mademoiselle a.

Mercredi 2 juin 2010 3 02 /06 /2010 04:50

Quand vous sortez de la gare, bien planquée entre deux maisons se trouve la rue Petit. Elle descend et n'est nommée qu'à son autre extrémité. Méfiez-vous un peu et prenez à droite avec Guy de Maupassant toujours aussi perdu dans sa folie et laissez passer dans un calme que même l'Olympe ne connait pas une toute petite fille qui vous salue et sa maman surprise de voir un étranger. Le quartier est résidentiel, c'est le far-west normand. Vous avancez un peu et tombez sur un très joli jardin. Il fait un temps à jeter tout le monde dehors et c'est bien dommage. Une blague en moins à faire en arrivant. Non il ne pleut pas tout le temps là-haut, y compris la première fois, sur un con comme votre serviteur. Oui, il fait beau à se mettre la main en visière c'est impressionnant. Pourquoi être venu jusqu'ici le mystère sera gardé pour un hypothétique futur texte, et certaines pardonneront ce fait je le sais. Pour l'instant concentrons-nous sur le centre-ville d'une jolie petite ville fermée en cuve avec du vert, du vert et encore du vert à perte de vue si on s'élève un peu ou lève les yeux.

Continuez le long de la rue du Jardin Botanique - celui qui vient de vous taper dans l'oeil a priori - pour traverser et dire bonjour à ce cher Victor qui est vraiment partout dans notre beau pays. Un certain Henry Ducy vous convie à le suivre, sans se présenter clairement pour autant, vous devez lui piquer ses papiers dans sa poche pour confirmer son identité. Peu antipathique en comparaison des autres, il vous emmène et salue au passage le docteur Lerat que vous avec qui vous n'avez pas envie d'engager la conversation, rapport à son nom. Ducy vous fait traverser l'Iton, une jolie rivière qu'affectionne ledit Docteur, peut-être par affinité pour les noms ridicules, donc, malheureusement. Vous ne vous arrêterez jamais de votre vie à Verdun et votre guide vous laisse progresser avec le Meilet jusqu'à son confrère le docteur Oursel, qui n'a encore une fois pas besoin de se présenter, puisqu'il est quant à lui une célébrité locale. Alors le doute vous assaille soudain : le beau temps, le bien-être, et deux docteurs d'emblée dans une ville. Etrange coïncidence ? Manoeuvre de séduction ? Décision politique ? Trop de docteurs à Evreux ?

Vous n'en dormirez pas la nuit suivante, pour des raisons à moitié indépendante de votre volonté. Mais le chemin jusqu'à la grande cathédrale n'est pas que rempli de sagesse. Vous êtes venu vous frotter aux Normands, est-ce bien ça ? Ils ne sont ni féroces, ni enragés, ni même guerriers. Ils ne savent pas le nom de leurs rues et ne les écrivent nulle part, mais ils sont bien sympathiques et pas rancuniers pour un denier.

Tous bien sympathiques ? Tous bien soignés et pris en charge le cas échéant ? Non ! Ce serait sans compter sur la personne qui vit un peu plus loin après le centre-ville légèrement endormi du samedi de début de soirée quasi-estivale.  Elle est là et vous attend. Elle revient, with a vengeance. Si vous ne savez pas qui c'est, rebroussez chemin à toute vitesse il est encore temps. Et posez-vous devant la mairie. Et priez pour qu'elle ne vienne pas vous chercher.

Je veux bien entendu parler de l'Ebroïcienne la plus déjantée et aux cheveux pourtant réputés pour leurs vertus curatives - d'où la profusion de médecins dans les parages - voire purificatrices. Si par le plus triste des coups du sort vous l'apercevez, et grâce à ce signe distinctif vous la repérerez de loin, un seul conseil : courez dans le sens opposé, courez le plus vite possible avant qu'il ne soit trop tard, fuyez sans vous retourner - en plus c'est dangereux, restez logiques - ne serait-ce qu'un instant pour échapper au supplice.

 

 

 

 

(la suite au prochain épisode, si vous le réclamez)

Par injektileur - Publié dans : mademoiselle a.
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Partager    
Lundi 11 janvier 2010 1 11 /01 /2010 04:05
Vendredi soir, était-ce mon cerveau déjà lent encore plus ralenti par le froid, ou la solitude ultime de début de weekend qui m'a poussé à ce geste inconsidéré je ne sais, mais j'ai commis l'énorme énorme erreur d'appeller Mademoiselle A. pour savoir comment elle allait, étant donné que ma bonté d'âme me fait régulièrement m'enquérir de sa santé, mentale avant tout.
"Ramène-toi fissa" qu'elle me lâche, sans plus d'explication.
Comment ça, que je me ramène? Par ce froid? Elle me prend pour ce que je suis ou quoi? "Un larbin, voire un esclave, oui" finit-elle avant de raccrocher sèchement.
Je suis devant sa porte, essouflé (7 étages sans ascenseur, quand même, la princesse veut garder la forme) une heure plus tard. Elle ouvre la porte et sa tête à l'air beaucoup moins réjouie que la dernière fois que je l'ai vue. Je pense qu'elle n'aime peut-être pas trop que je m'incruste dans son intimité, alors qu'elle adore squatter celle des autres.
"Assieds-toi et mange" m'ordonne-t-elle en me désignant une grosse assiette de pâtes à la sauce tomate sur son bureau, avec ratatouille en prime. Ca sent très bon et j'ai très faim mais j'ai pris des résolutions en ce début d'année, je ne me laisserai plus faire.
"Non merci, ça va, je n'ai pas faim."
"Arrête tes bêtises, je te connais et je sais qu'à cette heure-là tu crèves de faim. Alors tu t'asseois, tu manges et tu fais pas chier!"
"Hiiik, bien Mademoiselle"
"Je t'attendais pour commencer d'ailleurs"
"C'est gentil"
"Un peu, mon neveu, que c'est gentil!"
"..."

Je ne préférai rien répondre et ne pas trop regretter la séance d'Avatar que j'avais loupée à cause d'elle. Je me demandais si elle ne lirait pas dans mes pensées. Et je me demandais si elle ne souffrait pas légèrement de troubles de la personnalité multiple.
Nous nous mîmes à manger sagement, sans bruit, et alors que j'avais presque terminé:

"Dis, gros..." GROS ?
"Vi? Euh... oui ?"
"J'ai quelque chose d'important à t'annoncer, et c'est pour ça que je voulais que tu viennes."
"Qu'est-ce que ce serait donc, Mademoiselle? Vous avez décidé de partir rejoindre Monsieur D.? Vous êtes enceinte? Vous avez décidé de réquisitionner mon studio?"
"Non, mais tiens, tu me donnerais une idée..." Aie
"Je... vous écoute, Mademoiselle..."
"Bon, plus sérieusement, il faut que je t'avoue franchement: tu es bien sympa, mais collant. Pas forcément physiquement, mais par email SMS ou téléphone j'arrive pas à avoir quelques minutes pour moi. Et ça me pèse. Pour parler mieux français, c'est chiant. Alors à partir de maintenant, c'est moi qui te contacte quand j'ai envie de discuter ou de te voir, OK ?"

Je restais presque la bouche bée. Essayant de ne pas tenir compte de la vexation, je me demandais si je n'étais pas en train de rêver. Allais-je pouvoir avoir la paix pendant quelques temps? Pourrais-je essayer de draguer tranquillement sur meetic ou msn sans que Mademoiselle vienne me perturber et pleurer que je ne m'occuper pas assez d'elle?
Plus grave, est-ce qu'il serait possible que cela me manque? Je n'en savais rien, mais me rassurait en me disant que, comme chacun sait "souvent Mademoiselle varie, et bien fol est qui s'y fie".

"Oh, tu m'écoutes ?"
"Hein? vi vi - raah - oui oui Mademoiselle, je vous écoute."
"T'as compris ce que je viens de te dire ?"
"Oui, j'ai bien compris."
"Et qu'est-ce que t'en penses ?"
"J'en pense que je ferai ce qui sied à Mademoiselle."
"OK, c'est dans la boîte. Et propos de boîte, tu veux une bière, peut-être ?"
"Pour fêter ça ?"
"Oui, pour fêter... Hey, petit con c'est à moi de le dire, ça!"

C'est ainsi que vendredi soir Mademoiselle A. et moi avons conclu... que je ne devais plus l'approcher à moins d'un kilomètre. Pour l'instant ça me convient très bien.
Par injektileur - Publié dans : mademoiselle a.
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires - Partager    
Samedi 12 décembre 2009 6 12 /12 /2009 18:59
ou quand Mademoiselle A. se retrouve chez moi après moultes négociations

(extrait de dialogue pris sur le vif, ce jour vers 18:00)

injektileur: Dites, A...
Mademoiselle A. : Vi?
i : Vous n'avez pas un peu l'impression de squatter de trop, ici?
A : MOA? Pourquoi tu dis ça?
i : j'en sais rien, juste un vague sentiment d'être envahi, comme ça...
A : Hiiii, trop choupi le petit bonhomme en fond d'écran, c'est le même que ton avatar.
i : euh, oui...
A: Ah, et t'as même une petite figurine pareille! Cro belle!
i : oui, effectivement, mais A... à vrai dire j'essaye de parler un peu sérieusement, là...
A : vi, je t'écoute
i : ce n'est pas que vous me gênez dans mon gigantesque élan créatif, mais... je sais que vous faites peur à mes lecteurs, surtout à mes lectrices, en fait... elles osent pas m'approcher!
A: arrête tes salades, si elles voulaient t'approcher elles l'auraient fait depuis longtemps!
i : vous n'êtes pas gentille, et vous n'en savez rien!
A : meuh si je le sais, à part moi, ta mère et ta soeur, je sens bien que ton appart a pas vu de meuf depuis ton arrivée!
i : hé, mais vous n'en savez rien, je vous dis! Et Hildegarde, alors, hein?
A : mais arrête avec ta Hildegarde, je sais qu'elle existe pas, ou alors si elle existe, c'est un de tes copains brésiliennes dont tu me parles tout le temps!
i : A, vous êtes juste insupportable... snirf, et vous avancez des choses dont vous n'avez pas idée. Hildegarde est une vraie fille!
A : Mouais, bref, voyons ces stats...
i : NAAAAN!
A : Quoi, c'est tout? Et les trucs cochons en recherche sur google c'était vrai?
i : boui... snif
A : Alors voyons voir "ma mère très gros zizi pipi blanc dans la bouche", wah, c'est pas des blagues?
i : non, c'est la stricte vérité... y'a réellement des gens qui arrivent sur mon site en tapant ça... C'est horrible j'ai l'impression d'être télépathe à tiers temps...
A : Alors il vaut peut-être mieux pas que t'aies pas trop de lecteurs... C'est bien parti en tout cas! (grand sourire)
i : mais vous êtes une teigne, A! Si vous vous contentiez d'être sympa avec moi, mais même pas! Vous squattez, et vous êtes une teigne!
A : Allez, arrête de pleurer, elle reviendra Hildegarde. Hey, j'ai beau regarder partout dans ton zoli ordinateur, je trouve rien de cochon, c'est normal?
i : snif, oui, ça s'appelle les compétitions officielles de bridge en streaming.
A : petit et malin, avec ça...
i : dites, et Monsieur D, il va pas finir par râler?
A : Ah, zut, tu fais bien de le me rappeler, j'ai du retard sur mon coup de fil de 16:30 je te laisse deux secondes, je vais à la cuisine.
(injektileur now playing Mike Oldfield, "the exorcist")
(grognements sourds, puis cris, puis hurlements et enfin grand bong brutal)
30 minutes plus tard.
A (ensanglantée): Super il l'a mieux pris que je pensais.
i : chouette
Par injektileur - Publié dans : mademoiselle a.
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Partager    
Dimanche 6 décembre 2009 7 06 /12 /2009 17:33
Il est des fois où il faut savoir faire une entorse à ses principes moraux fondamentaux. En espérant ne décevoir personne par mon attitude bassement autocentrée, je crains devoir aujourd'hui vous parler de ce que j'ai fait depuis 2 jours.
Ce n'était pas dans le programme. Je devais publier une nouvelle nouvelle (oui, inédite et tout) mais il s'est avéré que j'ai été mis en retard. Et oui, avec toute la mauvaise foi ironique du monde, ce retard est complètement indépendant de ma volonté.

Vendredi soir sont arrivés de très loin des amis que je n'avais pas vu depuis 3 ans. Des Japonais venus avec des milliers de concitoyens pour des vacances au centre desquelles doit avoir lieu une sorte de colloque, suivi d'une fête ce soir. Très collants, ils m'ont tenu le bout de gras jusqu'au tout dernier métro. J'ai été obligé de les retrouver ce matin, et de les emmener au musée d'Orsay, bondé de chez bondé. L'horreur, vous imaginez bien. Ils avaient heureusement la fête mentionnée au-dessus à préparer et m'ont laissé partir. Je tremble à l'idée de devoir y retourner demain...

Pourtant, si je n'étais pas au bout de mes peines, le pire a eu lieu hier soir. J'ai rencontré une personne, dont le nom restera codé pour préserver son identité et son intimité, et que j'appellerai donc Mademoiselle A. Mademoiselle A. est une jeune fille qui m'a trouvé sur le web, je ne sais comment, et qui s'est entichée bizarrement des petits trucs que j'écris. Cela fait donc plus d'un mois qu'elle me tane tous les jours pour que nous nous rencontrions. Ne voulant pas la vexer, j'ai été obligé de traverser tout Paris dans un métro bondé pour la retrouver. Il faut beaucoup se méfier d'elle, car sous ses airs de joli brin de fille innofensive, elle cache de méchantes capacités spéciales indétectables. Dans mon cas, elle a réussi à me faire acheter à l'improviste du papier toilette (véridique, alors que j'ai normalement besoin d'une préparation psychique conséquente pour le faire) et à me demander ce que je pensais de son choix (véridique aussi!). Ensuite elle m'a fait boire de la Kro (un exploit) qui était ouverte depuis un laps de temps que je vais taire sous prétexte de donner des hauts-le-coeur à mon lectorat. Aujourd'hui je vais bien, et je pense que c'est un miracle. Ensuite, plus gros miracle encore, nous sommes allés dans un restaurant japonais (ceux et celles qui me connaissent comprendront ce qui tient du miracle ici) où nous avons bien mangé, bu et parlé de plein de choses. Utilisant le subterfuge facile de l'alcool, Mademoiselle A. a fini par me faire dire des choses que normalement je ne raconte qu'aux hommes en blanc avec des petites pilules rouges ou bleues. Après cela nous sommes rentrés chez elle et c'est là qu'elle aussi m'a tenu la jambe pendant des heures entières à ne parler que d'elle et de ses trucs de fille trop girly machin chose, ces derniers achats chez Mango ou Zara ou Mango, son journal de mode avec ses copines etc...
Elle m'a aussi parlé de ces goûts musicaux, pourtant, ici, la descence artistique m'autorise à peine à l'évoquer. Sans même mentionner sa passion pour les grosses cylindrées, dont elle a honte, à raison.
Vers l'heure du dernier métro (que j'ai raté), Mademoiselle A. a consenti à me laisser partir parce que j'étais fatigué. Je vous assure que sans ça, elle-même était partie pour jacasser toute la nuit.
Bref, la pire soirée de ma vie depuis que je suis arrivé à Paris, au moins.
Et bien entendu, personne ici ne connaît Mademoiselle A. En revanche, si par hasard elle me lit je lui dirai que tout ça n'a pas d'importance, à part pour le coup du PQ que je ne pardonnerai JAMAIS. Vous m'entendez, Mademoiselle, JAMAIS! Et il est hors-de-question que nous remettions ça à l'avenir... Na, d'abord!

Pour finir, je suis bien embêté car mon second principe intangible est de ne pas utiliser de smileys. Alors comme ici il est évidemment indispensable pour comprendre l'ensemble de cet article, veuillez l'imaginer vous-même, en très gros: Il s'agit d'aligner en majuscule l'anté-pénultième lettre de l'alphabet avec la quatrième, avec un peu plus loin, en plus petit deux points et un p qui les suit.
J'espère surtout publier "la robe jaune" demain et redevenir un peu sérieux la semaine prochaine pour ne pas decevoir Madame P. une nouvelle fois.
Par injektileur - Publié dans : mademoiselle a.
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Partager    

introducing...

  • pour la main gauche
  • : des essais d'essais de romans en ligne, avec des nouvelles aussi, de la musique, de la poyézie et des bouts de pseudo-réflexions personnelles dedans...
  • Retour à la page d'accueil
  • Contact

dernières gentillesses, ou non

savoir quand

Septembre 2010
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30      
<< < > >>

injektzik

passe, passe le lien

flux soviétique

  • Flux RSS des articles
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés