regrets

Lundi 25 juillet 2011 1 25 /07 /Juil /2011 00:00

 

 

 

Dans l'autre coin il y a ceux qui assument aimer la tristesse cynique. A leur gauche un arynorvégien d'extrême droite qui massacre des gamins innocents sinon un peu militants. A leur gauche une gamine laide comme une boule de poils dans le siphon du lavabo et dont la voix de pierre ponce usée restera très probablement dans les mémoires.

Elle finit sa vie sans la moindre surprise générale mais avec les quelques pleureuses adéquates.

L'été est là et le monde s'ennuie. Il faut du sang et des larmes pas forcément promises à la base.

Les médias tournent en boucle parce qu'ils connaissent le topo. Juillet, à part le sport c'est toujours difficile de trouver quelque chose à dire. La crise nouvelle permet de nouveaux sujets de discussions impromptus. L'ivresse naît vite, ponctuelle. La météo et les embouteillages et le taux de remplissage des hôtels sont fidèles à l'appel.

Mais l'été et les humains ont plus besoin de sang et de larmes que d'une victoire australienne sur le Tour de France.

Les cyniques prennent la corde. Ils mettent la gamine morte dans un sac plastique et un club ridicule qui n'existe que pour faire vendre des livres des films, des émissions retrospectives et des compilations.

Les files de voitures descendent pour mieux remonter 10 jours de congés payés plus tard.

L'arynorvégien a été tout à fait méthodique. Il a fait une peur tout à fait légitime. Personne n'est plus à l'abri puisqu'il est vivant.

Tous les gamins sont dans des sacs plastiques. Les parents, les proches pleurent. Les cyniques admirent.

La plus vieille avant l'heure d'entre eux a un peu chanté, quand elle était en état de le faire. Insuffisant pour l'esthète en sarcasmes, il faut du pathétique, il faut absolument entendre vingt mille personnes huer leur ancienne idole qui l'est probablement redevenue depuis.

Les gamins se réunissent sur une petite île et se font piéger, traquer comme du gibier par un seul chasseur fou. Tout un quartier se voit soufflé à la bombe comme par une tempête. Mais ce n'est pas assez pour le spectateur exigeant, il faut des images chocs, des interviews sous le choc, en boucle. Il faut rassurer la plèbe, il faut se féliciter que ce soit un bon chrétien blanc aux yeux bleus qui ait fait le coup. Il faut faire s'héberluer le monde entier devant une catastrophe d'ampleur nationale. Il ne faut pas se taire complètement face aux personnes qui ont perdu leur enfant, leur ami. Il faut leur demander à tous ce qu'il s'est passé. A chaud, c'est important, c'est vital, tout de suite. La police ne fait pas assez bien son travail. Les journalistes si.

Les journalistes en vacances sont d'ailleurs tristes de ne pas être disponibles pour de telles mines d'or. Ils s'ennuient.

 

En Chine, les trains n'ont pas la cote. Dans un pays où tout va trop vite on ne leur a pas appris à s'arrêter. Et encore toujours des morts et des catastrophes à filmer. Du spectacle faux, tragique et magnifique.

En Afrique cette année la famine se porte très bas sur les hanches. Les chiffres dépassent l'entendement donc on ne les cite plus ou à peine. C'est là que le cynique montre tristement ses limites.

 

Parce que, oui, le cynique sait se montrer un minimum humain lorsqu'il voit des tout petits enfants rachitiques couverts de mouches. Même noirs. Il se tait. Enfin.

On en montre un, voire deux - après les chips prennent vraiment un trop sale goût - mais ces enfants en train de mourir de faim, même noirs, même loin, ils sont évidemment des milliers, des centaines de milliers. Des millions à venir qui sait.

 

Joie.

 

Notre monde est beau, juste, équilibré, sain.

 

 

 


De toute façon nous sommes sauvés. Il reste le Tour de France. Les gens sourient, s'aiment, s'interpellent, se respectent, sont heureux. Ils dégueulassent tout sur leur passage puis rentrent chez eux et attendent les nouvelles de Norvège, de Bruxelles, de Londres. Parfois même d'Afrique de l'Est, après le café.

 

Petit à petit la musique prend alors une autre tournure. De plus en plus grotesque. Dans le sens noble du terme, s'il existe.

 

 

 

 

 

 

Condoléances aux familles des victimes et au peuple norvégien.

 

Compassion contrite pour les Somaliens qui ont malheureusement l'habitude de ce qui est en train de leur arriver.

 

R.I.P Amy - sans rancune, je t'aimais bien, tu sais. Garde-moi une place si possible.

 


 

Et félicitations à Cadel. Félicitations à tous les coureurs.

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Dimanche 12 juin 2011 7 12 /06 /Juin /2011 18:29

Tout est dans le titre et j'aurais aimé, une fois au moins une fois seulement, la fois que le silence se fait, parvenir à regagner ce qui m'a toujours manqué pour finir ce que je commence.

Quand l'originalité et l'envie se font la malle c'est le fondamental qui pâtit. Il y a malgré tout - salutaires - les serments qui tiennent et auxquels on s'agrippe comme un diable en fin de parcours. Il faudrait déjà remercier les grands tréfonds pour leur clémence mais je m'abstiendrai.

L'envie n'est plus mais le besoin reste, et les règles existent pour qu'on les applique.

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Dimanche 27 mars 2011 7 27 /03 /Mars /2011 06:36

 

 

 

 

D'ici d'emblée, la garantie que vous allez en bouffer, du Canadien enragé. Préférer prévenir que guérir, même si la guérison est hors de portée. Comment voulez-vous trouver une quelconque sérénité ou motivation lorsque quelqu'un vous fait comprendre en quelques minutes qu'il a déjà fait ce que vous avez toujours rêvé de faire, des siècles avant vous, en qualité comme en quantité. Et il y a frustration parce que les limites que vous vous connaissez ne sont rien comparées à celles qu'on vous inflige à chaque fois que vous appuyez sur le bouton, virtuel ou non. Certains sont galvanisés par la grandeur, d'autres terrifiés, et d'autres encore incroyablement frustrés, bloqués dans leurs petites idées propres dont ils n'arrivent jamais à sortir et qu'ils ne sortiront jamais.

Faire son truc, faire son trou, évidemment, évidemment.

Mais les obsessions sont là, elles sont communes et ne s'apparentent jamais à du vol puisque vous arrivez bien bien après la musique. Quand tu allais on revenait, rien n'est plus vrai.

Se demander ce qui est grand et petit, se demander si c'est à notre portée ou non. Et au final souffrir affreusement de se faire ouned par l'ensemble des artistes que vous aimez plus que tout au monde, depuis votre naissance.

 

 

 

(musique : Venetian Snares - toujours - Pwntendo. Vidéo mise en ligne sur youtube par OpenEyeVisuals)

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Vendredi 11 mars 2011 5 11 /03 /Mars /2011 13:54

 

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edit 13/3/11 : changement de vidéo, plus longue avec des sources variées, mis en ligne sur youtube par znoeaz

 

>> 15/3/11 : vidéo finalement supprimée

 

 

 

 

Les mots manquent, et les minutes se font très très longues. En gros, je ne vous apprend rien, et les images à la télévision parlent et parleront d'elles-mêmes. Je "préfère" illustrer ce jour avec une vidéo de l'intérieur, presque quotidienne. Edifiante. Si vous me suivez régulièrement vous savez probablement combien ce pays compte pour moi et je ne reviendrai pas là-dessus. Je pense aux quelques amis qu'il me reste là-bas et à leurs familles dans les régions touchées.

Il s'avère qu'il y a maintenant longtemps j'ai par exemple passé un peu moins de 24 heures à Sendai et que j'avais adoré. J'espère que l'amie qui m'avait accueilli et guidé dans sa ville n'est plus dans le coin. Malgré les images je n'arrive pas à imaginer ce qui s'est passé, se passe encore et va continuer de se passer dans les semaines à venir.

Des pensées à la limite de la prière pour le Japon, donc. Pour les morts et les vivants. Pour ce qui vient.

Par injektileur - Publié dans : regrets
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Dimanche 6 mars 2011 7 06 /03 /Mars /2011 05:50

Deux-cent-quarante-deux fois sur le métier vous remettrez votre ouvrage.

Et des centaines de fois supplémentaires vous chercherez sans relâche l'amélioration continue. Il n'y a rien de plus ridicule que l'insistance dans le vide et le froid.

Jusqu'ici la solitude a tant pesé que sur le métier ce sont des ouvrages bien bas de plafond que vous placez avec une régularité de métronome en proie à de grosses courbatures. Normalement, l'étude, la répétition, le "travail" n'est pas quelque chose à partager. Voire, il ne faut le partager avec personne. Ce n'est même pas une question de secret de fabrication - expression exagérée ici - mais plutôt d'ennui du lectorat. L'ennui brutal.

Beaucoup sont les dessinateurs à mettre tout et n'importe quoi en ligne, des bouts de carnets à perte de vue qui n'ont probablement comme seul intérêt l'intérêt de réserve planquée dans une immensité en mouvance. Et les textes présentés ici n'ont probablement aucun intérêt sinon l'intérêt premier de l'exercice à répétition, parfois de style, souvent sans style du tout.

Le regret de leur auteur est de s'être fourvoyé dans le traitement systématique de textes courts, alors que son seul objectif est de finir ses hypothétiques - voire fantasmés - romans. Il l'a répété et répété et malheureusement il le répétera encore, le manque d'activité de la part du trop faible nombre de lecteurs lui interdisent de trouver le courage et la force de finir ce qu'il a commencé.

Le regret est donc là. La lecture de textes longs et un minimum "fouillés" sur un écran ne sera jamais quelque chose d'accrocheur. Et plus ceux-ci sont longs et complexes, plus l'énergie manque, faute d'attention de la part de l'entourage.

 

Pourtant pourtant, il n'y a aucun regret ici de s'être lancé sur cette piste glissante et ingrate. Parce que justement dans toute la vanité, la régularité, l'absurdité prétentieuse de la chose il y a l'espoir que malgré la solitude, certaines parties - mêmes infimes - de cette piste vaillent la peine d'être ici gravées dans le marbre binaire.

 

Merci à vous, toujours, malgré tout, qui que vous soyez, quelque soit la raison de votre présence et de votre patience.

 


 


Par injektileur - Publié dans : regrets
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