autres d'écrire sur le fait d'écrire sans admettre tout à fait que l'on n'est rien tout en sachant très bien qu'on n'a aucune aucune autre possibilité que celle de n'être rien.

Après l'âge des pathétiques viendra celui des désillusions toujours plus drues. Il y aura beaucoup de pertes côté attaquant, la défense carrée se bornant à repousser dans le lit toute tentative constructive de changement.

 

Oui, c'est adorable de s'essayer à l'écriture après tout le monde. C'est touchant de constater à quel point il est facile de se prendre le côté de la plaque sur la gueule. Dans les doigts. A l'intérieur des doigts.

Il n'y a plus de réelles visions depuis si longtemps. Il n'y a plus de simulacre de vitalité depuis si longtemps.

 

Non, il ne s'agit pas d'une gageure que de faire quelques efforts pour se vendre ou s'affirmer en écrivant.

C'est simplement la vanité de la chose qui ni n'émeut ni n'amuse ou encore moins ne détend au fil des décennies. C'est simplement l'inutilité de la chose qui surprend encore et toujours alors qu'une fois de plus il faut se laisser aller à rester médiocre parmi les grands.

 

Le problème étant ici qu'avant même de vous plaindre de votre sort vous n'avez jamais tout à fait fini d'écrire et de pester contre votre absence de légèreté.

 

Voilà, on y est.

Par injektileur - Publié dans : divagations
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires

introducing...

  • pour la main gauche
  • : des essais d'essais de romans en ligne, avec des nouvelles aussi, de la musique, de la poyézie, quelques jeux vidéo et des bouts de pseudo-réflexions personnelles dedans...
  • Retour à la page d'accueil
  • Contact

dernières gentillesses, ou non

savoir quand

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>

injektzik

passe, passe le lien

flux soviétique

  • Flux RSS des articles
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés