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Jeudi 5 juillet 2012 4 05 /07 /Juil /2012 04:44

 

 

Le mouvement perpétuel ne lasse pas. Il puise et puise encore et berce les fatigués de la Vie, de l'Espérance, du Choix. Il égrène les aspects positifs comme négatifs du laisser-aller dans ses bras. Il a toujours du temps pour les renonceurs, les lâches et les peureux, même s'il est par définition infini, donc immortel, donc effrayant. Il canalise les craintes du surlendemain, il les isole et et les neutralise.

Le mouvement perpétuel n'a en réalité pas d'ennemis, juste des méfiances brasseuses d'air déjà chaud qui parfois, souvent, font bloc devant lui pour l'empêcher de faire son devoir. Admiré ou conspué il sait complètement s'adapter à ses différents éléments pertubateurs pour en sortir d'autant plus régulier, sans faille.

Le mouvement perpétuel n'a, chacun le sait, qu'une limite ; l'imperfection de notre monde physique, fait de frottements avec l'air avec la terre avec l'eau.

Sans ça il gouvernerait l'ensemble de nos visions du monde et celui-ci serait plus beau. Sans ça il partirait à la découverte de terres inconnues et celles-ci apparaîtrait plus saines. Sans ça il nous ferait presque crier de grandeur et de joie ; nous serions enfin débarrassés de notre concept étriqué du mouvement qui quoi qu'il arrive se termine au bout d'un temps donné.

 

Il n'y a que la musique moderne, souvent, parfois ringarde, pour nous rappeller que tout l'infiniment long, l'infiniment beau se tiennent dans une boucle qu'on passe à l'étau du fondu silence.

 

 

musique : Portishead - We carry on. Mis en ligne sur youtube par blackkendoll82

 

Par injektileur - Publié dans : une zik une humeur
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Mercredi 28 mars 2012 3 28 /03 /Mars /2012 03:33

 

 

 

Oui, la joie, parce que ça arrive à tout le monde et que la musique aide. Surtout quand elle sautille et qu'on se met bien malgré soi à sautiller soi-même. Surtout quand on a passé un grand nombre d'années à clamer le ska très peu pour moi. Il faut savoir s'adapter, y compris se préparer psychologiquement à voter à droite, un jour, lointain, le plus lointain possible quand enfin il y aura du beurre bio dans les épinards et qu'on refusera que l'État nous contraigne à la margarine.

Et le bonheur fugace et stupide de comprendre qu'on restera pauvre et qu'ainsi jamais la question ne se posera.

Le ska, donc, le ska sautillant d'un groupe aussie. Avec des paroles que je ne comprends pas vraiment mais qui - attention transition travaillée - parlent assurément d'argent. Surtout celui qu'on a pas.

Le ska, donc, le ska par exemple d'une petite soeur de 18 ans aujourd'hui qui a pris soin de s'inscrire en avance sur les listes électorales.

Le ska des années de lycée qui traversaient le coeur et les oreilles plus que le cerveau. Le ska inepte d'une énième fille indispensable qui en redemandait. Le ska des soirées auxquelles vous n'êtes pas allé. Le ska des soirées où vous n'étiez pas convié. Le ska des soirées auxquelles vous vous êtes invité. Le ska indécent des jupes trop volantes à défaut d'être trop courtes. Le ska de ceux qui en parlaient beaucoup mais en mangeaient le moins. Le ska permanent de ces temps bénis où l'hypophyse faisait son travail de sécrétion comme un fonctionnaire courageux et dépassé.

 

Tout le monde sait se sentir débordé par des éléments sans fil conducteur. Des fois même c'est sympa. Si si.

 

 

"Vous sautilliez ? J'en suis fort aise :

Eh bien ! Pogotez maintenant"

 

 

 

musique : The Domestics "ATM".
mis en ligne par le groupe sur youtube.
Par injektileur - Publié dans : une zik une humeur
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Mercredi 29 février 2012 3 29 /02 /Fév /2012 17:36

Ces jours bénis dans l'urgence où beaucoup se fond dans les retraites en catastrophe. Les jours exceptionnels où concrètement objectivement sincèrement il y a plus à imaginer qu'à faire. Ne serait-ce que se décider à rayer si possible de sa liste de listes le mot énumération.

Les plafonds restent à peu près sobres et le ciel déteint comme il faut. Des 29 février dans une vie ils ne sont pas aussi évidents que ça. Certains aimeraient donc pouvoir les fêter comme il se doit. Grand bien leur en fasse même si poliment on pourra définir l'intérêt de la chose comme "intrinsèque".

Par ici il y a une certaine obsession des dates. C'est pourquoi cet intérêt sera à peu près respecté.

Malgré cela je ferai court à l'image de ce mois étrange où nous avons gelé autant que transpiré. Je ferai court car l'inspiration manque pas mal. Je ferai court parce qu'au lieu de chercher mille explications à ce qui n'en a aucune il est des fois préférable de se mettre à danser comme un con au milieu de la rue puis reprendre son chemin comme si de rien n'était.

Imaginez.

 

 

Le rapport ? Bah quasiment aucun. Sinon que février est terminé et que d'une façon comme d'une autre, nombreuses et nombreux seront ceux qui auraient envie de s'en réjouir. D'un coup, comme ça. Et de se mettre à remuer le postérieur. N'hésitez pas à les imiter. Étonnamment, moi je suis chaud.

 

(Stop! Continue)

 

On se retrouve en mars. Yeah.

Par injektileur - Publié dans : une zik une humeur
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Lundi 30 janvier 2012 1 30 /01 /Jan /2012 02:22

Laissez-vous guider de peu. Si pour vous le rêve est absent il faudra que vous appreniez à accepter la part de celles et ceux chez qui il est omniprésent. Ne vous inquiétez pas les projets ne s'évaporent pas ils se transforment comme de la glace sur des plaques brûlantes, dans tous les états qui se perdent parfois avant de reconverger vers un point unique ; l'envie, et le besoin de bien faire qui lui est lié.

 

Ne pensez pas à cet autre besoin qui souvent gratte à la porte ; celui de reconnaissance. Superflu, luxueux, sombre, aride et ingrat. On écume les dissidences intérieures et on en extrait le plus éphémère. Toutes ces belles choses devenues hideuses une fois sorties de leur carcan, ces choses qu'on s'obstine à offrir au tout venant qui n'en a rien à battre.

 

Ne vous inquiétez pas. Ne vous agitez pas. Les raisons auront raison des coeurs. Les amours ternes resplendiront comme jamais sous le vernis des années. Les tenants s'accoupleront aux aboutissants. Il y aura même des enfants. Plus de laids que de charmants c'est un fait. C'est un fait avéré mais ne vous endormez pas non plus. La laideur constructive durera ce que le charme inné aura décidé de lui céder.

Alors profitons-en. Prenons ce qu'on nous donne, le peu autant que l'immense. Prenons notre temps. Prenons le temps. Nous l'avons.

 

 

 

 

 

 

(musique : Radiohead, "go slowly". Mis en ligne sur youtube par jeremy24ar)

Par injektileur - Publié dans : une zik une humeur
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Samedi 23 juillet 2011 6 23 /07 /Juil /2011 05:55

 

 

 

 

 

Il y a ce que l'on ne saura ni faire ni construire. Encore moins maîtriser.

Arrêter de chercher à expliquer que la fatalité existe bel et bien, en parallèle de la malchance et de l'ignorance naïve.

Par exemple.

Immanquablement vous avez l'ingrat dans le coin, et le pusillanime à côté de lui, ceux-là qui se gaussent sur les essais foirés de l'autre à la vie tellement plus difficile.

Faire simple. Faire concret.

 

Sujet verbe complément thèse antithèse synthèse.

Par exemple.

 

"Hier, Paul, Emeline, Zinedine, Mamadou et Ling sont allés se promener dans les bois.

Sur le chemin Emeline a ramassé une pierre et l'a lancée sur Mamadou.

Le racisme, ce n'est pas bien.

Le racisme n'explique pas tout.

Le racisme vit en chacun de nous.

 

Combattons le racisme."

 

Ou quelque chose d'approchant...

Avec les erreurs utiles par exemple.

 

 

Faire simple et concret sans relâche et sans ambition. Rater sa vie avec panache. Dire je sans que ça intéresse le premier atteint ou la première concernée.

Par exemple. Il y a longtemps que "je" n'ai pas rêvé. Sens banal du terme. Et les rêves que "je" fais malgré tout sont sans commune mesure avec les idées de grandeurs qui "me" nourissaient à une époque.

 

Abandonner ces putains d'infinitifs.

 

"Je" ne pleure plus depuis des années. Et c'est tant mieux.

 

"Je" décrirais bien la pluie sur "ma" ville ou les rayons de soleil à travers les branches mouillées des arbres de "ma" forêt.

"Je" m'étalerais bien sur le temps qui n'en finit pas de "me" durer le long du dos.

"Je" disserterais avec plaisir sur la tuante incapacité au bonheur.


Mais vous le savez, le besoin manque, l'énergie fait défaut. La complainte explose.

 

"Je" ne mérite pas plus tout ça que le voisin d'en face. Pusillanime, ingrat, incompétent ou ignare.

 

Nos erreurs nous construisent, paraît-il. Reste à savoir si cela justifie de payer l'hypothèque toute une vie.

 

"Je" saurais de toute façon transmettre le peu de positif et d'humour qu'il "me" reste.

 

 

Ralentir un rythme déjà bien bien lent, quitte à se demander si on ne commencerait pas par hasard à reculer.

Détourner les yeux de l'horizon.

 

Abandonner ces putains d'infinitifs.

 

 

"Je" colmaterais mes regrets avec quelques détritus de beaux projets.

"Je" retraverserais les doutes de part en part pour qui sait finir ce que "j'ai" commencé.

Mais tout porte à croire que le trop tard a métastasé.

 

 

 

Descendre les échelons quatre à quatre. S'asseoir vieux avant l'âge en tailleur, mollement raide comme une pique, avec peine et fracas, et s'allonger enfin, les mains sous la nuque. Scruter l'au-dessus. Se complaire dans la monotonie, l'émerveillement et l'ordure.

 

 

 

 

 

Abandonner demain ces putains d'infinitifs.

 

 

 

 

 

(musique : "the unexclusive virus" de Kashiwa Daisuke. Mis en ligne sur youtube par modernary)

 

edit 26/8/11 : Personne ne m'a fait remarquer que j'avais confondu "indicatifs" et "infinitifs", J'ai corrigé moi-même, et je vous boude un peu. D'abord.

Par injektileur - Publié dans : une zik une humeur
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