Elle se trouve dans mes liens en bas à droite et fait partie des raisons pour lesquelles j'ai ouvert ce blog. Par "défaut", presque. Alors je tiens à
l'évoquer.
Mon "histoire" - dans le sens premier du terme - avec elle commence il y a quelques temps maintenant. Ca fait un bail que je suis son blog, et j'ai mis du temps
à commencer à commenter dessus, avant de m'arrêter progressivement, cela n'ayant à la longue plus aucun intérêt de commenter dans le vide, surtout, surtout quand on croit avoir établi un
contact.
Lorsque je me suis fait virer comme une merde l'été dernier, au-delà de mes intentions de revoir de fond en comble mes aspirations professionnelles, il m'a
fallu prendre mon courage à deux mains pour lui envoyer un email très explicite lui indiquant que j'avais une histoire pour elle. Dans le sens où son style graphique - pour lequel je garde un
amour sans faille - convenait selon moi parfaitement à mon scénario. Attention, si vous me suivez depuis un moment, je vous rassure, cela n'avait absolument rien à voir avec ce que je j'ai
l'habitude d'écrire. Je me voyais dans une chronique familiale sur le long terme, entre les Yamada et 6 feet under. Drôle avant tout, poignante par moment, et surtout ancrée dans les "réalités
françaises" des années 90 à nos jours, ou presque. Genre, ambitieux. Trop ambitieux, bien sûr. Mady m'a poliment répondu qu'elle n'avait pas assez d'éléments - ce que j'admets être vrai - qu'elle
était occupée - ce dont je ne saurais douter - et qu'on ne s'improvise pas scénariste de BD - idem.
En deux ou trois emails, tout cela a fini par une fin de non-recevoir en mauvaise et dûe forme de sa part, puisque le ton un tantinet condescendant du dernier
message m'a pas mal vexé. Ma plus grosse erreur est de lui avoir envoyer un sms parce que je n'avais pas internet chez moi à l'époque. Le pire, c'est que je l'ai répétée, cette erreur, à la
sortie de son livre, et que malgré mes circonstances atténuantes, une connerie reste une connerie. J'y reviendrai plus bas.
Il faut savoir que je ne sais absolument pas à quoi elle ressemble. Et que je n'ai à la base pas tellement envie de le savoir. Non, seul son trait m'intéressait et c'est ce que je me suis évertué à lui dire, de la façon la plus nette et concise possible. Je n'allais évidemment pas m'étendre sur mon éternel fantasme de la main tendue, un jour, vers moi, et qui me ferait sortir de mon quotidien pourri. Je vous rappelle que je venais de me faire virer, comme une merde cela va de soit je répète.
Bref, les mois passent et avec une énergie insoupçonnée chez moi, j'arrive à ouvrir ce blog, pour écrire mes fictions. Enfin. Pour me rendre constructif. Mady m'a d'ailleurs fait la gentillesse de laisser un ou deux commentaires. Sans pour autant prêter la moindre attention aux miens, ou même à la suite de mes histoires. Bref, je serai stupide de lui en vouloir, tout le monde sait que tout le monde est très occupé, sauf moi.
Les mois passent encore et son livre est annoncé. Ô joie. Je compte me précipiter dessus., bien sûr. Cela tombe pile au moment d'un décès dans mon entourage, et alors que je me rends à l'enterrement, dans le rer tout pourri qui m'emène vers Fontaibleau je fais donc la connerie de lui renvoyer un sms de félicitations auquel elle n'a bien entendu pas répondu. Rions un peu et imaginons qu'elle ait changé de numéro.
Bref bref, bref encore, pourquoi raconter tout ça maintenant ?
Parce que je reviens de sa séance de dédicaces où je viens de me faire accueillir, toujours comme une merde, par le libraire qui n'a pas voulu que je l'approche puisque ce n'était pas à lui que j'avais acheté mon exemplaire que j'avais dans mon sac. Très capable, très commercial de sa part, me direz-vous. Et vous aurez raison. 17h45 ou 44, je rentre dans le magasin quasi vide, assez content de m'être motivé à ramener ma fraise. Le peu de monde me fait dire que j'aurais l'occasion de discuter un peu, qui sait. Devant elle, un seul homme. A côté d'elle Romain Ronzeau que je connais aussi par son blog qui me plaît beaucoup d'ailleurs. Je l'entraperçois plus que je la vois. Elle est à cinq mètres à peine, trop penchée sur sa feuille à dessiner je ne sais quoi, lui la regarde faire, et de notre côté l'autre connard m'explique que la priorité va à ceux qui lui ont acheté, à lui, les albums. Alors je dis non, et il se retrouve tout con. A part lui, les deux auteurs avec leur lecteur, et moi, deux personnes seulement sont présentes à ce moment-là, et je pourrais même pas confirmer qu'ils étaient là pour les dédicaces. Vive les commerçants compétents.
Oui, il s'est retrouvé con, mais moi encore plus à me barrer fissa pour éviter de m'énerver et finalement devenir de plus en plus furieux alors que je rentrais chez moi (pas trop loin, non, j'avoue).
Je suppose que je parle de ça parce que c'est à l'image de ma vie. Je ne sais pas si j'avais très envie de rencontrer Mady, de la regarder dans les yeux. Je crois que non, finalement. J'avais peu de temps avant entendu une interview d'elle à la radio, dans le cadre du salon du livre de Genève de si mes souvenirs sont exacts, où elle expliquait qu'elle avait maintenant quelques projets de BD avec des scénaristes. Et moi de bisquer le moins possible devant mon écran, à contenir ma nouvelle frustation comme le glandu que je suis. Elle a une jolie voix, sinon, à part ça, même si le ton est un peu précieux peut-être. Oui j'en parle parce que c'est tout ce que je retiendrai d'elle. C'est à l'image de ma vie. Jamais aller au bout des choses. Ce connard de libraire a été un catalyseur, rien de plus. J'écris ceci à chaud mais comme cette catégorie s'appelle regrets j'imagine que c'est en quelque sorte la situation idéale. Sur le chemin du retour j'ai commencé à hésiter à lui envoyer un nouvel e-mail ou à laisser un énième commentaire sur son dessin du jour.
Ce texte inutile hors-sujet et égocentrique fait acte de ma décision. Oui, tout le monde s'en fout . Peu m'importe, à titre d'information vous étiez hier 19 à me "lire", dont moi-même. C'est pas comme si j'envahissais l'espace.
Donc non, je ne perdrai plus mon temps à me battre contre ma vie et contre celui que je suis vraiment. Surtout, surtout si jamais rien de bénéfique ne me revient en retour. Et par quelque chose de bénéfique je parle d'un message, d'un simple signe qui me dirait continue, tu m'intéresses.
Tant pis pour moi, et surtout pour le libraire de mes deux dont mon éthique personnelle à la con m'oblige à ne pas donner l'adresse, que vous retrouverez
facilement si ça vous amuse parce que je sais que vous êtes malins. La contre-pub est parfois aussi importante que la pub en soi.
Quant à toi Mady, continue, oui, parce que de mon côté je te lis et j'aime ce que tu fais. Il est juste hors-de-question que j'essaye à nouveau de te le faire comprendre.
Et Brel aura toujours raison. Et je me permets un petit lol façon bonus, pas original, presque private joke. J'aurais aimé.

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